Zacharie secoue la tête tristement et montre sa bouche muette. Il voudrait dire tant de choses et ne le peut.
Marie comprend et répond:
“Le Seigneur te donnera une joie complète. Crois en Lui complètement, espère infiniment, aime totalement. Le Très-Haut t’exaucera au-delà de ce que tu espères. Il veut cette foi totale pour laver ta défiance passée. Dis en ton cœur, avec moi: “Je crois”.Dis-le à chaque battement de ton cœur. Les trésors de Dieu s’ouvrent pour qui croit en Lui et en sa puissante bonté.
23.7 – La lumière commence à pénétrer par la porte entr’ouverte. Marie l’ouvre. L’aube répand une lumière blanche sur la terre humide. Il y a une forte odeur de terre et de verdure humides. On entend les premiers pépiements des oiseaux qui s’appellent d’une branche à l’autre.
Le vieil homme et Marie vont sur le seuil de la porte. Ils sont pâles après une nuit sans sommeil et la lumière de l’aube les fait encore plus pâles. Marie remet ses sandales, va au pied de l’escalier et écoute. Quand une femme se montre, elle fait un signe et revient. Rien encore.
Marie va dans une pièce et revient avec du lait chaud qu’elle donne à boire au vieillard. Elle va voir aux colombes. Elle revient pour disparaître dans cette pièce. Peut-être est-ce la cuisine, Elle fait un tour, surveille. Elle semble avoir eu un sommeil merveilleux tant elle est vive et tranquille.
Zacharie fait les cent pas, nerveux, monte et descend à travers le jardin. Marie le regarde avec pitié. Puis elle entre de nouveau dans la même pièce, et agenouillée près de son métier, elle prie de toute son âme, parce que les plaintes de la malade se font plus déchirantes. Elle se courbe jusqu’à terre pour prier l’Éternel. Zacharie rentre et la voit prosternée ainsi et il pleure, le pauvre vieux. Marie se relève et le prend par la main. Elle semble être la mère de cette vieillesse désolée et verse sur elle le réconfort.
23.8 – Ils se tiennent ainsi, l’un près de l’autre dans le soleil qui rosit l’air du matin et c’est ainsi que les rejoint la nouvelle joyeuse:
“Il est né! Il est né! Un garçon! Heureux père! Un garçon, frais comme une rose, beau comme le soleil, fort et vigoureux et bon comme sa mère. Joie à toi, père béni par le Seigneur qu’un fils t’a été donné pour que tu l’offres à son Temple.
Gloire à Dieu qui a accordé une postérité à cette maison! Bénédiction à toi et au fils qui est né de toi! Puisse sa descendance perpétuer ton nom dans les siècles des siècles à travers les générations et les générations et qu’elle conserve toujours l’alliance du Seigneur Éternel.”
Marie, avec des larmes de joie, bénit le Seigneur. Et puis les deux reçoivent le petit, apporté au père pour qu’il le bénisse. Zacharie ne va pas trouver Élisabeth. Il reçoit le bambin qui crie comme un perdu, mais ne va pas trouver sa femme.
C’est Marie qui y va, portant affectueusement le bébé qui se tait tout à coup, à peine Marie l’a-t-elle pris dans ses bras. La commère qui la suit remarque le fait. “Femme” dit-elle à Élisabeth, “ton enfant s’est tu tout d’un coup quand Elle l’a pris. Regarde comme il dort tranquille. Et Dieu sait s’il est remuant et fort. Maintenant, regarde, on dirait une petite colombe.”
Marie met la créature près de la mère et la caresse en remettant en ordre ses cheveux gris.
“La rose est née” lui dit-elle doucement. “Et tu es en vie. Zacharie est heureux.”
“Il parle?”
“Pas encore, mais espère dans le Seigneur. Repose-toi, maintenant. Je resterai avec toi.”
23.9 – Marie dit:
“Si ma présence avait sanctifié le Baptiste, elle n’avait pas enlevé pour Élisabeth la condamnation venue d’Ève. “Tu auras des fils dans la douleur” Genèse 3,16. avait dit l’Éternel. Moi seule, sans tache et sans union humaine, ai été exempte de la douleur de l’enfantement. La tristesse et la douleur sont les fruits de la faute. Moi qui étais la “Sans faute”, je devais connaître pourtant la douleur et la tristesse parce que j’étais la Corédemptrice La note doctrinale Mater populi fidelis du 4 novembre 2025 ne met pas en doute la participation de Marie à la Rédemption ; elle rappelle simplement qu'il faut une terminologie qui respecte la primauté du Rédempteur : Jésus. Le terme corédemptrice, bien qu'historique et bien qu'ayant remplacé le terme plus ancien de Rédemptrice dans l'usage liturgique, lui semble porteur d'ambigüité et donc d'usage inopportun. Cependant cette discipline de langage ne doit pas occulter la participation Marie à la Rédemption. Marie est la première et la plus parfaite coopératrice du Christ, la "nouvelle Ève" qui, par son "oui", rend possible l'incarnation et, par sa maternité spirituelle, continue d'intercéder pour l'humanité. Les affirmations des encycliques et d'autres écrits, antérieurs à cette note, restent valables lorsqu'elles sont comprises à la lumière de cette coopération subordonnée, et non comme une attribution d'un pouvoir rédempteur égal à celui de Jésus. . Mais je ne connus pas le déchirement de l’enfantement. Non. Je n’ai pas connu cette souffrance.
Mais, crois-moi, ma fille, qu’il n’y a jamais eu et qu’il n’y aura jamais tourment d’enfantement semblable à mon enfantement de Martyre d’une Maternité spirituelle accomplie sur le plus dur des lits: celui de ma croix, au pied du gibet de mon Fils qui mourait.
Quelle est la mère qui est contrainte à générer de telle façon, et à mêler le tourment de ses entrailles qui se déchiraient en entendant le râle de sa Créature agonisante au déchirement intérieur pour avoir à surmonter l’horreur de devoir dire: “Je vous aime. Venez à moi qui suis votre Mère” aux assassins de son Fils, qui était né du plus sublime amour qu’ait jamais vu le Ciel, de l’union d’amour d’un Dieu avec une vierge, d’un baiser de Feu, de l’embrassement de la Lumière, qui se firent Chair et du sein d’une femme firent le Tabernacle de Dieu?
“Que de douleur, pour être mère!” disait Élisabeth. Si grande, mais un rien en comparaison de la mienne.
23.10 – “Laisse-moi mettre les mains sur ton sein”. Oh! si dans votre souffrance vous me demandiez toujours cela!
Je suis l’Éternelle Porteuse de Jésus. Il réside en mon sein, comme tu l’as vu l’an passé Voir Les Cahiers de 1943, catéchèse du 23 juin. , comme une Hostie en l’ostensoir. Qui vient à moi, le trouve. Qui s’appuie sur moi, le touche. Qui s’adresse à moi, Lui parle. Je suis son Vêtement. Il est mon Âme. Encore plus, plus uni maintenant qu’il ne le fut pendant les neuf mois qu’il se développait en mon sein, mon Fils est uni à moi, sa Maman. Et toute douleur se calme et toute espérance fleurit et toute grâce coule pour qui vient à moi et pose sa tête sur mon sein.
Je prie pour vous. Rappelez-le. La béatitude d’être au Ciel, vivant dans le rayonnement de Dieu, ne me fait pas oublier mes fils qui souffrent sur la terre. Et je prie. Le Ciel entier prie, car le Ciel aime. Le Ciel c’est la charité vivante. Et la Charité a pitié de vous. Mais, s’il n’y avait que moi, ce serait déjà une prière suffisante pour les besoins de qui espère en Dieu, puisque je ne cesse de prier pour vous tous: saints et dépravés, pour donner aux saints la joie, pour donner aux méchants le repentir qui sauve.
Venez, venez, ô fils de ma douleur. Je vous attends au pied de la Croix pour vous faire grâce.”