Je lis le message que, dans sa grande bonté, le Maître a bien voulu m’envoyer. Je suis ému et heureux d’un tel bienfait venu calmer la douleur que j’ai ressentie ces jours derniers en apprenant que toute mon affaire était anéantie, que tous mes biens terrestres étaient détruits et volés, et que je me voyais dans la misère après tant d’années de dur labeur pour parvenir à quelque bien-être. Mais un bien plus grand s’oppose aux biens terrestres: celui d’être pardonné par le Maître. Quant à ce que le Maître révèle dans son message, c’est la pure vérité. J’avais contacté un ami qui s’imaginait, en toute bonne foi, être un “porte-parole du Maître”. Un autre de mes amis — et dans son cas, je l’avais compris moi aussi — était complètement possédé par la Bête, car il soutenait et croyait fermement pouvoir, un jour très proche, devenir “un agent de Jésus sur la terre”. À plusieurs reprises, j’avais exprimé à Marie mon grand désir de connaître la vérité sur le présumé “porte-parole” de Reggio Calabria, et je n’espérais pas recevoir une telle bonté du Maître, qui m’a éclairé sur ma bonne foi et m’a montré clairement que je marchais sur une mauvaise voie. Gloire à lui, grâces lui soient rendues, et que son Nom soit béni à jamais. Signé: “Giuseppe Belfanti”.

Hymne à l’amour et à la souffrance..

Vendredi-saint 1934.

Il est l’Homme des douleurs, le Bien-aimé de mon cœur. Pour ressembler à Dieu, il me faut souffrir moi aussi.

Venez donc à moi, chères épines, doux clous! Prenez-vous-en à moi, prenez-vous-en à moi, parce que l’épouse veut se parer des joyaux de son Roi.

Vois comme son regard s’affaiblit, comme sa bouche est desséchée tandis qu’il prie sur la croix pour l’humanité mauvaise.

Mon cœur, entends-tu la “Voix” murmurer des mots d’amour au milieu des sanglots?

Comme sa douleur est grande! Il meurt pour nous et pardonne, il nous promet le paradis; inclinant son doux visage, il dit: “J’ai soif!”, et il attend notre pitié.

“Que puis-je offrir à tes lèvres bénies, à ton cœur souffrant, pour apaiser ton agonie finale? Par quel baume soulager ta poitrine, ô Rédempteur?

— Par ton affection fidèle et ta souffrance généreuse.”

Ah! Venez à moi, venez, douces épines et chers clous! Encerclez-moi, prenez-en-vous à moi, clouez-moi sur le bois dur! Que la tête de mon Roi repose sur ma poitrine et sur mon cœur! Je veux, par mon affection et mon amour, essuyer ses larmes, calmer sa fièvre, soulager son agonie.

Bénie soit la souffrance qui me fait te ressembler!

Bénie soit ta croix qui m’élève au ciel!

Béni soit l’amour qui donne des ailes à ma douleur!

Béni soit le jour où ton regard m’a fascinée, bienheureux soit l’instant où tu m’as consacrée à toi, mais séraphiques sont les tourments qui m’unissent, ô mon Rédempteur; à la croix, à la souffrance, pour ta gloire, ô Dieu!

Ah, venez à moi, douces épines, chers clous! Ornez-moi, sculptez en moi l’aspect de mon Roi!

Viens, viens, dur bois de la croix couleur de pourpre, c’est toi seul que je désire chercher ici-bas pour me soutenir!

Le Rédempteur m’attend au ciel, dans la splendeur, non plus languissant et gémissant mais resplendissant pour l’éternité.

Vers lui je m’envolerai un jour, parée de la croix, la tête ceinte de ses épines, consumée par l’amour de lui.

Et parmi les anges en louange et les splendeurs séraphiques, il transformera tourments et souffrances en autant de joyaux.

Bénie soit la souffrance, bénie soit la croix, béni soit l’amour qui se réalisera pleinement au ciel!