“De Nazareth.”

“Oh! dis-moi, alors. Y-est-il revenu un Bambin, avec une femme qui s’appelait Marie et un homme nommé Joseph, un Bambin, beau encore plus que sa Mère? On n’a jamais vu de fleur plus belle sur les collines de Juda. Un Petit, né à Bethléem de Juda, au temps de l’édit? Un Bambin fugitif ensuite pour le bonheur du monde. Un Bambin, que je donnerais ma vie pour le savoir sûrement vivant et maintenant un homme?”

“Pourquoi dis-tu que ç’a été une grande chance pour le monde que sa fuite?”

“Parce que Lui, c’était le Sauveur, le Messie, et que Hérode voulait sa mort. Je n’étais pas là quand Lui s’est enfui avec son père et sa Mère… Quand j’appris le massacre et je revins - car moi aussi, j’avais des enfants (il sanglote), Seigneur, et une femme… (il sanglote encore) et que je les vis massacrés (il sanglote), mais, je te jure, par le Dieu d’Abraham que pour Lui je tremblais plus que pour ma propre chair - quand j’appris qu’Il s’était enfui et pourtant, je ne pouvais m’informer et ne pus retrouver les miens égorgés… A coups de pierres, comme un lépreux, comme un impur; j’ai été pris pour un assassin… et j’ai dû m’enfuir dans les bois, vivre comme un loup… jusqu’à ce que je trouve un maître. Oh! ce n’est plus Anne… Celui-ci est dur et cruel… Si une brebis se blesse, si le loup m’emporte un agneau, ou être bâtonné jusqu’au sang ou bien perdre mes petites économies, travailler dans les bois pour les autres, faire n’importe quoi, mais payer, toujours le triple de la valeur. Mais, n’importe. J’ai toujours dit au Très-Haut: “Fais- moi voir ton Messie, fais-moi savoir au moins qu’Il est vivant et tout le reste n’est rien”. Seigneur, je t’ai dit comme j’ai été traité par les Bethléemites et comme je suis traité par le patron. J’aurais pu rendre le mal pour le mal, ou faire le mal en volant, pour ne pas souffrir de la part du maître. Mais je n’ai voulu que pardonner, souffrir, être honnête car les anges ont dit: “Gloire à Dieu au plus haut des Cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté”

“C’est ainsi qu’ils dirent?”

“Oui, Seigneur, crois-le Toi, Toi au moins qui es bon. Sais-tu, au moins, et le crois-tu que le Messie est né. Personne ne veut plus le croire, Mais les anges ne mentent pas… et nous, nous n’étions pas ivres, comme ils l’ont dit. Celui-ci, tu vois, n’était alors qu’un enfant, et il fut le premier à voir l’ange. Il ne buvait que du lait, lui. Est-ce que le lait peut enivrer? Les anges ont dit: “Aujourd’hui dans la cité de David est né le Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. Vous le reconnaîtrez à ceci: vous trouverez un Bébé couché dans une mangeoire, enveloppé de langes Cf. EMV 30.

“C’est exactement cela qu’ils ont dit? N’avez-vous pas mal entendu? Ne vous trompez-vous pas, depuis si longtemps?”

“Oh! non, est-ce vrai, Lévi? Pour ne pas oublier - d’ailleurs nous ne l’aurions pas pu, car c’étaient des paroles du Ciel et qui s’étaient gravées en lettres de feu dans nos cœurs - tous les matins, tous les soirs, au lever du soleil, quand brille la première étoile, nous le disons comme une prière, pour en avoir bénédiction force et réconfort, avec son nom à Lui et le nom de la Mère.”

“Ah! Vous disiez: “Christ”?”

“Non, Seigneur, nous disions: “Gloire à Dieu au plus haut des Cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté, par Jésus, le Christ, qui est né de Marie dans une étable de Bethléem et qui enveloppé dans des langes, était dans une mangeoire. C’est Lui qui est le Sauveur du monde ”

75.3 – “Mais, en somme, qui cherchez-vous?”

“Jésus, le Christ, fils de Marie, le Nazaréen, le Sauveur.”

“C’est Moi.” Jésus s’illumine, à ces paroles, en se manifestant à ses fidèles et tenaces amis. Tenaces, fidèles, patients.

“Toi! ô Seigneur, Sauveur, notre Jésus!” Les trois sont à terre et baisent les pieds de Jésus, pleurant de joie.

“Levez-vous. Debout, Élie, et toi Lévi, et toi que je ne connais pas.”

“Joseph, fils de Joseph. ”

“Ceux-ci sont mes disciples: Jean, galiléen, Simon et Judas, juifs.”

Les bergers ne sont plus prosternés par terre, mais encore à genoux. Penchés en arrière sur leurs talons, ils adorent le Sauveur avec un regard d’amour, des lèvres qui tremblent d’émotion, les visages pâles ou rouges de joie.

Jésus s’assoit sur l’herbe.

“Non, Seigneur sur l’herbe, non Toi; roi d’Israël, non.”

“Laissez, amis. Je suis pauvre, un menuisier seulement pour le monde. Riche seulement d’amour pour le monde, et de l’amour que les bons me donnent. Je suis venu pour rester avec vous, rompre avec vous le pain du soir, dormir sur le foin à côté de vous, recevoir votre réconfort…”

“Oh! réconfort! Nous sommes grossiers et persécutés.”

“Persécuté, moi aussi, mais vous me donnez ce que je cherche: l’amour, la fidélité, et l’espérance qui résiste après des années et donne sa fleur. Voyez? Vous avez su attendre croyant sans hésitation que c’était Moi. Et Moi, je suis venu.”

“Oh! oui, Tu es venu. Maintenant, même si je meurs, je, n’ai plus rien qui me peine en fait d’espoir et d’attente.” “Non, Élie, tu vivras jusqu’après le triomphe du Christ. Toi qui as vu mon aube, tu dois voir ma splendeur.