Jeanne voulait que j’aille chez elle pour ne pas rester seule pendant la Fête des Lumières. J’ai cependant préféré rester ici, avec Marie, pour allumer les lumières. Pour moi et pour Toi. Mais même si j’étais la plus grande reine de la terre et si je pouvais allumer des milliers et des dizaines de milliers de lumières, je serais dans la nuit parce que Tu n’es pas ici. Alors que j’étais dans la parfaite lumière dans cette grotte obscure, quand je t’avais sur mon cœur, Lumière à moi et Lumière du monde. Ce sera la première fois que je me dis: ‘Mon Enfant aujourd’hui a une année de plus’ et je n’ai pas mon Enfant. Et ce sera plus triste que ton premier anniversaire à Matarea Lieu d'exil de la Sainte Famille en Égypte. Cf. EMV 36. . Mais Tu accomplis ta mission et moi la mienne. Et tous les deux, nous faisons la volonté du Père et travaillons pour la gloire de Dieu. Ceci essuie toute larme.
Cher Fils, je comprends ce que Tu fais, d’après ce que l’on me dit. Comme les flots de la mer libre apportent la voix du large jusqu’à l’intérieur d’une baie solitaire et close, ainsi l’écho de ton saint travail pour la gloire du Seigneur arrive dans notre tranquille maisonnette jusqu’à ta Maman qui en jubile et en tremble en même temps, car si tous parlent de Toi, ils n’en parlent pas avec les mêmes sentiments. Il vient des amis et des gens qui ont profité de ta bienfaisance pour me dire: ‘Béni soit le Fils de ton sein’, et il vient aussi de tes ennemis qui blessent mon cœur en disant: ‘Anathème à Lui!’ Mais pour ceux-ci je prie car ce sont des malheureux, encore plus que les païens qui viennent me demander: ‘Où est le mage, le divin?’ et ne savent pas que dans leur erreur ils disent une grande vérité, parce que vraiment Tu es prêtre et grand comme dans l’ancienne langue ce mot avait ce sens Cohen (prêtre) veut dire dévoué, dédié. , et Tu es divin, ô mon Jésus. Et alors, je te les envoie en disant: ‘Il est à Béthanie’ parce que je pense que c’est ce que je dois dire jusqu’à ce que Tu ne Me donnes d’autres ordres. Et je prie pour ceux qui viennent chercher le salut pour ce qui est mortel, afin de trouver le salut pour l’esprit qui est éternel.
Et, je t’en prie, ne t’afflige pas de ma douleur. Elle est compensée par tant de joie que m’apportent les paroles de ceux dont tu as guéri l’âme et la chair. Mais Marie a eu et a encore une douleur plus forte que la mienne. Ce n’est pas à moi seulement que l’on parle.
Joseph d’Alphée veut que Tu saches que dans un récent voyage d’affaires qu’il a fait à Jérusalem, il a été arrêté et menacé à cause de Toi. C’étaient des hommes du Grand Conseil. Je pense qu’il leur avait été signalé par quelque grand d’ici. Car autrement qui pouvait savoir que Joseph était chef de famille et ton frère? Je te dis cela parce que je dois obéir en tant que femme. Mais, pour mon compte, je te dis: je voudrais être près de Toi. Pour te réconforter. Mais, après cela, décide-Toi, Sagesse du Père, sans tenir compte de mes pleurs. Simon, ton frère, était presque décidé à venir après cette affaire. Et avec moi. Mais la rigueur de la saison l’a retenu, et davantage la crainte de ne pas te trouver, car on a dit, d’un ton menaçant que Tu ne peux rester où Tu es.
Fils! Mon Fils! Mon adoré et saint Fils! Je me tiens, les bras étendus comme Moïse sur la montagne, afin de prier pour Toi dans la bataille contre les ennemis de Dieu et tes ennemis, mon Jésus que le monde n’aime pas. Exode 17,8-11.
Ici est morte Lia d’Isaac, et j’en ai eu du chagrin car elle avait toujours été pour moi une bonne amie. Mais ma plus grande peine, c’est Toi, qui es loin et qu’on n’aime pas. Je te bénis, mon Fils, et de même que je te donne paix et bénédiction, je te prie de la donner à ta Maman”.
133.5 - “Ils viennent jusqu’à cette maison, ces effrontés!” crie Pierre.
Et Jude Thaddée s’exclame:
“Joseph… pouvait la garder pour lui, cette nouvelle. Mais… il était pressé de pouvoir la donner!”
“Le cri d’une hyène n’effraie pas les vivants” dit sentencieusement Philippe.
“Le malheur c’est que ce ne sont pas des hyènes, mais des tigres. Ils cherchent une proie vivante.” dit l’Iscariote et, se tournant vers le Zélote: “Dis ce que nous avons appris.”
“Oui, Maître. Judas avait raison de craindre. Nous sommes allés chez Joseph d’Arimathie et chez Lazare et là, comme tes amis déclarés. Et puis, moi et Judas, comme si j’eusse été un de ses amis d’enfance, chez certains de ses amis de Sion… Et… Joseph et Lazare te disent de partir tout de suite pendant ces fêtes. Ne reste pas ici, Maître. C’est pour ton bien. Les amis de Judas, ensuite ont dit: “Attention qu’on a déjà décidé de venir le surprendre pour l’accuser. Et précisément pendant ces jours de fête où il n’y a pas de peuple. Qu’il se retire pour quelque temps pour tromper ces vipères. La mort de Doras a excité leur venin et leur peur. Car il y a pour eux la peur, en plus de la haine. Et la peur leur fait voir des choses qui n’existent pas et la haine leur fait dire jusqu’au mensonge”
“Ils savent tout, tout sur notre compte! C’est odieux! Et ils défigurent tout! Et ils exagèrent tout et quand cela ne leur paraît pas suffisant pour maudire, ils inventent. J’en suis dégoûté et accablé. Il me vient le désir de m’exiler, d’aller… je ne sais… loin. Mais hors de cet Israël qui n’est que péché…”
Judas est déprimé.
“Judas, Judas! Pour donner un homme au monde, une femme travaille pendant neuf lunes. Toi, pour donner au monde la connaissance de Dieu, tu voudrais faire plus vite? Ce n’est pas neuf lunes, mais des millénaires de lunes qu’il faudra.
Et, comme la lune naît et meurt à chaque lunaison, nous apparaissant comme nouvellement née, puis pleine, puis décroissante, ainsi en sera-t-il dans le monde, tant qu’il existera et il y aura toujours des phases de croissance et de décroissance de la religion. Mais, même quand elle semblera morte, elle sera tout de même vivante comme la lune qui existe lorsqu’on dirait qu’elle est finie. Et, celui qui aura travaillé pour cette religion, en aura un plein mérite, même s’il ne reste sur la terre qu’un très petit nombre d’âmes fidèles. Allons, allons! Pas de faciles enthousiasmes dans les triomphes et pas de faciles dépressions dans les défaites.”
“Mais pourtant… pars d’ici. Nous ne sommes pas, nous, assez forts encore. Et nous sentons que, devant le Sanhédrin nous aurons peur. Moi du moins… Les autres, je ne sais… Mais je crois qu’il est imprudent de tenter l’expérience. Nous n’avons pas le cœur des trois enfants de la cour de Nabuchodonosor.” Daniel 3,14-24.
“Oui, Maître, ça vaut mieux.”
“C’est prudent.”
“Judas a raison.”
“Tu vois que ta Mère même et tes parents…”
“Et Lazare et Joseph.”
“Faisons les venir pour rien.”
Jésus ouvre les bras et dit: “Qu’il soit fait comme vous voulez Mais ensuite, on revient ici. Vous voyez combien il vient de gens. Je ne force pas et ne tente pas votre âme. Je ne la sens pas prête en effet…