“Pour moi, tout est bien de ce que tu fais.” dit le cousin Jacques.

Et l’autre Jacques avec son frère:

” Nous sommes d’accord.”

“Je pense seulement, au cas malheureux où quelque pharisien en serait informé.” dit Philippe.

“Oh! même si nous partions dans les nuages, dit Judas de Kériot, crois-tu qu’ils ne nous accuseraient pas? Ils n’accusent pas Dieu parce qu’Il est loin, Mais s’ils pouvaient L’avoir tout près comme Abraham, Jacob et Moïse, ils Lui feraient des reproches… Qui est exempt de fautes pour eux?”

“Alors, allez lui dire, de venir s’abriter dans le logement des pèlerins. Va, toi Pierre, avec Simon et Barthélemy. Vous êtes âgés et ferez moins d’impression à la femme. Et dites-lui que nous lui donnerons une nourriture chaude et un vêtement sec. C’est celui qu’a laissé Isaac. Vous voyez que tout sert, même un vêtement de femme donné à un homme…”

Les jeunes rient parce que, à propos de l’habit en question, il doit y avoir eu quelque amusante plaisanterie.

Les trois âgés vont et reviennent peu de temps après.

“Elle ne voulait pas… mais elle a fini par venir, Nous lui avons juré que nous ne la dérangerions jamais. Maintenant, je lui porte de la paille et le vêtement. Donne-moi des légumes et un pain. Elle n’a même pas mangé aujourd’hui. En fait… qui va en tournée avec ce déluge?”

Le brave Pierre part avec ses trésors.

124.5 - “Et maintenant, dit Jésus, un ordre pour tous: on ne va à son logement pour aucun motif. Demain nous pourvoirons. Habituez-vous à faire le bien pour le bien, sans curiosité, sans désirer à ce propos une distraction et ni pour toute autre raison. Voyez? Vous vous plaigniez qu’aujourd’hui on ne ferait rien d’utile. Nous avons aimé le prochain et qu’est-ce que nous pouvions faire de plus grand? Si c’est une malheureuse, et cela est certain, notre aide ne peut-elle lui donner un réconfort, une chaleur, une protection bien plus profonde que ce peu de nourriture, ce pauvre vêtement, ce toit sûr que nous lui avons procuré? Si c’est une coupable, une pécheresse, une créature qui cherche Dieu, notre amour ne sera-t-il pas le plus bel enseignement, la parole la plus puissante, l’indication la plus nette pour la mettre sur le chemin de Dieu?”

Pierre entre tout doucement et écoute son Maître.

“Voyez, amis, il y a beaucoup de maîtres en Israël et ils parlent, ils parlent… Et les âmes restent telles qu’elles sont. Pourquoi Parce que ces âmes entendent les paroles des maîtres mais ne voient pas les actes. Alors l’un détruit l’autre, et les âmes restent où elles étaient, si du moins elles ne reviennent pas en arrière Mais, quand un maître fait ce qu’il dit et agit saintement en toute ses actions, même s’il ne fait que des actions matérielles comme celle de donner un pain, un habit, un logement à la chair souffrante du prochain, il arrive à faire avancer les âmes et à les faire arriver à Dieu, parce que ce sont ses propres actions qui disent aux frères: “Il y a un Dieu, et Dieu est ici”. Oh! l’amour! Je vous dis que celui qui aime se sauve lui-même et sauve les autres.”

“Tu dis bien, Maître. Cette femme m’a dit: “Béni soit le Sauveur et Celui qui l’a envoyé, et vous tous avec Lui”. Elle a voulu me baiser les pieds, à moi pauvre homme, et elle pleurait derrière son voile épais… Mais!… Espérons maintenant qu’il n’arrive pas quelque engoulevent de Jérusalem… Si non! Qui leur échappera?”

“Notre conscience nous sauve du jugement de notre Père. Cela suffit.” dit Jésus.

Et il s’assied à table après avoir béni et offert la nourriture.

Tout prend fin.