“Nous le voyions avec d’autres Galiléens dans les foules les plus fidèles au Baptiste. Et, si nous ne nous trompons pas, tu es celui dont le nom est Jean et de qui lui disait, à nous ses intimes: “Voilà moi le premier, lui le dernier. Et puis ce sera lui le premier et moi le dernier”. On n’a jamais compris ce qu’il voulait dire.”

Jésus se tourne vers sa gauche où se trouve Jean. Il l’attire contre son cœur avec un sourire encore plus lumineux… Il explique:

“Lui voulait dire qu’il était le premier à dire: “Voici l’Agneau” et celui-ci sera le dernier des amis du Fils de l’homme qui parlera aux foules, de l’Agneau; mais que, dans le cœur de l’Agneau il est le premier, parce qu’il lui est cher plus qu’aucun autre homme. Voilà ce que le Baptiste voulait dire. Mais, quand vous le verrez - car vous le verrez encore et le servirez encore, jusqu’à l’heure marquée - dites-lui qu’il n’est pas le dernier dans le cœur du Christ. Ce n’est pas tant par le sang mais par la sainteté qu’il est l’aimé autant que celui-ci. Et vous, gardez-en le souvenir. Si l’humilité du saint lui fait proclamer qu’il est “le dernier”, la Parole de Dieu le proclame pareil au disciple qui m’est cher. Dites-lui que celui-là je l’aime parce qu’il porte son nom et que je trouve en lui les traits du Baptiste chargé de préparer les âmes au Christ.”

“Nous le lui dirons… Mais, le verrons-nous encore?”

“Vous le reverrez.”

81.4 – “Oui, Hérode n’ose le tuer par crainte du peuple et, dans cette Cour avide et corrompue, il serait facile de procurer sa libération si nous avions beaucoup d’argent. Mais… mais malgré la grande somme d’argent donnée par des amis, il nous manque beaucoup encore. Et nous avons grande peur de ne pas arriver à temps… et il sera quand même tué.”

“Combien croyez-vous qu’il vous manque pour le racheter?”

“Pas pour le racheter, Seigneur. Hérodiade le hait trop et elle en impose trop à Hérode pour penser qu’on puisse arriver à le racheter. Mais… à Machéronte sont réunis, je crois, tout ceux qui ambitionnent le trône. Tous veulent jouir, tous veulent dominer: des ministres jusqu’aux serviteurs. Mais pour faire le coup, on exige de l’argent… Nous aurions même trouvé quelqu’un qui pour une grosse somme laisserait sortir le Baptiste. Hérode même, peut-être le désire… parce qu’il a peur. Rien que pour cela. Peur du peuple et peur de sa femme. Ainsi il satisferait le peuple, et sa femme ne l’accuserait pas de l’avoir mécontentée.”

“Et combien demande cette personne?”

“Vingt talents d’argent Voir l'article sur les monnaies. Si on transposait ces sommes dans notre mentalité actuelle, cela équivaudrait à 8 millions d'euros (équivalent 2006). et nous n’en avons que douze et demi.”

81.5 – “Judas, tu as dit que ces joyaux sont très beaux Il s'agit des bijoux donnés par Aglaé sur le chemin du renoncement à sa vie dissolue (EMV 79.5). .”

“Beaux et de grande valeur.”

“Combien peuvent-ils valoir? Il me semble que tu t’y entends.”

“Oui, je m’y entends. Pourquoi veux-tu savoir leur valeur, Maître? Veux-tu les vendre? Pourquoi?”

“Peut-être… Dis-moi, combien peuvent-ils valoir?”

“Vendus dans de bonnes conditions; au moins… au moins six talents.”

“En es-tu sûr?”

“Oui, Maître. Le collier à lui seul, gros et lourd vaut au moins trois talents. Je l’ai bien examiné. Et aussi les bracelets… Je me demande comment les poignets fins d’Aglaé pouvaient en supporter le poids.”

“C’était des menottes pour elle, Judas.”

“C’est vrai, Maître… mais beaucoup voudraient avoir de ces menottes-là!”

“Tu le crois? Qui?”

“Mais… beaucoup!”

“Oui, beaucoup qui n’ont de l’homme que le nom… Connaîtrais- tu un acheteur éventuel?”

“En somme, tu veux les vendre? Et pour le Baptiste? Mais, regarde: c’est de l’or maudit!”

“Oh! Incohérence humaine! Tu viens de dire, avec un désir évident que beaucoup voudraient avoir cet or, et puis tu l’appelles maudit?! Judas, Judas!… C’est de l’or maudit, oui, maudit. Mais elle a dit: “Il sera sanctifié servant à qui est pauvre et saint”. C’est pour cela qu’elle l’a donné, pour que le bénéficiaire prie pour sa pauvre âme qui, comme une chrysalide, est en train de pousser dans la semence de son cœur. Qui est plus saint et plus pauvre que le Baptiste? Il est, par sa mission, l’égal d’Élie, mais pour la sainteté, il est plus grand qu’Élie. Il est plus pauvre que Moi. Moi, j’ai une Mère et une maison… Lorsqu’on les a pures et saintes comme je les ai, on n’est jamais des délaissés. Lui n’a plus de maison et même plus le tombeau de sa mère, Tout a été violé, profané par la perversité humaine.