“Mais avant ce malheur, alors.

73.3 – Écoute, si tu ne dédaignes pas la maison d’un paysan, viens partager avec nous le pain et le sel. Toi et les compagnons. Nous parlerons pendant le souper et je vous logerai jusqu’au matin. La maison est petite, mais sur le sol de l’étable, il y a une bonne couche de foin. La nuit est chaude et sereine. Si tu veux, tu peux dormir.”

“Que le Seigneur d’Israël te récompense de ton hospitalité. Je viendrai avec joie dans ta maison.”

“Le pèlerin porte avec lui sa bénédiction. Allons. Je dois verser encore six amphores d’eau, sur les légumes qui viennent de naître.”

“Et je t’aiderai.”

“Non tu es un seigneur. Ta manière de faire me le dit.”

“Je suis un artisan, femme. Et celui-ci est un pêcheur. Ceux-ci, sont Juifs, fortunés et ont une situation. Pas Moi.” Et il prend une amphore couchée tout près du mur très bas du puits. Il l’attache et la descend. Jean l’aide. Les autres aussi ne veulent pas moins faire. Ils disent à la femme: “Où est le jardin, montre nous-le. Nous porterons les jarres.”

“Dieu vous bénisse! J’ai les reins rompus de fatigue. Venez…” Et, pendant que Jésus sort son broc, les trois compagnons descendent par un sentier… puis reviennent avec les deux brocs vides, les remplissent et retournent. Et ils font ainsi, non pas trois fois, mais bien une dizaine de fois. Et Judas rit en disant: “Elle est en train de s’égosiller, à force de bénédictions. Nous donnons tant d’eau à la salade que, pendant au moins deux jours la terre sera humide et la femme ne se fatiguera pas les reins.” Quand il revient pour la dernière fois, il dit: “Maître, je crois cependant que nous sommes mal tombés.”

“Pourquoi? Judas.”

“Parce qu’elle en veut au Messie. Je lui ai dit: “Ne blasphème pas. Ne sais-tu pas que la plus grande grâce pour le peuple de Dieu, c’est le Messie? Jéhovah l’a promis à Jacob et après lui à tous les Prophètes et justes d’Israël et tu le hais?”. Elle m’a répondu “Pas Lui, mais celui qui ont ainsi dénommé des bergers ivres et des maudits devins d’Orient”. Et puisque c’est toi…”

“N’importe. Je sais que je suis fait pour être pour beaucoup un signe d’épreuve et de contradiction. Lui as-tu dit qui je suis?”

“Non. Je ne suis pas sot. J’ai voulu préserver tes épaules et les nôtres.”

“Tu as bien fait. Pas à cause des épaules, mais parce que je désire me manifester quand je le juge convenable. Allons.”

Judas le conduit au jardin.

73.4 – La femme verse les trois derniers brocs et les conduit à une construction rustique au milieu du verger.

“Entrez, dit-elle, mon mari est déjà à la maison.”

Ils s’avancent vers une cuisine basse et enfumée.

“La paix soit à cette maison” salue Jésus.

“Qui que tu sois, la bénédiction à Toi et aux tiens. Entre.” répond l’homme. Et il apporte d’abord un bassin rempli d’eau pour que les quatre se rafraîchissent et se lavent. Puis ils entrent et s’assoient tous à une table grossière.

“Je vous remercie pour ma femme. Elle m’a dit. Je n’avais jamais approché des Galiléens. On m’avait dit qu’ils étaient grossiers et querelleurs. Mais, vous, vous avez été gentils et bons. Déjà fatigués… et tant travailler! Vous venez de loin?”

“De Jérusalem. Ceux-ci sont Juifs. Moi et cet autre, nous sommes de Galilée, Mais, crois-moi, homme: des bons et des mauvais il y en a partout.”

“C’est vrai. Moi pour ma première fois je rencontre de bons Galiléens, je suis bien tombé. Femme, apporte à manger. Je n’ai que du pain, des légumes, des olives et du fromage. Je suis paysan.”

“Je ne suis pas un seigneur, moi non plus. Je suis menuisier.”

“Toi? Avec ces manières?”

La femme intervient: