“Pourquoi, Fils, à pareille heure? Tu es rouge comme la pourpre et tu dégouttes de sueur comme une éponge. Viens, viens à l’intérieur. Que Maman t’essuie et te rafraîchisse. Je t’apporte de suite un habit neuf et des sandales propres. Mais, Fils! Fils! Pourquoi es-tu en route par ce soleil? Les plantes meurent de chaleur et Toi, ma Fleur, tu es sur les routes!”

“Pour arriver d’abord chez toi, Maman!”

“Oh! Fils chéri! Tu as soif? Oh! bien sûr. Je vais te préparer…”

“Soif de ton baiser, Maman, de tes caresses. Laisse-moi rester ainsi, la tête sur ton épaule, comme quand j’étais tout petit… Oh! Maman! Comme tu me manques!”

“Mais, dis-moi de venir, Fils, et je viendrai. Qu’est-ce qui t’a manqué pendant mon absence? Une nourriture préférée? Des vêtements frais? Un lit bien fait? Oh! dis-le moi, ma Joie, qu’est-ce qui t’a manqué. Ta servante, ô mon Seigneur, essaiera d’y pourvoir.”

“Rien que toi…”

Jésus, qui est rentré tenu par la main de la Maman, s’est assis sur le coffre près du mur. En face est Marie qu’il entoure de ses bras, appuyant la tête contre son cœur et l’embrassant de temps à autre. Maintenant, il la regarde fixement.

“Laisse-mol te regarder, que ma vue se remplisse de toi, ô ma sainte Maman!”

“D’abord le vêtement. Ça fait mal de rester ainsi trempé de sueur. Viens.”

Jésus obéit.

89.7 – Quand il revient avec des vêtements frais, le colloque reprend, plein de suavité.

“Je suis venu avec des disciples et des amis. Je les ai quittés au bois de Melca. Ils viendront demain, à l’aurore. Moi… je ne pouvais plus attendre. Ma Maman!…”

Il lui baise les mains.

“Marie d’Alphée s’est retirée pour nous laisser seuls. Elle aussi a compris quelle soif j’avais de toi. Demain… demain, tu appartiendras à mes amis et Moi aux Nazaréens. Mais, ce soir, tu es pour Moi l’Amie et pareillement je suis à toi. Je t’ai amené… Oh! Maman! J’ai trouvé les bergers de Bethléem et je t’ai amené deux d’entre eux. Ils sont orphelins et tu es la Mère. Pour tous, et encore plus des orphelins.

Et je t’ai amené aussi quelqu’un qui a besoin de toi pour se vaincre lui-même. Et un autre qui est un juste qui a pleuré. Et puis Jean… Je t’apporte le souvenir d’Élie, d’Isaac, de Tobie, maintenant Matthias, Jean et Siméon. Jonas est le plus malheureux. Je te conduirai à lui. Je l’ai promis. Les autres j’ai encore à les chercher, Samuel et Joseph sont dans la paix de Dieu.”

“Tu as été à Bethléem?”

“Oui, Maman. J’y ai amené les disciples que j’avais avec Moi, et je t’ai apporté ces fleurettes qui ont poussé parmi les pierres du seuil.”

“Oh! - Marie prend les tiges séchées et les embrasse - Et Anne?”

“Elle a péri dans le massacre d’Hérode.”

“Oh! pauvre! Elle t’aimait tant!”

“Les Bethléemites ont beaucoup souffert et n’ont pas été justes avec les bergers. Mais ils ont beaucoup souffert…”

“Mais avec Toi, ont-ils été bons alors!”

“Oui et pour cela il faut les plaindre. Satan est envieux de leur bonté et les excite au mal. J’ai aussi été à Hébron. Les bergers persécutés…”

“Oh! Jusqu’a ce point?!”

“Oui. Ils furent aidés par Zacharie et par lui eurent des patrons et du pain, même s’ils ont eu de durs patrons. Mais ce sont des âmes de justes et des persécutions et des blessures ils en ont fait un édifice de sainteté. Je les ai réunis. J’ai guéri Isaac et… et j’ai donné mon nom à un bébé… À Yutta, où habitait Isaac malade et où il est revenu à la vie, il y a maintenant un groupe innocent dont les noms sont Marie, Joseph et Jésaï…”

“Oh! ton Nom!”

“Et le tien et celui du Juste. Et à Kérioth, patrie d’un disciple, un fidèle Israélite est mort sur mon cœur… de la joie de me posséder…

89.8 – Et puis… oh! que de choses j’ai à te dire, ma parfaite Amie douce Mère! Mais, pour commencer je te prie d’avoir tant de pitié pour ceux qui viendront demain. Écoute: ils m’aiment… mais ils ne sont pas parfaits. Toi, Maîtresse de vertu… oh! Mère, aide-moi à les rendre bons… Je voudrais les sauver tous…” Jésus s’est laissé glisser aux pieds de Marie. Maintenant elle apparaît dans sa majesté de Mère.

“Mon Fils! Que veux-tu que ta pauvre Mère fasse de plus que Toi?”

“Les sanctifier…Ta vertu sanctifie. Je te les ai amenés exprès Maman… un jour, je te dirais: “Viens”, parce qu’alors il sera urgent de sanctifier les esprits, pour que je puisse trouver en eux la volonté de rédemption. Et Moi seul je ne pourrai pas… Ton silence sera actif comme ma parole. Ta pureté viendra en aide à ma puissance. Ta présence éloignera Satan… et ton Fils, Maman, trouvera de la force en te sachant toute proche. Tu viendras, n’est-ce pas, ma douce Mère?”

“Jésus! Mon cher Fils! Je ne te sens pas heureux… Qu’as-tu, Créature de mon cœur? Le monde a été dur pour Toi? Non? Cela me soulage de le croire… mais… Oh! oui, je viendrai. Où tu veux. Comme tu veux. Quand tu veux. Maintenant même, sous le soleil, sous les étoiles, comme dans la froidure et sous les bourrasques. Me veux-tu? Me voici.”

“Non, pas maintenant. Mais un jour…Comme elle est douce la maison! Et ta caresse! Laisse-moi dormir ainsi, la tête sur tes genoux. Je suis si las. Je suis toujours ton Petit Enfant…” Et Jésus s’endort réellement, las et épuisé, assis sur la natte, la tête sur le sein de la Mère qui, bien heureuse, caresse ses cheveux.