“Isaac… Isaac… Sais-tu. pourquoi je suis venu?”

“Je ne sais… tu es ému… qu’est-ce qui arrive?”

“J’ai vu Jésus de Nazareth! C’est un homme, maintenant, un rabbi. Il est venu me chercher… et il veut nous voir. Oh! Isaac tu te trouves mal?”

En fait Isaac s’est laissé aller comme s’il mourait. Mais il se ressaisit:

“Non. La nouvelle… Où est-Il? Comment est-Il? Oh! si je pouvais le voir!”

“Il est en bas, dans la vallée. Il m’envoie te dire ceci, exactement ceci: “Viens, Isaac, car je veux te voir et te bénir”. Je m’en vais appeler quelqu’un qui m’aide à te descendre.”

“C’est ainsi qu’il a parlé?”

“C’est ainsi, mais que fais-tu?”

“J’y vais.”

Isaac rejette les couvertures, remue les jambes inertes, les jette hors du grabat, les appuie au sol. Il se lève, encore un peu incertain et titubant. Tout cela instantanément, pendant qu’Élie le regarde, les yeux écarquillés… Finalement il comprend et crie… Une petite vieille s’amène, curieuse. Elle voit l’infirme debout, qui se drape, n’ayant rien d’autre, dans une des couvertures. Elle s’en va en criant, comme une poule effrayée.

“Allons… partons d’ici pour faire plus vite et échapper à la foule… Vite, Élie.”

Les voilà qui sortent en courant par la porte du jardin de derrière. Ils poussent la fermeture de branches sèches. Ils sont dehors. Ils filent par un sentier misérable, puis par une ruelle à travers les jardins et de là descendent à travers les prés et les bosquets jusqu’au torrent.

76.5 – “Voilà Jésus, dit Élie en le montrant du doigt. Ce grand et bel homme, blond, vêtu de blanc avec son manteau rouge…”

Isaac court à travers le troupeau qui broute et avec un cri de triomphe, de joie, d’adoration se jette aux pieds de Jésus.

“Lève-toi, Isaac. Je suis venu t’apporter paix et bénédiction. Lève-toi, que je voie ton visage.”

Mais Isaac ne peut se lever. C’est trop d’émotions à la fois et il reste avec ses larmes de bonheur, contre le sol.

“Tu es venu tout de suite. Tu ne t’es pas demandé si tu le pouvais…”

“Tu m’as dit de venir… et je suis venu.”

“Il n’a pas même fermé sa porte ni ramassé son argent, Maître.”

“N’importe, les anges veilleront sur sa demeure. Es-tu content, Isaac?”

“Oh! Seigneur!”

“Appelle-moi: Maître.”

“Oui, Seigneur, mon Maître. Même sans être guéri, j’aurais été bien heureux de Te voir. Comment ai-je pu trouver tant de grâce près de Toi?”

“À cause de ta foi et de ta patience, Isaac. Je sais combien tu as souffert!”

“Ce n’est rien, rien, plus rien! Je t’ai trouvé vivant! Tu es ici. Cela, c’est tout… Le reste, tout le reste est passé. Mais, Seigneur Maître, maintenant, tu ne t’en vas plus, n’est-ce pas?” “Isaac, j’ai tout Israël à évangéliser. Je pars… Mais, si je ne puis rester, tu peux me servir et me suivre.