“Et tu me perdras tout à fait. Quitte cette pensée, immédiatement, ou tu me perds tout de suite…
135.3 – Voici Marthe. Paix à toi, ma douce hôtesse.”
“Oh! Seigneur!” Marthe pleure à genoux. Elle a descendu son voile posé sur sa coiffure en forme de diadème, pour ne pas trop faire voir ses pleurs aux étrangers. Mais elle ne pense pas à les cacher à Jésus.
“Pourquoi ces larmes? En vérité tu gâches ces larmes! Il y a tant de motifs de pleurer et de faire des larmes un objet précieux. Mais, pleurer pour ce motif! Oh! Marthe! Il me semble que tu ne sais plus qui je suis! De l’homme, tu le sais, je n’ai que le vêtement. Le cœur est divin et ses palpitations sont divines. Allons, lève-toi et viens à la maison… et elle… laissez-la faire. Même si elle venait se moquer: laissez-la faire, je vous le dis. Ce n’est pas elle. C’est celui qui la tient qui en fait un instrument de trouble. Mais, ici, il y a Quelqu’un qui est plus fort que son maître. Maintenant, la lutte passe entre Moi et lui, directement. Pour vous, priez, pardonnez, patientez et croyez. Et rien de plus.”
Ils entrent dans la maisonnette. C’est une petite maison de forme carrée, entourée d’un portique qui l’agrandit. À l’intérieur il y a quatre pièces séparées par un corridor en forme de croix. Un escalier, extérieur comme toujours, mène au-dessus du petit portique qui se change donc en terrasse et donne accès dans une pièce très vaste, aux dimensions de la maison, servant en certains temps pour les provisions, mais maintenant tout à fait libre et propre, et absolument vide.
Simon est à côté du vieux serviteur que j’entends appeler Joseph. Il fait les honneurs de la maison et dit:
“Ici, on pourrait parler aux gens, ou encore prendre les repas… Comme tu veux.”
“Tout à l’heure nous y penserons. En attendant, va dire aux autres qu’après le repas les gens viennent simplement. Je ne décevrai pas les braves gens d’ici. C'est la confirmation qu'ils sont arrivés dans la matinée. Ils ont donc fait le voyage depuis Docco de nuit. ”
“Où dois-je dire d’aller?”
“Ici. Le jour est tiède. L’endroit est à l’abri du vent. Le verger dépouillé ne subira pas de dommages si les gens y viennent Jésus se montre doué d'empathie et pense vraiment à tout. . Ici, je parlerai du haut de la terrasse. Va donc.”
Lazare reste seul avec Jésus. Marthe, obligée de devoir s’occuper de tant de monde, est devenue la “bonne hôtesse” et avec les serviteurs et les apôtres eux-mêmes travaille en bas pour préparer les tables et les couchettes.
135.4 – Jésus passe le bras autour des épaules de Lazare et l’amène, hors de la pièce, circuler sur la terrasse qui entoure la maison On reparle de cette terrasse entourant la maison en EMV 198.5. Jésus y monte pour prêcher. , au beau soleil qui attiédit le temps. D’en haut, il observe le travail de serviteurs et des disciples. Il sourit à Marthe qui va et vient, le visage sérieux mais déjà moins bouleversé. Il regarde aussi le beau panorama qui entoure l’endroit et nomme avec Lazare diverses localités et diverses personnes, et enfin il demande brusquement:
“La mort de Doras a donc été comme un bâton remué dans le nid des serpents?”
“Oh! Maître! Nicodème m’a dit que la séance du Sanhédrin a été d’une violence jamais vue!”
“Qu’ai-je fait au Sanhédrin pour l’inquiéter? Doras est mort naturellement, à la vue de tout un peuple, tué par la colère. Je n’ai pas permis qu’on manquât de respect au mort. Donc…”
“Tu as raison. Mais eux… Ils sont fous de peur. Et… sais-tu qu’ils ont dit qu’il faut Te trouver dans le péché, pour pouvoir te tuer? Confirmation d'EMV 133.5. ”
“Oh! alors, sois tranquille! Il leur faudra attendre jusqu’à l’heure de Dieu!”
“Mais, Jésus! Sais-tu de qui on parle? Sais-tu de quoi sont capables les pharisiens et les scribes? Connais-tu l’âme d’Hanne? Sais-tu qui est son second Nahoum le pharisien. Cf. EMV 123.6. ? Le sais-tu?…Mais que dis-je? Tu sais! Il est donc inutile que je te dise que le péché, ils l’inventeront pour pouvoir t’accuser.”
“Ils l’ont déjà trouvé. J’ai déjà fait plus qu’il ne faut. J’ai parlé aux Romains, j’ai parlé à des pécheresses… Oui. À des pécheresses, Lazare.
Ne me regarde pas d’un air si effrayé,… L’une d’elles vient toujours m’écouter et elle est hébergée dans une étable par ton régisseur, à ma demande, car, pour rester près de Moi, elle demeurait dans un refuge pour les porcs…”
Lazare est devenu la statue de la stupeur. Il reste immobile. Il regarde Jésus comme s’il voyait quelqu’un que son étrangeté rend époustouflant. Jésus le secoue en souriant.
“Tu as vu Mammon?” demande-t-il.
“Non… C’est la Miséricorde que j’ai vue. Mais… mais moi, je comprends. Eux, ceux du Conseil, non. Et ils disent que c’est péché. C’est donc vrai! Je croyais… Oh! qu’as-tu fait?”
“C’est mon devoir, mon droit, mon désir: chercher à racheter un esprit qui est tombé. Tu vois donc que ta sœur ne sera pas la première fange que j’approche et sur laquelle je me penche. Et elle ne sera pas la dernière. C’est sur la boue que je veux semer les fleurs et les faire pousser: les fleurs du bien.”
“Oh! Dieu! mon Dieu!… Mais… Oh! mon Maître, tu as raison. C’est ton droit, c’est ton devoir, c’est ton désir. Mais les hyènes ne le comprennent pas. Eux sont des charognes tellement puantes qu’ils ne sentent, ne peuvent sentir l’odeur des lis. Et même où les lis fleurissent, eux, les puissantes charognes, flairent l’odeur du péché. Ils ne comprennent pas que c’est de leur sentine que sort cette odeur…