121 – Les discours de la Belle Eau : “Tu ne prononceras mon nom en vain”. La visite de Manahen

Le jeudi 1er mars 1945.

-------Hors texte Ce texte figure dans l'édition de 1985, mais non dans la nouvelle édition où il est intégré dans les Cahiers de 1945 à 1950 à la date du 1er mars 1945. -----------------------------------------

[Anniversaire inoubliable! Le Visage voilé s’est découvert. “L’Inconnu” s’est fait connaître. Le Maître a appelé “Maria”… et Maria est devenue Jean. Mes pleurs essuyés par ton baiser et ta promesse!… Et “née de nouveau” spirituellement par ta volonté. Les gens ne savent pas, mais moi je sais. Vous, Père, vous savez. Puis-je ne pas célébrer cette date?…Et je la célèbre au service de Dieu, bénissant les fatigues et les peines de ce service car…oh! cette heure du 1er Mars 1943, elle est telle que même la croix n’est rien en comparaison Peut-être le dialogue qui s'instaure entre Jésus sur la Croix et Maria, comme elle le rapporte dans son Autobiographie à la page 455. ].

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121.1 - Les disciples sont tout sens dessus dessous. On dirait une ruche en rumeur tant ils sont agités. Ils parlent, guettent dehors, regardent dans tous les sens… Jésus n’y est pas. Enfin ils décident pour ce qui les agite et Pierre ordonne à Jean:

“Va chercher le Maître. Il est dans le bois du côté du fleuve. Dis-Lui de venir tout de suite ou bien qu’il dise ce que l’on doit faire.”

Jean s’éloigne au galop.

L’Iscariote dit:

“Moi, je ne comprends pas pourquoi tant d’agitation et d’impolitesse. Je serais allé à lui et je l’aurais accueilli avec les honneurs dus à son rang. C’est un honneur pour nous, sa visite. Donc…”

“Je ne sais rien, moi, dit Pierre. Il sera différent de son frère de lait… Mais… qui se trouve avec les hyènes en prend l’odeur et l’instinct. Par ailleurs tu voudrais que cette femme s’éloigne… Prends garde! Le Maître ne veut pas, et moi je suis à sa tutelle. Si tu la touches… moi je ne suis pas le Maître… C’est seulement pour que tu te règles.”

“Oh! qui donc est-elle?! La belle Hérodiade, par hasard?”

“Ne fais pas de l’esprit!”

“C’est toi qui m’y pousse. Tu lui fais une garde royale, comme à une reine…”

“Le Maître m’a dit: “Veille à ce qu’on ne la dérange pas et respecte-la”. C’est ce que je fais.”

“Mais qui est-elle, le sais-tu?” demande Thomas.

“Moi, non.”

“Allons, dis-le… tu le sais…” insistent plusieurs.

“Je vous jure que je ne sais rien. Le Maître certainement le sait, mais pas moi.”

“Il faut le Lui faire demander par Jean. À lui il dit tout.”

“Pourquoi? dit Judas. Qu’est-ce qu’il a de spécial, Jean? Est-ce un dieu, ton frère?”

“Non, Judas, c’est le meilleur d’entre nous.”

“Vous pouvez vous épargner cette fatigue, dit Jacques d’Alphée. Hier mon frère l’a vue pendant qu’elle revenait du fleuve avec le poisson que lui avait donné André et c’est lui qui a demandé à Jésus et Lui a répondu: “Elle n’a pas de visage. C’est un esprit qui cherche Dieu. Pour Moi, elle n’est rien d’autre et je veux qu’elle soit ainsi pour tous”. Et il a dit ce “je veux” sur un tel ton que je ne vous conseille pas d’insister.”

“J’irai moi la trouver” dit Judas de Kériot.

“Essaye, si tu en es capable.” dit Pierre, rouge comme un coq.