“Moi aussi. Viens… si tu n’as pas pour nous le mépris des autres.”
“Il n’y a que le péché qui me dégoûte.”
Le soldat le regarde, admiratif et pensif.
“Avec Toi, nous n’aurions jamais à intervenir. Le glaive ne se lèvera jamais sur Toi. Tu es bon. Mais les autres!…”
Jésus est dans la pénombre de l’entrée, Jean est tourné vers la ville. Simon est assis sur une pierre qui sert de banquette.
“Comment t’appelles-tu?”
“Jésus.”
“Ah! c’est Toi qui fais des miracles même sur les malades?! Je te croyais seulement magicien… Nous en avons, nous aussi. Un bon magicien, cependant, car il y en a certains… Mais les nôtres ne savent pas guérir les malades: Comment fais-tu?”
Jésus sourit et se tait.
“Tu emploies des formules magiques? Tu as des onguents de moelle de mort, des serpents séchés et réduits en poudre, des pierres magiques prises dans les antres des Pythons?”
“Rien de tout cela. Je n’ai que ma puissance.”
“Alors, tu es un vrai saint. Nous, nous avons les aruspices Aruspices : prêtres chargés de chercher des présages dans les mouvements de la victime avant le sacrifice, et dans l'inspection de ses entrailles après qu'elle avait été immolée. Dès le temps de Cicéron, la science des Aruspices était tombée dans le plus grand discrédit, ainsi que celle des augures (source : http://www.cosmovisions.com) et les vestales Vestales - Ces prêtresses (de 4 à 6) étaient chargées d'entretenir le feu sacré sur l'autel de la déesse Vesta et d'accomplir en son honneur divers rites mystérieux; Elles étaient tenues de garder la chasteté tout le temps de leur ministère, qui était de 30 ans; celle qui violait son vœu était enterrée vive. Celles qui laissaient éteindre le feu étaient punies du fouet. En revanche, les Vestales jouissaient de grands privilèges (Source : http://www.cosmovisions.com). … et certains d’entre eux font des prodiges… et on dit que ce sont les plus saints. Mais y crois-tu? Ils sont pires que les autres.”
“Et alors pourquoi les vénérez-vous?”
“Parce que… parce que c’est la religion de Rome. Et si un sujet ne respecte pas la religion de son État, comment peut-il respecter César et la patrie, et puis, et puis tant de choses?”
Jésus regarde fixement le soldat.
“En vérité, tu es avancé sur le chemin de la Justice. Continue, ô soldat, et tu arriveras à connaître ce que ton âme a le sentiment de posséder en soi, sans savoir donner un nom à cette chose.”
“L’âme, qu’est-ce que c’est?”
“Quand tu mourras, où iras-tu?”
“Ma foi, je ne sais pas. Si je meurs en héros, sur le bûcher des héros… si je suis un pauvre vieux, un rien, peut-être je pourrirai dans ma tanière ou sur le bord d’un chemin.”
“Cela pour le corps, mais l’âme, où ira-t-elle?”
“Je ne sais si tous les hommes ont une âme, ou seulement ceux que Jupiter destine aux champs Élysées Les champs Élysées sont le lieu de l'Enfer mythologique où les héros et les gens vertueux goûtent le repos après leur mort. après une vie prodigieuse à moins qu’il ne les amène à l’Olympe comme il le fit pour Romulus Romulus (771 avant J.C. – 716 avant J.C.), fondateur de la ville de Rome, fut emmené dans l'Olympe séjour des dieux de façon mystérieuse. Il s'identifie alors au dieu Quirinius. .”
“Tous les hommes ont une âme et c’est cette chose qui distingue l’homme de l’animal. Voudrais-tu être semblable à un cheval? À un oiseau? À un poisson? Chair qui après la mort n’est que pourriture?”
“Oh! non. Je suis homme et je préfère l’être.”
“Eh bien, ce qui te fait homme, c’est l’âme. Sans elle, tu ne serais rien de plus qu’un animal doué de la parole.”
“Et où est-elle? Comment est-elle? ”