À la joie de Dieu, aux besoins de Dieu, rien n’était nécessaire. Lui se suffit à Lui-Même. Sa contemplation est sa béatitude, sa nourriture, sa vie; son repos. Toute la création n’a pu accroître d’un atome l’infini de sa joie, de sa beauté, de sa vie, de sa puissance. Tout cela, Il l’a fait pour sa créature, pour celui dont Il a voulu faire le roi des choses créées, pour l’homme.
Pour voir tant d’œuvres divines et le remercier de la puissance qu’Il vous donne, cela valait la peine de vivre, et de votre vie vous devez être reconnaissants. Vous auriez dû l’être, même si vous n’aviez été rachetés qu’à la fin des temps. En effet, bien qu’ayant été dans les premiers, et que vous soyez toujours, chacun en particulier, prévaricateurs, orgueilleux, luxurieux, homicides, Dieu vous accorde encore de jouir de la beauté de l’univers et vous traite comme si vous étiez bons, de bons fils auxquels on apprend et accorde tout pour rendre plus douce et plus saine la vie. Ce que vous savez, vous le savez par lumière de Dieu. Tout ce que vous découvrez, c’est sur les indications de Dieu. Dans le Bien. Les autres connaissances et les autres découvertes, qui portent le signe du mal, viennent du Mal suprême: Satan.
5.11 – L’Intelligence suprême, qui n’ignore rien, savait avant que l’homme existât qu’il aurait été, par son libre vouloir, voleur et homicide.
Et parce que l’éternelle Bonté n’a pas de limites dans sa bonté, avant que la faute se produisît Elle pensa au moyen pour la détruire. Le moyen: Moi, le Verbe. L’instrument pour faire du moyen un instrument efficace: Marie. Et la Vierge fut créée dans la sublime pensée de Dieu.
5.12 – Toutes choses ont été créées pour et par Moi, Fils bien-aimé du Père. Moi comme Roi, j’aurais dû avoir sous mes pieds de Roi divin des tapis et des joyaux tels que nulle cour royale n’en eut jamais, et des chants et des voix et des serviteurs pour entourer mon existence tels que n’en eut jamais aucun souverain, et des fleurs et des gemmes, tout le sublime, tout le grandiose, tout ce qui est gentil, plaisant, tout ce qu’il est possible de tirer de la pensée d’un Dieu.
Mais je devais être chair et non seulement esprit. Chair pour sauver la chair. Chair pour sublimer la chair, en la portant au Ciel beaucoup de siècles avant l’heure. Parce que la chair habitée par l’Esprit est le chef-d’œuvre de Dieu et que c’est pour elle qu’avait été créé le Ciel.
Pour être chair, j’avais besoin d’une mère. Pour être Dieu, j’avais besoin d’un père qui fut Dieu. Voilà pourquoi Dieu créa l’Épouse et lui dit: “Viens avec Moi. À mes côtés, vois tout ce que Je fais pour notre Fils. Regarde et réjouis-toi, éternelle vierge, Enfant éternelle, et que ton sourire emplisse ce Ciel et donne aux anges la note initiale et qu’il enseigne au Paradis l’harmonie céleste. Je te regarde et Je te vois telle que tu seras, ô Femme immaculée qui maintenant n’es qu’esprit: l’esprit en qui Je me complais. Je te regarde et donne l’azur de ton regard à la mer et au firmament, la couleur de tes cheveux au grain saint, ta blancheur au lys et ton rose à la rose, semblable à ton épiderme soyeux, les perles sont tes dents minuscules. Je fais les douces fraises en regardant ta bouche, Je mets au gosier des rossignols les notes de ton chant et à la tourterelle ta plainte.
En lisant tes futures pensées, en écoutant les battements de ton cœur, Je possède le modèle et le guide de la création. Viens, ma Joie, pour toi les mondes sont comme des amusements jusqu’à ce que tu seras dans ma pensée la lumière dansante, voilà les mondes pour ton sourire, pour toi les guirlandes des étoiles et les colliers d’astres, la lune sous tes pieds gentils, fais-toi une écharpe des étoiles de la voie lactée. Elles sont pour toi, les étoiles et les planètes. Viens et réjouis-toi à la vue des fleurs qui amuseront ton Enfant et feront un oreiller au Fils de ton sein. Viens et contemple la création des troupeaux et des agneaux, celle des aigles et des colombes. Sois-Moi toute proche pendant que Je fais les vasques des mers et des fleuves, que Je dresse les montagnes et les couvre de neige et de forêts, pendant que Je sème les blés et plante les arbres et les vignes, et l’olivier pour toi, ma Pacifique, et la vigne pour toi, mon Sarment qui portera le Grappe eucharistique. Accours, vole, jubile, Ô ma Belle, et l’univers, qui se crée d’heure en heure, prépare-le à m’aimer, Amoureuse, et qu’il devienne plus beau par ton sourire, Mère de mon Fils, Reine de mon Paradis, Amour de ton Dieu”.
Et encore, en voyant l’Erreur et en admirant la Sans-Erreur: “Viens vers Moi, toi qui effaces l’amertume de la désobéissance humaine, de la fornication humaine avec Satan, et de l’humaine ingratitude. Je prendrai avec toi ma revanche sur Satan”.
5.13 – Dieu, le Père Créateur, avait créé l’homme et la femme avec une loi d’amour si parfaite que vous ne pouvez plus en aucune façon en comprendre la perfection. Et vous vous égarez en pensant comment aurait été l’espèce humaine si l’homme ne l’eût pas soumise aux directives de Satan.
Considérez les plantes dans leurs fruits et leurs graines. Obtiennent-elles semences et fruits par suite de fornication et par l’effet d’une fécondation entre cent unions? Non. De la fleur mâle sort le pollen. Dirigé par un ensemble de lois météoriques et magnétiques, il va vers l’ovaire de la fleur femelle. Celle-ci s’ouvre, le reçoit et produit. Elle ne se souille pas le refusant ensuite, comme vous faites, pour éprouver le lendemain la même sensation. Elle produit. Jusqu’à la nouvelle saison elle ne fleurit pas, et quand elle fleurit c’est en vue de la reproduction.
Considérez les animaux, tous les animaux. Avez-vous jamais vu un mâle et une femelle aller l’un vers l’autre pour un stérile embrassement et une relation impure? Non. De près ou de loin, en volant ou en rampant, en sautant ou en courant, ils accomplissent le rite de la fécondation sans s’y soustraire en s’arrêtant à la jouissance, mais ils vont jusqu’aux conséquences sérieuses et saintes de la perpétuation de la race, l’unique but. L’homme, demi-dieu par son origine divine d’une grâce que je lui ai donnée entière, devrait accepter uniquement dans le même but l’acte animal qui s’impose, depuis que vous êtes descendus d’un degré dans l’ordre de l’animalité.
Vous n’agissez pas comme les plantes et les animaux. Vous avez eu comme maître Satan, vous l’avez voulu comme maître et le voulez encore. Et les actes que vous faites sont dignes du maître que vous avez voulu. Mais si vous aviez été fidèles à Dieu, vous auriez eu la joie d’avoir des enfants saintement, sans douleur, sans vous livrer à des unions obscènes, indignes, qu’ignorent les animaux eux-mêmes, les animaux sans âme raisonnable et spirituelle.
À l’homme et à la femme pervertis par Satan, Dieu a voulu opposer l’Homme né d’une Femme super sublimée par Dieu, au point d’engendrer sans avoir connu l’homme: Fleur qui engendre Fleur sans besoin de fécondation matérielle, mais qui devient Mère par l’effet d’un seul baiser du Soleil sur le calice inviolé du Lys-Marie.
5.14 – La revanche de Dieu!
Siffle, ô Satan, ta haine pendant qu’Elle naît. Cette petite fille t’a vaincu! Avant que tu fusses le rebelle, le tortueux, le corrupteur, tu as déjà été le vaincu et Elle ta victorieuse. Mille armées rangées en bataille ne peuvent rien contre ta puissance. Les armes tombent des mains des hommes contre tes écailles, ô perpétuel corrupteur, et il n’est pas de vent assez fort pour dissiper la puanteur de ton haleine. Et pourtant, ce talon d’enfant, si rose comme l’intérieur d’un camélia rosé, si lisse et délicat que la soie paraît rugueuse en comparaison, qui est si petit qu’il pourrait entrer dans le calice d’une tulipe et se faire de ce satin végétal une chaussure, voilà qu’il t’écrase sans peur et te renferme en ton antre; Voilà que son seul vagissement te met en fuite, toi qui ne redoutes pas les armées, et que son souffle purifie le monde de ta puanteur. Tu es vaincu. Son nom, son regard, sa pureté sont: lance, foudre et pierre que te transpercent, te clouent par terre, te renferment dans ta tanière infernale, ô Maudit, qui as enlevé à Dieu la joie d’être Père de tous les hommes créés!
C’est inutilement désormais que tu les as corrompus, ceux qui avaient été créés dans l’état d’innocence, en les portant à s’unir et à concevoir au travers de détours luxurieux, privant Dieu, dans sa créature aimée, de leur accorder des enfants selon des règles qui, si elles avaient été respectées, auraient maintenu sur la terre un équilibre entre les sexes et les races, capable d’empêcher les guerres entre les peuples et les malheurs dans les familles.
En obéissant, ils auraient pourtant connu l’amour et ils l’auraient eu*.* Une possession pleine et tranquille de cette émanation de Dieu, qui du surnaturel descend au naturel pour que la chair aussi en éprouve une joie sainte, elle qui est unie à l’esprit et créée par le Même qui a créé l’esprit.
Maintenant votre amour, ô hommes, vos amours, que sont-ils? Ils sont ou luxure qui prend les apparences de l’amour, ou peur inguérissable de perdre l’amour du conjoint à cause de sa luxure et des autres. Vous n’êtes jamais plus certains de posséder le cœur de l’époux ou de l’épouse depuis que la luxure a envahi le monde. Et vous tremblez et pleurez et devenez fous de jalousie, assassins parfois, pour venger une trahison, et désespérés en d’autres cas, frappés d’aboulie ou de démence.
Voilà ce que tu as fait, Satan, aux fils de Dieu. Ceux que tu as corrompus auraient connu la joie d’avoir des enfants sans douleur, la joie de venir au jour et de mourir sans crainte. Mais, maintenant, tu es vaincu en une Femme et par la Femme.
À partir de cette heure, qui l’aimera retournera à être de Dieu, surmontant. tes tentations pour pouvoir conserver sa pureté immaculée. Désormais, ne pouvant être mère sans douleur, les femmes auront son réconfort. Désormais Elle sera pour les époux un guide et pour les mourants une mère, grâce à laquelle il sera doux de mourir sur ce sein qui les défendra contre toi, Maudit, et contre le jugement de Dieu.
Marie (Valtorta), petite voix (de Dieu), tu as vu la naissance du Fils de la Vierge et la naissance au Ciel de sa Mère. Tu as donc vu qu’en dehors de la faute, la peine de mettre au monde et celle de mourir est inconnue. Mais si à la super-innocente Mère de Dieu a été réservée la perfection des dons célestes, à tous ceux qui, descendant des premiers parents, seraient restés innocents et fils de Dieu, il aurait été donné d’engendrer sans douleur - comme il se devait, pour avoir su s’unir et concevoir sans luxure - et de mourir sans angoisse!
La sublime revanche de Dieu sur la vengeance de Satan a été de porter la perfection de la créature aimée à une super-perfection qui, au moins dans une créature, a neutralisé tout souvenir d’humanité, susceptible de donner accès au poison de Satan. C’est ainsi que, non pas à la suite d’une chaste union humaine, mais par un divin embrassement qui transfigure l’esprit dans l’extase du Feu, est venu au monde le Fils.
5.15 – La Virginité de la Vierge!…
Viens. Médite les profondeurs de cette virginité dont la contemplation donne le vertige de l’abîme! Qu’est-ce que la pauvre virginité forcée de la femme qu’aucun homme n’a épousée? Moins que rien. Qu’est-ce que la virginité de celle qui veut être vierge pour être à Dieu mais ne sait l’être que dans son corps, pas dans son esprit en qui elle laisse pénétrer tant de pensées étrangères, et caresse et accepte la caresse de pensées humaines?
Cela commence à être une larve de virginité, mais c’est bien peu de chose encore. Qu’est-ce que la virginité d’une claustrée qui ne vit que de Dieu? Beaucoup. Mais ce n’est toujours pas une virginité parfaite à l’égard de celle de ma Mère.
Une connivence inconsciente existe toujours, même chez le plus saint: celle-là originelle de l’esprit avec le péché. C’est celle dont le Baptême affranchit. Il en affranchit, mais de même qu’une femme séparée de son époux par la mort ne retrouve pas une virginité totale, ainsi le Baptême ne rend pas cette virginité totale qui était celle de nos premiers parents avant la faute. Une cicatrice persiste, douloureuse, qui ne s’oublie pas et se trouve toujours en situation de ramener une plaie, comme certaines maladies dont périodiquement les virus redeviennent actifs.
Chez la Vierge, il n’y a pas trace de connivence avec la faute. Son âme se manifeste belle et intacte comme quand le Père la pensa, réunissant en Elle toutes les grâces. C’est la Vierge, c’est l’Unique, c’est la Parfaite, c’est la Complète. Telle que pensée, telle qu’engendrée, Elle demeure: Telle Elle est couronnée et demeure éternellement. C’est la Vierge. C’est l’abîme de l’intangibilité, de la pureté, de la grâce, qui se perd dans l’Abîme d’ou Elle est jaillie, en Dieu, Intangibilité, Pureté, Grâce absolues au superlatif.
Voici la revanche du Dieu Trine et Un. À l’encontre de toutes les créatures profanées Il dresse cette Étoile de perfection. Contre la curiosité malsaine, cette Réservée qui se satisfait du seul amour de Dieu. Contre la science du mal, cette sublime Ignorante.
En Elle, non seulement ignorance d’un amour avili, non seulement ignorance de l’amour que Dieu avait accordé au couple humain, mais davantage encore. En Elle c’est l’ignorance d’une fièvre pernicieuse, héritage du péché. En Elle il n’y a que la sagesse à la fois gelée et incandescente de l’amour divin. Feu qui glace la chair pour en faire un miroir parfait à l’autel où Dieu épouse une Vierge et ne s’avilit pas, parce que sa perfection enveloppe Celle qui est, ainsi qu’il convient à une épouse, d’un degré seulement inférieure à l’Époux, soumise à Lui en tant que Femme, mais comme Lui sans tache.”