“Et le maître de Daniel, est-il bon?”

“Il est humain, au moins. Il est exigeant mais n’accable pas. Et comme les bergers sont honnêtes, il les traite amicalement. Ils sont à la tête du troupeau. Moi, il me connaît et me respecte parce que je suis le serviteur de Kouza… et que je pourrais servir ses intérêts… Mais, pourquoi, Seigneur, l’homme est-il si égoïste?”

“Parce que l’amour a été étranglé au Paradis terrestre, mais je suis venu dénouer le lacet et rendre la vie à l’amour.”

103.5 – “Nous voici sur les terres d’Élisée. Les pâturages sont encore loin, mais à cette heure, les troupeaux sont presque toujours au bercail à cause du soleil. Je vais voir s’ils y sont.” Et Jonathas part presque en courant.

Il revient quelque temps après, avec deux pâtres grisonnants et robustes qui se précipitent littéralement sur la pente pour rejoindre Jésus.

“Paix à vous. ”

“Oh! Oh! Notre Bébé de Bethléem!” dit l’un, et l’autre: “Paix de Dieu, venue vers nous, que Tu sois bénie.”

Les hommes sont allongés sur l’herbe. On ne salue pas aussi profondément un autel comme ils saluent le Maître.

“Relevez-vous. Je vous rends votre bénédiction et suis heureux de le faire, car elle vient joyeusement sur ceux qui en sont dignes.”

“Oh! dignes, nous!”

“Oui, vous, toujours fidèles.”

“Et qui ne l’aurait été? Qui pourrait faire oublier cette heure! Qui pourrait dire: “Ce n’est pas réel ce que nous avons vu?” Qui pourrait oublier que tu nous as souri pendant des mois, quand revenant le soir avec nos troupeaux, nous t’appelions et que tu battais les mains au son de nos flûtes?…Tu te le rappelles Daniel? Presque toujours vêtu de blanc dans les bras de sa Mère quand tu nous apparaissais dans un rayon de soleil sur le pré d’Anne ou à la fenêtre, et que tu semblais une fleur posée sur la neige du vêtement maternel.”

“Et cette fois que tu es venu, quand tu faisais tes premiers pas pour caresser un agnelet moins frisé que Toi? Comme tu étais heureux! Et nous, nous ne savions que faire de notre rustique personne. Nous aurions voulu être des anges pour te paraître moins grossiers…”

“Oh! mes amis! Je voyais votre cœur et c’est lui que je vois maintenant.”

“Et tu nous souris comme alors!”

“Et tu es venu jusqu’ici chez de pauvres bergers!”

“Chez mes amis. Maintenant, je suis content. Je vous ai tous retrouvés et je ne vous perdrai plus. Pouvez-vous donner l’hospitalité au Fils de l’homme et à ses amis?”

“Oh! Seigneur! Tu le demandes? Le pain et le lait ne nous manquent pas, mais si nous n’avions qu’une seule bouchée de pain nous te la donnerions pour te garder avec nous. N’est-ce pas, Benjamin?”

“Notre cœur, nous te le donnerions en nourriture, ô notre désiré Seigneur!”

“Allons alors, nous allons parler de Dieu…”

“Et de tes parents, Seigneur, de Joseph, si bon! de Marie… Oh! la Mère! Voici: vous voyez ce frais narcisse Il s'agit du narcissus serotinus (jonquille tardive). Elle se rencontre en Palestine en automne. C'est une fleur parfumée. Ses six pétales (tépales) en forme d'étoile, sont blanches. . Sa tête est belle et pure, on dirait une étoile de diamant. Mais Elle… Oh! ce narcisse n’est que crasse en comparaison d’elle! Un de ses sourires vous purifiait. C’était une fête de la rencontrer, sa parole vous sanctifiait. Te souviens-tu de ses paroles toi aussi, Benjamin?”

“Oui, je peux te les redire, Seigneur, car tout ce qu’Elle nous a dit, dans les mois où nous pûmes l’entendre, est écrit ici (et il se frappe la poitrine). C’est la page de notre sagesse et nous la comprenions nous aussi car c’est une parole d’amour. Et l’amour… oh! l’amour, c’est une chose que tout le monde comprend! Viens, Seigneur, entre dans cette heureuse demeure et bénis-la.”

Ils entrent dans une pièce près du vaste bercail et tout prend fin.

Suit, sur le cahier autographe, le dessin de Maria Valtorta que nous reproduisons ci-dessous.