97 – L’appel de Matthieu
4 février 1945
Vision du jeudi 4 février 1945.
[…] Dans l'édition de 1985, le texte ci-dessous était inséré. On le retrouve maintenant dans les Cahiers de 1945 à 1950 à la date du jour
97.1 – Presque aussitôt après, je vois ce qui suit.
Encore la place du marché de Capharnaüm. Mais c’est à une heure plus chaude où le marché est déjà fini et sur la place il n’y a que des désœuvrés qui parlent et des enfants qui jouent.
Jésus, au milieu de son groupe, vient du lac vers la place, caressant les enfants qui accourent à sa rencontre et s’intéressant à leurs confidences. Une bambine lui montre une grande éraflure saignante sur le front et elle accuse son frère de la lui avoir faite.
“Pourquoi as-tu fait mal à ta sœur? Ce n’est pas bien.”
“Je ne l’ai pas fait exprès. Je voulais cueillir ces figues, et j’ai pris un bâton, mais il était trop lourd et il est tombé sur elle… Je les cueillais aussi pour elle.”
“C’est vrai, Jeanne?”
“C’est vrai.”
“Tu vois bien alors que ton frère n’a pas voulu te faire du mal. Il voulait même te faire plaisir. Aussi maintenant, faites tout de suite la paix et donnez-vous un baiser. Les bons frères et même les bons camarades ne doivent jamais connaître la rancœur. Allons…”
Les deux enfants se baisent tout en larmes.
Ils pleurent tous les deux: l’une pour la souffrance de l’égratignure, l’autre par la douleur d’avoir donné de la douleur.
Jésus sourit devant ce baiser baigné de larmes.
“Oh! voilà! Maintenant, vu que vous êtes bons, je vais vous cueillir des figues, et sans bâton.”
Je crois bien! Grand comme il est, avec ses longs bras, il y arrive sans peine. Il fait la cueillette et la distribution.
Une femme accourt:
“Prends, prends, Maître, je vais t’apporter du pain.”
“Non, non, ce n’est pas pour Moi. C’est pour Jeanne et Tobie. Ils en avaient envie.”
“Et vous avez dérangé le Maître pour çà? Oh! quels indiscrets! Pardonne, Seigneur.”
“Femme, c’était pour faire la paix… et je l’ai faite avec l’objet même de la guerre: les figues. Mais les enfants ne sont jamais indiscrets. Les douces figues, c’est un plaisir pour eux, et pour Moi, mon plaisir c’est leurs douces âmes innocentes. Elles m’enlèvent tant d’amertume…”.
“Maître… ce sont les seigneurs qui ne t’aiment pas, mais nous, le peuple, nous t’aimons bien. Eux ne sont que quelques-uns, mais nous, nous sommes si nombreux!”
“Je le sais, femme. Merci de ton réconfort. La paix soit avec toi. Adieu, Jeanne! Adieu, Tobie! Soyez gentils. Sans vous faire de mal et sans vous vouloir du mal. N’est-ce pas?”
“Oui, oui, Jésus” répondent les deux petits.