99.3 – Cependant le serviteur dit de rentrer pour te reposer. Jonathas a parlé du Messie enfant et, même ici, tu es connu de nom et attendu.”

“Allons.”

Le groupe bouge. Le portier, qui a jeté un coup d’œil, voit et appelle d’autres serviteurs. Il ouvre tout grand le portail qui n’était qu’entrouvert jusqu’alors et court à la rencontre de Jésus avec un véritable respect.

“Répands, Seigneur, ta bénédiction sur nous et sur cette triste maison. Entre. Oh! comme Jonathas regrettera de n’être pas ici! C’était son espérance: te voir. Entre, entre, et avec Toi tes amis.”

Dans l’atrium il y a des serviteurs et des servantes de tout âge, tous respectueusement empressés à saluer, et un peu curieux aussi. Une petite vieille pleure dans un coin.

Jésus entre et bénit avec son geste et son salut de paix. On offre un goûter. Jésus prend place sur un siège et tout le monde l’entoure.

“Je vois que je ne vous suis pas inconnu” observe Jésus.

“Oh! Jonathas nous a élevés dans le souvenir de ton histoire. Il est bon, Jonathas. Lui dit que c’est, grâce au baiser qu’il t’a donné. Mais il l’est aussi par nature.”

“J’ai donné et reçu des baisers… mais, comme tu dis, il n’y a que chez les bons qu’ils firent croître la bonté. Maintenant il est absent? C’est pour lui que j’étais venu.”

“Je l’ai dit: il est sur le Liban. Là-bas il a des amis… C’est le dernier espoir pour la jeune maîtresse, et si cela ne réussit pas…”

99.4 – La petite vieille, dans son coin, pleure plus fortement. Jésus la regarde d’un air interrogateur.

“C’est Esther, la nourrice de la maîtresse. Elle pleure car elle ne peut se résigner à la perdre.”

Jésus l’invite à venir près de Lui:

“Viens, mère, ne pleure pas ainsi. Viens près de Moi. Il n’est pas dit que maladie signifie mort!”

“Oh! c’est la mort! la mort! Depuis son unique enfantement malheureux, elle meurt! Les adultères enfantent en cachette et pourtant, elles vivent, et elle, elle bonne, honnête, chère, si chère, doit mourir!”

“Mais qu’est-ce qu’elle a présentement?”

“Une fièvre qui la consume… C’est comme une lampe qui brûle en plein vent… dans un vent toujours plus fort et elle est toujours plus faible. Oh! je voulais aller avec elle, mais Jonathas a voulu des servantes jeunes, car elle est sans force, c’est un corps inerte qu’il faut déplacer, et moi je ne suis plus bonne… Pas bonne pour cela… mais pour l’aimer, oui… Je l’ai recueillie sur le sein de sa mère… J’étais servante, mariée moi aussi, et j’avais eu un enfant un mois auparavant. Je lui ai donné le lait car la mère, trop faible, ne le pouvait pas… Je lui ai servi de mère quand elle fut orpheline, alors qu’elle savait à peine dire “maman”, Mes cheveux ont blanchi et mon front s’est ridé, à force de la veiller malade… je lui ai fait ses vêtements d’épouse, je l’ai conduite au mariage… J’ai souri à ses espoirs maternels… j’ai pleuré avec elle sur son enfant, mort… J’ai recueilli tous les sourires et toutes les larmes de sa vie… Je lui ai donné tous les sourires et les réconforts de mon amour… et à présent elle se meurt et elle ne m’a pas près d’elle…”

La vieille fait de la peine.

Jésus la caresse, mais sans résultat.

“Écoute, mère, as-tu de la foi?”

“En Toi, oui.”

“En Dieu, femme. Peux-tu croire que Dieu peut tout?”

“Je le crois, et je crois que Toi, son Messie, tu le peux. Oh! oui, on parle dans la ville de ta puissance! Cet homme (elle montre Philippe) il y a quelque temps, parlait de tes miracles près de la synagogue. Et Jonathas lui a dit: “Où est le Messie?” et il lui a répondu: “Je ne sais”. Jonathas me dit alors: “S’il était ici, je te le jure, elle guérirait”. Mais tu n’étais pas ici… et il est parti avec elle… et maintenant elle va mourir…”

“Non. Aie foi. Dis-moi vraiment ce que tu as dans le cœur. Peux-tu croire qu’elle ne mourra pas, à cause de ta foi? ”

“À cause de ma foi? Oh! si tu la veux, la voilà. Prends aussi ma vie, ma vielle vie… seulement fais-la moi voir guérie.”