100 – À Nazareth, dans la maison d’Alphée, vieux et malade. La vie d’un apôtre n’est guère facile
7 février 1945
Le mercredi 7 février 1945, saint Romuald C'est une annotation au crayon de Maria Valtorta sur les pages manuscrites. Romuald (Romualdo) est le prénom du Père Migliorini, le directeur spirituel de Maria Valtorta. .
100.1 – Jésus se trouve avec les siens au milieu des belles collines de Galilée. Le soleil est encore haut sur l’horizon bien que le crépuscule arrive. Pour lui échapper, les voyageurs cheminent sous les arbres, qui sont presque toujours des oliviers.
“Après cette montée, c’est Nazareth, dit Jésus. Maintenant je vous dis qu’en y arrivant, nous allons nous séparer. Jude et Jacques iront tout de suite chez leur père, comme leur cœur le désire. Pierre et Jean distribueront l’obole aux pauvres qui certainement seront près de la fontaine. Moi et les autres, nous irons à la maison pour le repas et puis nous penserons au repos.”
“Nous, nous irons chez le bon Alphée. Nous le lui avons promis l’autre fois, mais cependant, moi, j’irai juste pour le saluer. Je cède mon lit à Matthieu qui n’est pas encore habitué à la dure”. dit Philippe.
“Non, non pas toi qui es âgé. Je ne le permets pas. J’ai eu un lit confortable jusqu’à présent. Mais quels sommeils infernaux j’y faisais! Crois-moi: maintenant je suis si bien en paix qu’il me semble dormir sur la plume même si je m’étends sur les cailloux. Oh! c’est la conscience qui vous donne ou pas un bon sommeil! répond Matthieu.
C’est une émulation de charité qui s’allume entre les disciples Thomas, Philippe et Barthélemy, qui, si je comprends bien, sont ceux qui, l’autre fois, étaient dans la maison de cet Alphée (qui n’est sûrement pas le père de Jacques Il s'agit d'Alphée de Sarah. , car celui-ci parle avec André et lui dit:
“Il y aura toujours une place pour toi comme l’autre fois, même si le père est plus malade”).
C’est Thomas qui triomphe:
“Je suis le plus jeune du groupe. Le lit c’est moi qui le cède. Laisse-moi faire, Matthieu, tu t’habitueras un peu à la fois. Tu crois que ça me coûte? Non. Je suis comme un amoureux qui rêve… Je serai sur la dure, mais tout proche de mon amour”.
Thomas, un homme dans les trente huit ans, un rire jovial et Matthieu cède. Voici maintenant, à quelques mètres, les premières maisons de Nazareth.
“Jésus… nous allons” dit Jude.
“Allez, allez.”
Les deux frères partent presque au pas de course.
“Eh! le père c’est le père, murmure Pierre. Même s’il boude c’est toujours notre sang et le sang ça vous tire plus qu’un cordage. Et puis… ils me plaisent tes cousins. Ils sont très bons.”
“Ils sont très bons, oui. Et ils sont humbles, assez pour ne pas mesurer d’où ils en sont. Ils se croient toujours en faute, car leur esprit voit le bien chez tous, plutôt que chez eux. Ils feront beaucoup de chemin…”
100.2 – Maintenant, ils sont à Nazareth. Des femmes voient Jésus et le saluent, des hommes aussi et des enfants également. Mais ici, ce ne sont pas les acclamations au Messie des autres endroits: ici, ce sont des amis qui saluent, de façon plus ou moins expansive, l’Ami qui revient. Chez beaucoup je remarque aussi une curiosité ironique en observant le groupe hétérogène qui est avec Jésus. Ce n’est certainement pas une cour de dignitaires royaux ni un cortège pompeux de prêtres. Transpirés, couverts de poussière, vêtus très modestement sauf Judas Iscariote, Matthieu, Simon et Barthélemy - je les ai mis par ordre décroissant d’élégance - ils semblent plutôt un groupe d’hommes du peuple en voyage qui se rendent à un marché, plutôt qu’à la suite d’un roi. Ce Roi n’a pour lui que l’ascendant de la taille Jésus fait 1,87 m d'après la reconstitution faite du Linceul de Turin, par Lorenzo Ferri. et celui de son aspect.
Ils font quelques mètres, et puis Pierre et Jean s’éloignent sur la droite, tandis qu’avec les autres, Jésus s’avance jusqu’à une petite place remplie d’enfants qui crient autour d’une vasque pleine d’eau où les mères vont puiser.
100.3 – Un homme aperçoit Jésus et fait un signe de joyeux étonnement. Il se hâte vers Lui et le salue:
“Bon retour! Je ne t’attendais pas si tôt! Tiens: embrasse mon dernier rejeton. C’est le petit Joseph. Il est né en ton absence”
Et il lui tend un bébé qu’il a dans les bras.
“Tu l’as appelé Joseph?”
“Oui, je ne l’oublie pas, lui qui m’était un peu parent et plus que parent. C’était pour moi un grand ami. Maintenant, j’ai donné aussi à mes petits enfants, les noms qui m’étaient les plus chers: Anne, mon amie de quand j’étais tout petit, et Joachim. Puis Marie… Oh! quand elle naquit, quelle fête! Je me souviens qu’ils me la firent embrasser et me dirent: “Tu vois cet arc-en-ciel: ça été le pont par où elle est descendue du Ciel. C’était un chemin angélique” et, c’est vrai, elle paraissait un petit ange tant elle était belle… Maintenant voici Joseph. Si j’avais su que tu revenais si tôt, je t’aurais attendu pour la circoncision.”
“Je te remercie de ton amour pour mes grands-parents et pour mon père et ma Mère. C’est un bel enfant. Qu’il soit juste pour l’éternité comme le juste Joseph.”