On a échangé la promesse. Marie est l’épouse de Joseph.

Tous sortent, et toujours en bon ordre ils vont dans une salle où est rédigé le contrat de mariage où il est dit que Marie, héritière de Joachim de David et d’Anne d’Aaron apporte en dot à son époux, sa maison avec les biens annexes, son trousseau personnel et d’autres biens qu’elle a hérité de son père.

Tout est fini.

13.7 – Les époux sortent dans la cour puis se dirigent vers la sortie près du quartier des femmes employées au Temple. Un lourd char bien agencé les attend. Il est recouvert d’une toile et les lourds coffres de Marie s’y trouvent déjà.

Adieux, baisers et larmes, bénédictions, conseils, recommandations et puis Marie monte avec Élisabeth et s’assied à l’intérieur du char. Sur le devant Joseph et Zacharie. Ils ont enlevé les manteaux de fête et sont tous enveloppés dans des pèlerines foncées.

Le char part, au trot pesant d’un gros cheval de couleur foncée. Les murs du Temple s’éloignent, puis ceux de la ville Zacharie et Élisabeth habitent à Hébron, au sud. Ils accompagnent Joseph et Marie jusqu'à Nazareth au nord. Élisabeth n'est pas encore enceinte de Jean-Baptiste. et voici la campagne toute renouvelée, fraîche et fleurie par le premier soleil du printemps, les blés hauts d’une palme au moins et paraissant de couleur émeraude avec leurs jeunes feuilles qui ondulent sous une brise légère qui sent les fleurs de pêchers et de pommiers, de trèfles et de menthe sauvage.

Marie pleure doucement, doucement sous son voile et de temps à autre écarte la toile pour regarder le Temple lointain, la cité qu’elle a laissée…

La vision se termine ainsi.

13.8 – Jésus dit:

“Que dit le livre de la Sagesse, en chantant ses louanges? “Dans la Sagesse, se trouve en effet l’esprit d’intelligence, saint, unique, multiple, subtil” Sagesse 7,22-27. . Il continue en énumérant ses qualités et termine avec ces paroles: “…qu’elle peut tout, qu’elle prévoit tout, qu’elle comprend tous les esprits, qu’elle est intelligente, pure, subtile. La sagesse pénètre tout par la pureté, c’est une émanation de l’esprit de Dieu… et donc en elle, il n’y a rien d’impur… c’est une image de la bonté divine. Tout en étant unique, son unité peut tout, immuable comme elle est, elle renouvelle toutes choses. Elle se communique aux âmes saintes et forme les amis de Dieu et les Prophètes”.

13.9 – Tu as vu comment Joseph, non par culture humaine mais par surnaturelle instruction, sait lire dans le livre scellé de la Vierge sans tache, et comment il frôle par sa “vue” les vérités prophétiques en voyant un mystère surhumain là où les autres ne voient qu’une grande vertu. Imprégné de cette sagesse, qui s’exhale de la Vertu de Dieu et qui est une émanation certaine de la Toute Puissance, il se dirige d’un esprit tranquille et sûr dans la mer de ce mystère de grâce qu’est Marie, se rencontre avec Elle en des échanges spirituels où, plutôt que les lèvres, ce sont deux esprits qui se parlent dans le silence sacré des âmes où ils n’entendent que la voix de Dieu et ne la reçoivent que ceux qui sont agréables à Dieu, parce qu’ils Le servent fidèlement et sont remplis de Lui.

La Sagesse du Juste, qui s’accroît par l’union et la présence de la Toute Grâce, le prépare à pénétrer dans les secrets les plus hauts de Dieu pour pouvoir les protéger et les défendre des pièges humains ou démoniaques. Et tout lui est occasion de renouvellement. D’un juste elle en fait un saint, et d’un saint le gardien de l’Épouse et du Fils de Dieu.

Sans soulever le sceau de Dieu, lui le chaste, qui maintenant porte sa chasteté à un héroïsme angélique peut lire la parole de feu écrite sur le diamant virginal par le doigt de Dieu et il y lit ce que dans sa prudence il ne dit pas, mais qui est bien plus grand que ce que Moïse a lu sur les tables de pierre.

Et, pour qu’un œil profane ne déflore pas le mystère, il se place, sceau sur le sceau, archange de feu sur le seuil du Paradis, dans lequel l’Éternel prend ses délices “se promenant à la brise du soir” et en parlant avec Celle qui est son amour, Bois de lys en fleurs, Brise parfumée d’arômes, Brise fraîche matinière, belle Étoile, Délices de Dieu. La nouvelle Ève est là, devant lui non pas os de ses os ni chair de sa chair, mais compagne de sa vie. Arche vivante de Dieu dont il en reçoit la tutelle et qu’il doit rendre à Dieu pure comme il l’a reçue.

“Épouse à Dieu” était-il écrit dans ce livre mystique aux pages immaculées… Et quand le soupçon de l’épreuve lui souffla son tourment, lui, comme homme et comme serviteur de Dieu, souffrit, comme personne au monde, pour le sacrilège soupçonné. Mais ce fut là l’épreuve future. À présent, en ce temps de grâce, il voit et il se met au service plus vrai de Dieu. C’est ensuite que viendra l’orage de l’épreuve, comme pour tous les saints, pour être éprouvés et pour être rendus coadjuteurs de Dieu.

13.10 – Que lit-on dans le Lévitique? “Dis à Aaron, ton frère, de ne pas entrer en tout temps dans le sanctuaire qui se trouve derrière le Voile, devant le Propitiatoire qui couvre l’Arche, pour ne pas mourir lorsque J’apparaîtrai dans la nuée au-dessus de l’oracle, de ne pas entrer sans qu’il n’aura fait d’abord ces choses: il offrira un veau, sacrifice pour le péché, et un mouton en holocauste; il revêtira la tunique de lin et avec les caleçons de lin couvrira sa nudité. Lévitique 16,2-4.

Et réellement Joseph entre, quand Dieu le veut et autant que Dieu le veut, dans le sanctuaire de Dieu, au-delà du voile qui cache l’Arche sur laquelle plane l’Esprit de Dieu, et s’offre et offrira l’Agneau, holocauste pour le péché du monde et l’expiation de ce péché. Et cela, il le fait, vêtu de lin avec son corps mortifié par son vœu pour en abolir les instincts qui, un jour, au commencement des temps ont triomphé, lésant les droits de Dieu sur l’homme, et que maintenant il sera piétiné dans le Fils, dans la Mère et dans le père putatif, pour que les hommes retournent à la Grâce, et qu’il soit rendu à Dieu son droit sur l’homme. Il fait cela avec sa chasteté perpétuelle.

Joseph n’était pas au Golgotha? Il vous semble qu’il ne soit pas parmi les corédempteurs? En vérité, je vous dis qu’il en fut le premier et pour cela il est grand aux yeux de Dieu. Grand par le sacrifice, la patience, la constance, la foi. Quelle foi plus grande que la foi de celui qui a cru sans avoir vu les miracles du Messie?

13.11 – Louange à mon père putatif Père putatif : qui est réputé être le père. Que l'on considère être le père. , exemple pour vous de ce qui vous manque le plus: pureté, fidélité, amour parfait. À celui qui a merveilleusement lu le Livre scellé, instruit par la Sagesse, pour savoir comprendre les mystères de la Grâce, à celui que Dieu a choisi pour protéger le Salut du monde contre les embûches de tous ses ennemis.”