Je continuais mes actes dans le divin Vouloir et je sentais une force puissante qui me submergeait, m’unifiait et m’identifiait aux œuvres divines. Je pourrais dire que mon être était si diminué que je me sentais perdue dans la mer immense qui débordait en dedans et en dehors de moi. Ses vagues éternelles me soulevaient et me submergeaient et je ressentais plus la vie divine que la mienne.
Et mon toujours aimable Jésus, celui qui vous renverse puis vous relève, vous donne la mort et en même temps vous fait renaître à une vie nouvelle, visitant sa petite fille, me dit :
Ma bienheureuse fille, notre amour est exubérant et plus nous donnons plus nous voulons donner aux créatures. Notre amour, en donnant, déborde de partout et veut noyer les créatures d’amour, de sainteté, de beauté, de lumière et de bonté. Plus nous donnons et plus notre passion de les aimer et d’être aimés augmente.
Tu dois savoir que notre Être suprême possède par nature la puissance créatrice, la vertu rédemptrice et la vie qui revivifie et sanctifie toute chose.
Or, dans la Création, nous avons agi seuls, sans la créature. Mais après l’avoir créée, notre amour pour elle était si grand que nous voulions continuer à développer la créature avec la nature.
Et si nous conservons la Création, c’est comme si nous étions toujours dans l’acte de créer. Cette force créatrice unifie et investit les âmes, et continue la Création à l’intérieur de chacune d’elles. Et qu’est-ce que nous créons ?
Des cieux nouveaux d’Amour, des soleils nouveaux de Connaissances, des mers nouvelles de Grâces, un air nouveau de Sainteté, des vents frais nouveaux qui embaument la créature, une Vie nouvelle toujours croissante dans notre Divine Volonté, de magnifiques fleurs nouvelles, des désirs saints. Bref, l’écho de toute chose dans la création.
Notre vertu créatrice se répercute dans les âmes. Avec une sagesse et une bonté qui n’appartient qu’à nous, nous créons toujours sans jamais nous arrêter. Si la Création devait cesser, ce qui ne se peut, nous devrions restreindre notre nature créatrice.
Mais avec tout cela, nos divines Grandeurs s’abaissent, nous descendons dans les profondeurs des créatures et nous y développons avec elles notre vertu créatrice.
Nous ne voulons pas agir seules La solitude arracherait nos bras et limiterait notre puissance et notre vertu créatrices. Afin de pouvoir aimer plus, nous avons formé en nous-mêmes une loi d’amour et nous avons créé en nous le besoin d’aimer. L’amour est ainsi en nous une nécessité Mais une nécessité voulue qui n’est imposée par personne.
Et c’est ce besoin d’Amour qui nous fait faire tant de choses inouïes Il nous fait nous livrer à des excès et à des folies envers les créatures.
Il aurait été absurde et contraire à un Être parfait, ce que nous sommes, de créer des choses et des êtres vivants sans les aimer. Nous commençons par les aimer, et nous laissons ensuite aller les choses avec notre amour comme acte premier. Nous les mettons au jour comme une naissance, un épanchement et un triomphe de notre amour. Si ce n’était pas le cas, la Création aurait été un poids insupportable et non un objet de gloire et d’honneur. Les choses que l’on n’aime pas s’en vont.
Mais nous aimons tant les créatures que nous nous enfermons en elles comme prisonniers volontaires afin de former en elles notre vie divine et de les remplir de nous-mêmes dans la mesure où elles peuvent nous contenir.
Et pour aimer encore plus les créatures et être aimés par elles, nous voulons que la créature connaisse notre amour et que nous voulons sa compagnie afin de voir et de toucher ce que nous opérons et comment nous voulons notre vie divine dans son âme.
Notre amour n’a pas de repos et selon
- la disposition,
- la coopération et
- les besoins de la créature, nous développons tantôt
- notre puissance créatrice,
- tantôt notre force rédemptrice, et
- tantôt notre force sanctifiante.
Mais toujours de concert avec la créature, jamais seuls. **Nous voulons utiliser la vertu créatrice, mais nous voulons que la créature le sache et la reçoive.
**Nous voulons utiliser la vertu rédemptrice si le péché la tyrannise, mais nous voulons
- que la créature ressente le bien que nous voulons donner et
- qu’elle le reçoive avec amour et gratitude.
**Nous voulons utiliser la vertu sanctifiante, mais nous voulons qu’elle se prête
- à recevoir la transformation de nos actes saints dans ses propres actes
- pour recevoir notre vertu sanctifiante.
Si l’âme ne reste pas avec nous et n’unit pas sa petite activité intense à notre grand œuvre, ce serait pour nous comme un développement de notre intense activité d’amour sur des choses inanimées qui ne ressentent rien et ne savent rien du grand bien qu’elles sont en train de recevoir.
Et pour elles, ce serait un Dieu distant qu’elles ne connaissent pas et n’aiment pas. Tu dois savoir que notre amour est si grand que toutes les créatures se trouvent et nagent dans cette mer immense de notre amour.
Et si nous ne sommes pas satisfaits d’une telle immensité d’amour, notre Être suprême agit comme un pêcheur et cherche à pêcher quelques gouttes d’amour des créatures : les petits actes, les petits sacrifices et les petites souffrances endurés par amour pour nous, ou un « je t’aime « qui vient du fond du cœur.
Nous allons à la pêche de tout ce qui vient de notre mer pour avoir la satisfaction, le bonheur et l’échange de l’amour de la créature. Nous soupirons tant après lui que nous en faisons notre activité quotidienne, et nous préparons un plantureux festin pour notre céleste table.
L’amour vrai a la vertu de transformer les choses. Il donne le doux enchantement à nos divins élèves et rend beaux, gracieux et agréables les petits actes d’amour des créatures. De telle sorte que la créature nous captive, nous blesse et nous rend heureux Nous permettons d’être captivés par la plus désirée des conquêtes.
Par conséquent, si tu veux nous rendre heureux et être porteuse de joies et de bonheurs pour ton Dieu, alors, aime, aime toujours, et ne cesse jamais de nous aimer.
Et pour être plus en sécurité, enferme-toi dans le divin Fiat. Il ne permettra à rien
- de ce qui est amour pour ton Créateur de s’éloigner de toi.