44 – L’adieu de Jésus à sa Mère, au départ de Nazareth. Les larmes et la prière de la Corédemptrice La note doctrinale Mater populi fidelis du 4 novembre 2025 ne met pas en doute la participation de Marie à la Rédemption ; elle rappelle simplement qu'il faut une terminologie qui respecte la primauté du Rédempteur : Jésus. Le terme corédemptrice, bien qu'historique et bien qu'ayant remplacé le terme plus ancien de Rédemptrice dans l'usage liturgique, lui semble porteur d'ambigüité et donc d'usage inopportun. Cependant cette discipline de langage ne doit pas occulter la participation Marie à la Rédemption. Marie est la première et la plus parfaite coopératrice du Christ, la "nouvelle Ève" qui, par son "oui", rend possible l'incarnation et, par sa maternité spirituelle, continue d'intercéder pour l'humanité. Les affirmations des encycliques et d'autres écrits, antérieurs à cette note, restent valables lorsqu'elles sont comprises à la lumière de cette coopération subordonnée, et non comme une attribution d'un pouvoir rédempteur égal à celui de Jésus.

28 avril 1947 / 9 février 1944

Voici le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander: «Qui es-tu?» Il ne refusa pas de répondre, il déclara ouvertement: «Je ne suis pas le Christ.» Ils lui demandèrent: «Alors qu’en est-il? Es-tu le prophète Élie?» Il répondit: «Je ne le suis pas. – Es-tu le Prophète annoncé?» Il répondit: «Non.» Alors ils lui dirent: «Qui es-tu? Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu sur toi-même?» Il répondit: «Je suis la voix de celui qui crie dans le désert: Redressez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe.» Or, ils avaient été envoyés de la part des pharisiens. Ils lui posèrent encore cette question: «Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète?» Jean leur répondit: «Moi, je baptise dans l’eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas; c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale.» Cela s’est passé à Béthanie, de l’autre côté du Jourdain, à l’endroit où Jean baptisait. Il parcourut toute la région du Jourdain, en proclamant un baptême de conversion pour le pardon des péchés, comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète: Voix de celui qui crie dans le désert: Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis; et tout être vivant verra le salut de Dieu. Jean disait aux foules qui arrivaient pour être baptisées par lui: «Engeance de vipères! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient? Produisez donc des fruits qui expriment votre conversion. Ne commencez pas à vous dire: “Nous avons Abraham pour père”, car je vous dis que, de ces pierres, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham. Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres: tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu.» Les foules lui demandaient: «Que devons-nous donc faire?» Jean leur répondait: «Celui qui a deux vêtements, qu’il partage avec celui qui n’en a pas; et celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même!» Des publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) vinrent aussi pour être baptisés; ils lui dirent: «Maître, que devons-nous faire?» Il leur répondit: «N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé.» Des soldats lui demandèrent à leur tour: «Et nous, que devons-nous faire?» Il leur répondit: «Ne faites violence à personne, n’accusez personne à tort; et contentez-vous de votre solde.» Or le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ. Jean s’adressa alors à tous: «Moi, je vous baptise avec de l’eau; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas.» Par beaucoup d’autres exhortations encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.

Jean 1,19-28 | Luc 3,3-18.

Jésus à Maria Valtorta:

Quand ensuite tu arriveras au point où commence ma vie publique, tu copieras aussi intégralement le premier chapitre de Jean, du verset 19 à 28 inclus et le troisième chapitre de Luc du verset 3 à 18 inclus, l’un à la suite de l’autre comme si c’était un seul chapitre. Il y a là tout le Précurseur, ascète de paroles peu nombreuses et de dure discipline, et il n’y a pas autre chose à dire. Puis tu mettras mon Baptême et tu iras de l’avant comme je l’ai dit, d’une fois à l’autre. Et ta fatigue est finie. Maintenant il reste l’amour et la jouissance qui est une récompense.

Le 28 avril 1947 à Viareggio.Vision du mercredi 9 février 1944, 9h30 La vision commence pendant la Sainte Communion.

44.1 - Je vois l’intérieur de la maison de Nazareth. Je vois une pièce qui semble une salle de séjour où la Famille prend ses repas et le délassement aux heures de repos. C’est une toute petite pièce avec simplement une table rectangulaire et une sorte de coffre rangé contre un mur. Il sert de siège d’un côté de la table. Contre les autres murs il y a un métier à tisser et un tabouret, puis deux autres tabourets et une étagère avec des lampes à huile et d’autres objets. Une porte est ouverte sur le petit jardin. Ce doit être vers le soir car il n’y a plus qu’un dernier rayon de soleil sur la cime d’un arbre élevé qui commence à peiné à verdir avec les premières feuilles.

Jésus est assis à table. Il mange, tandis que Marie le sert en allant et venant par une petite porte qui, je suppose, ouvre sur l’endroit où se trouve le foyer dont on aperçoit la lueur par la porte entrebâillée.

Jésus dit deux ou trois fois à Marie de s’asseoir et de manger, Elle aussi. Mais Elle ne veut pas et secoue la tête en souriant tristement. Elle apporte ensuite des légumes cuits à l’eau, qui semblent tenir lieu de soupe, des poissons grillés et puis un fromage plutôt mou en forme de boule qui rappelle les pierres roulées d’un torrent, et puis de petites olives noires. Le pain, de forme ronde et large comme un plat ordinaire, peu épais, est déjà sur la table. il est plutôt noir, contenant des repasses. Jésus a devant lui une amphore avec de l’eau et une coupe. Il mange silencieusement, en regardant sa Maman avec un douloureux amour.

Marie, c’est bien visible, a de la peine. Elle va et vient pour se donner une contenance. Bien qu’il fasse encore assez jour, elle allume une lampe, la met près de Jésus et en allongeant le bras, caresse à la dérobée sa tête. Elle ouvre une besace qui me semble de laine vierge, tissée à la main et donc imperméable, de couleur noisette, fouille à l’intérieur, sort dans le petit jardin, va au fond dans une sorte de débarras, en sort avec des pommes plutôt ratatinées, certainement conservées depuis l’été et les met dans la besace. Ensuite elle prend un pain et un petit fromage qu’elle ajoute, bien que Jésus n’en veuille pas et dise que le reste suffit.

Puis Marie, de nouveau s’approche de la table du côté le plus étroit, à la gauche de Jésus et le regarde manger. Elle le regarde avec tristesse, avec adoration, avec un visage encore plus pâle qu’à l’ordinaire et que la peine semble vieillir, avec des yeux plus grands à cause d’un cerne qui les entoure, indice des larmes déjà versées. Ils semblent plus brillants que d’habitude, lavés qu’ils sont par les larmes qui les remplissent, prêtes à tomber. Deux yeux douloureux et fatigués.

44.2 - Jésus mange lentement et visiblement à contrecœur, seulement pour faire plaisir à sa Mère. il est pensif, plus qu’habituellement, lève la tête et regarde Marie. Il rencontre un regard plein de larmes et baisse la tête pour respecter son émotion. il se borne à prendre la main délicate qu’Elle tient appuyée au rebord de la table. Il la prend de sa main gauche et la porte à sa joue. Il l’appuie sur sa joue dont il l’effleure pour sentir la caresse de cette pauvre main qui tremble et puis la baise au dos, avec tant d’amour et de respect.

Je vois Marie qui porte la main libre, la gauche, à sa bouche comme pour étouffer un sanglot. Ensuite Elle essuie avec les doigts une larme qui a débordé des cils et coule sur sa joue. Jésus recommence à manger et Marie sort, vite, vite dans le petit jardin, désormais peu éclairé, et disparaît.

Jésus appuie le coude gauche sur la table, appuie son front sur la main et se plonge dans ses pensées, oubliant de manger. il tend l’oreille et se lève.