Je suis toujours la proie du divin Fiat. Ma petitesse ne se lasse pas de tourner en elle avec le ferme espoir d’être consumée dans sa lumière et le désir de pénétrer toujours plus avant dans sa connaissance pour y goûter de nouvelles saveurs.

Car chaque connaissance additionnelle est une nouvelle saveur que l’on reçoit et qui stimule l’appétit pour y goûter davantage. L’on ressent parfois une faim insatiable, jamais satisfaite. Et on veut rester la bouche ouverte pour recevoir ce céleste aliment.

Tant de choses fourmillaient dans mon esprit à propos de la Divine Volonté. Si je voulais tout écrire, je ne sais où l’on trouverait le papier

Je me limite par conséquent à ce que je peux écrire. Quelques doutes se répandaient dans mon esprit. Alors mon céleste maître Jésus visita sa petite nouveau-née et Il me dit :

Bienheureuse fille, un acte prend plus de valeur lorsque le bien qu’il contient est connu. Par plus de connaissance, la créature acquiert davantage parce qu’elle accomplit cet acte sur la base de la valeur qui est connue. Et notre bonté paternelle ne sait tromper ni se moquer de personne.

Si nous faisons connaître la valeur d’un acte,

  • c’est parce que nous voulons donner la valeur que nous manifestons Le signe certain que nous voulons la donner est
  • la connaissance de la valeur de cet acte.

Nous faisons comme le roi qui prend du papier sans valeur et inscrit sur l’un la valeur cent, sur un autre mille, et sur un autre encore la valeur un million. Le papier a la même qualité, la même forme, mais selon le nombre qu’il porte, c’est cela qu’il vaut. Par conséquent, qu’est-ce qui confère la valeur au papier ? Le nombre et l’image du roi qu’il utilise comme monnaie pour son royaume.

Nous faisons la même chose. Le papier est l’acte de la créature, la connaissance est notre image divine, et la valeur est le nombre que nous inscrivons dessus.

Qu’y a-t-il d’étonnant alors si nous disons qu’un acte de notre Volonté surpasse en valeur tous les actes réunis de toutes les créatures accomplis en dehors de notre Volonté ? C’est

  • notre image qui est imprimée sur le papier de l’acte humain,
  • la valeur de la Connaissance inscrit dessus le nombre. Ne sommes-nous pas les propriétaires qui placent la valeur que nous voulons sur le papier de la volonté humaine ?

Si le propriétaire est le roi qui inscrit la valeur qu’il veut sur ce vil papier, à plus forte raison le faisons-nous pour former la monnaie qui doit circuler dans notre céleste Patrie.

De plus, notre Volonté était un don gratuit que nous avons fait à l’homme. Il ne nous a rien payé pour l’obtenir Il n’avait d’ailleurs ni l’argent ni les moyens suffisants pour nous payer, en dehors du très vil papier de la volonté humaine que, pour son malheur, il ne voulait même pas nous prêter pour pouvoir conserver notre grand don. Et nous étions pourtant son Père très tendre et très aimant.

Et entre le Père et les fils, on ne tient pas de comptes parce qu’il est connu que le Père doit donner aux enfants, et, qu’avec justice, ils ont l’obligation d’aimer et d’estimer ce que leur Père leur donne.

Telle est la raison pour le besoin de la connaissance de la Divine Volonté ; et nous le faisons peu à peu afin que la créature apprécie ce grand don que nous voulons gratuitement lui faire. La connaissance va engendrer l’appétit, le désir de mieux connaître notre Volonté, et la volonté humaine va peu à peu se disposer à subir la transformation et l’unification de la Divine Volonté.

Et nous, sans nous préoccuper de savoir si la créature peut ou non nous payer, nous mettrons-là notre image et l’incalculable valeur divine. Et nous serons heureux de voir nos enfants riches et heureux de notre richesse et de notre bonheur divins.

Et mon doux Jésus ajouta : Ma fille, tu dois savoir que lorsque la créature agit dans notre Volonté, son acte subit la divine fécondité dans laquelle la semence divine est formée dans chacun de ses actes et qui, circulant dans l’âme, forme la divine semence dans sa pensée, sa parole, et en toute chose. De telle sorte que dans son petit acte peut se voir le doux enchantement de son Créateur, heureux de donner vie à l’acte de la créature par son aimante présence.

Oh ! si tous pouvaient voir la douce surprise, le prodige inouï : l’Être suprême inclus dans la brève ronde de l’acte humain. Ils en seraient si stupéfaits que le grand prodige de l’univers ne leur semblerait rien comparé à cela.