600.30 - C’est l’heure de partir. Levez‑vous, et écoutez mes ultimes paroles.
Je suis la vraie vigne et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui ne porte pas de fruit, il le retranche; tout sarment qui donne du fruit, il l’émonde, pour qu’il en donne davantage. Vous êtes déjà purifiés, grâce à ma parole. Demeurez en moi, et moi en vous pour le rester. De même que le sarment coupé de la vigne ne peut donner du fruit, ainsi vous non plus, si vous ne demeurez en moi. Je suis la vigne, et vous les sarments. Celui qui reste uni à moi porte beaucoup de fruit. Mais si l’un se détache, il devient un rameau sec que l’on jette au feu et que l’on brûle: car si vous ne m’êtes pas uni, vous ne pouvez rien faire. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez, et vous l’obtiendrez. Ce qui glorifie mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit, et qu’ainsi vous deveniez mes disciples.
600.31 - Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour, qui sauve. Si vous m’aimez, vous serez obéissants, et l’obéissance fait croître l’amour réciproque. Ne dites pas que je me répète. Je connais votre faiblesse, et je veux que vous soyez sauvés. Je vous ai dit cela afin que la joie que j’ai voulu vous donner soit en vous et soit parfaite. Aimez‑vous, aimez‑vous! C’est mon commandement nouveau. Aimez‑vous les uns les autres plus que chacun de vous ne s’aime lui‑même. Il n’est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Vous êtes mes amis et moi, je donne ma vie pour vous. Faites ce que je vous enseigne et commande.
Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître, alors que vous, vous savez ce que je fais. Vous savez tout de moi. Je vous ai manifesté non seulement moi‑même, mais aussi le Père et le Paraclet, et tout ce que j’ai entendu de Dieu.
Ce n’est pas vous qui vous êtes choisis. C’est moi qui vous ai choisis, et je vous ai élus afin que vous alliez parmi les peuples, que vous portiez du fruit en vous et dans le cœur des personnes qui seront évangélisées, et que votre fruit demeure. Et tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera.
600.32 - Ne dites pas: “Si tu nous as choisis, pourquoi avoir aussi choisi un traître? Si tu connais tout, pourquoi avoir fait cela? “Ne vous demandez pas non plus qui est cet homme. Ce n’est pas un homme, c’est Satan. Je l’ai dit à mon ami fidèle, et je l’ai laissé dire par mon enfant bien‑aimé. C’est Satan. Si Satan, l’éternel singe de Dieu, ne s’était pas incarné en une chair mortelle, ce possédé n’aurait pu se soustraire à mon pouvoir de Jésus. J’ai dit: “possédé”, mais non, il est bien davantage. Il est anéanti en Satan.
– Pourquoi, toi qui as chassé les démons, ne l’as‑tu pas délivré? demande Jacques, fils d’Alphée.
– Demandes‑tu cela par amour pour toi, par peur de l’être? Ne crains rien.
– Moi alors?
– Moi?
– Moi?
– Taisez‑vous. Je ne révèlerai pas ce nom. Je fais preuve de miséricorde. Faites‑en autant.
– Mais pourquoi ne l’as‑tu pas vaincu? Tu ne le pouvais pas?
– Si, je le pouvais. Mais pour empêcher Satan de s’incarner pour me tuer, j’aurais dû exterminer l’espèce humaine avant la Rédemption. Qu’aurais‑je racheté, dans ce cas?
– Dis‑le‑moi, Seigneur, dis‑le‑moi!»
Pierre s’est laissé glisser à genoux, et il secoue frénétiquement Jésus, comme s’il était en proie au délire.
«Est‑ce moi? Est‑ce moi? Je m’examine… Il ne me semble pas. Mais… tu as dit que je te renierai… Et j’en tremble… Quelle horreur si c’était moi!…
– Non, Simon, fils de Jonas, pas toi.
– Pourquoi m’as‑tu enlevé mon nom de “Pierre”? Je suis donc redevenu Simon? Tu vois? Tu le dis toi‑même! C’est moi! Mais comment ai‑je pu? Dites‑le… dites‑le, vous… Quand ai‑je pu devenir traître?… Simon?… Jean?… Mais parlez!
– Pierre, Pierre, Pierre! Je t’appelle Simon parce que je pense à notre première rencontre, lorsque tu étais Simon. Et je pense combien tu as toujours été loyal dès le premier moment. Ce n’est pas toi. C’est moi qui te l’affirme, or je suis la Vérité.
– Qui, alors?
– Mais c’est Judas! Tu ne l’as pas encore compris? crie Jude, qui n’arrive plus à se contenir.
– Pourquoi ne pas me l’avoir dit plus tôt? Pourquoi? crie aussi Pierre.
– Silence! C’est Satan. Il n’a pas d’autre nom. Où vas‑tu, Pierre?
– Le chercher.