Mon abandon dans le Fiat continu. Aujourd’hui c’est Noël et j’ai passé la nuit sans voir le céleste Enfant. J’avais le cœur brisé d’être sans Celui qui forme ma vie et mon tout.
Oh ! vivre sans Lui, c’est comme vivre sans être en vie, torturée, sans force et sans soutien. C’est la plus terrible des morts pour ma pauvre âme Dans l’anxiété et la peur, je priais l’Être suprême de dévoiler Celui qui m’aimait tant et qui formait mon dur martyre.
Oh ! à cet instant, une immense lumière qui remplissait le ciel et la terre ravit mon esprit. Quelle merveille ! Je vis le divin Enfant renaître en chaque chose créée et en chaque cœur.
L’Enfant Jésus était partout multiplié, dédoublé, né de nouveau d’une manière infinie, en chaque chose et en tous. Par conséquent, chaque chose et chacun avait le bien de sentir naître le céleste Enfant.
Oh ! qu’il était beau de le voir si petit : petit
- dans le soleil,
- dans les étoiles,
- dans tous les éléments,
- dans toutes les créatures.
Tous et toutes choses chantaient ses louanges et avaient
- le grand honneur,
- le bien immense de sa naissance et possédaient la douce sécurité d’avoir chacun pour soi l’Enfant Jésus.
Ainsi, dans l’émerveillement et la stupeur, je voyais que Jésus était né même en moi. J’ai voulu en soupirant et avec ardeur le serrer entre mes bras et il m’a permis de le faire. Il en était même heureux et avec tendresse, Il me dit :
Ma fille, « aime-moi, aime-moi. Je suis né pour aimer et être aimé. » Afin d’agir en Dieu, ma naissance devait être universelle.
Je n’aurais pas agi en Dieu si je n’étais pas né de façon universelle pour que chacun puisse dire : « le céleste Enfant est né pour moi. Il est mien, et cela est si vrai que je le possède déjà. »
- Mon amour aurait été empêché si je n’avais pas pu naître en tous.
- Ma puissance serait limitée. Mon immensité serait estreinte si ma renaissance n’était pas universelle. Il ne faut pas s’en étonner.
Tout comme ma Divinité remplissait le ciel et la terre,
- en s’incorporant dans ma petite Humanité, ma Divinité était multipliée et se dédoublait de telle sorte
- qu’elle renaissait en toute chose et en tout être.
Ce sont les manières divines et infinies que nous avons afin que chacun puisse
- prendre le bien que nous faisons et
- être comblé de nos œuvres.
Et plus encore, étant venu du ciel sur la terre, je voulais prendre chair afin de
- glorifier parfaitement le Père céleste et
- compenser pour ce que chaque homme n’avait pas fait.
C’est pourquoi ma petite Humanité voulait renaître en chaque chose créée : parce que l’homme ne nous avait pas donné
- la gloire,
- l’échange d’amour pour avoir créé le ciel, le soleil, et tant d’autres choses.
Et mon Humanité étant née de nouveau en elles, glorifiait complètement mon céleste Père pour toute l’œuvre de la Création.
L’homme, en rejetant ma Divine Volonté, était devenu impuissant en tout. Je venais afin d’être son Sauveur,
- pour réparer, défendre et le glorifier.
Je l’ai recouvert du vêtement de mon Humanité pour le mettre en sécurité Et J’ai répondu de lui pour tous devant mon Père céleste.
Mon amour était tel que ma Divinité, pour donner libre cours à mon amour, m’a amené à naître en chaque cœur et en chaque chose.
Cela est si vrai que les premières choses venues
- pour me reconnaître et
- pour chanter mes louanges furent les choses créées.
Parce que,
- sentant en elles ma naissance,
- elles étaient en fête et
- elles se réjouissaient.
Mais sais-tu dans quels cœurs il y a fête lorsque je nais ? Dans ceux qui
- possèdent ma Divine Volonté et
- reconnaissent immédiatement que je suis né dans leur cœur. Il y a en eux une fête éternelle pour moi. Les autres, par contre,
- me font pleurer,
- me font souffrir En péchant, ils préparent le couteau pour me blesser et me tuer.
Je demeurais ensuite totalement immergée dans son amour. En vertu de la scène émouvante du céleste Enfant naissant de manière si universelle et en chacun, je pouvais comprendre beaucoup de choses. I l est préférable de les parcourir en silence parce que, ne sachant pas comment les expliquer, je pourrais dire des bêtises. Afin de fêter le céleste Enfant, je m’abandonnais totalement dans la Divine Volonté. Il revint à nouveau. Il était si gracieux, d’une beauté si rare, et personne ne peut être comme lui. Il s’est enfermé dans mon cœur comme lieu de sa naissance. Il était tout amour et il répétait en moi ses pleurs infantiles, ses gémissements et ses sanglots d’amour.
Comme il était émouvant de Le voir tantôt pleurer, tantôt sangloter et tantôt gémir. Avec l’armée de ses larmes, avec les stratagèmes de ses sanglots et les prières de ses gémissements, sa renaissance se faisait en tous et en toute chose.
De cette manière, il était le kidnappeur qui, avec la force d’un Dieu qu’il possédait, fascinait les cœurs et y pénétrait pour former en eux sa nouvelle naissance.
Oh ! cieux, inclinez-vous avec moi, aimez et adorez le céleste Enfant.
Mais mon esprit était perdu dans ce grand mystère lorsque mon doux Enfant, entre ses larmes et ses sanglots entrecoupés d’un céleste sourire, ajouta : Ma bienheureuse fille, étant Dieu, il ne pouvait pas en être autrement.
Ma naissance était non seulement universelle, mais je me trouvais aussi dans la même condition que le soleil.
Qu’on le veuille ou non, chaque chose créée et chaque créature reçoit du soleil la lumière et la chaleur de son impérieuse lumière.
Avec la même suprématie que je possède sur tout et sur tous, le soleil semble dire dans son langage muet, qui est plus fort que s’il parlait :
« Où vous me recevez avec amour où je vous investirai du droit que je possède de vous donner la lumière. Et si vous ne voulez pas me recevoir, je vous encerclerai de telle sorte que vous ne pourrez pas fuir ma lumière. Et j’aurai la grande gloire d’avoir donné à tous la lumière. »
Le soleil est le symbole de ma naissance. Lui aussi renaît chaque jour pour toute chose et pour tous.
Je ne renais pas seulement de façon universelle, mais lorsque je renais, j’envahis. Lorsque je renais dans le cœur, j’envahis
- l’esprit avec mes pensées,
- les yeux avec mes larmes, l
- la voix avec mes gémissements.
De cette façon, je fais une invasion universelle de toutes les créatures. Je les prends de tous côtés jusqu’à ce qu’elles ne puissent plus fuir.
*Si elles me reçoivent avec amour,
- non seulement ma vie naît en elles,
- mais elle grandit de façon surprenante.
*Si elles ne me reçoivent pas avec amour,
- je renais en elles avec les droits d’un Dieu que je possède,
- mais je ne grandis pas. Je reste petit, et je suis comme en réserve en attendant que mes gémissements et mes pleurs les induisent peut-être à m’aimer. Et si je ne réussis pas, ma vie se transforme alors pour eux en justice. oh ! combien mon petit cœur est torturé de voir ma naissance, qui est tout
amour, changée en justice pour les pauvres créatures.
Par conséquent, puisque je suis né en toi, permets-moi de grandir afin que mes gémissements et mes pleurs se transforment en joie.