Mon abandon dans le Vouloir divin continue. Oh ! avec quelle tendresse Il m’attend dans son sein maternel pour me dire :
« Fille de mon Vouloir, ne Me laisse pas seul. Ta Maman te veut avec Elle. Je veux ta compagnie dans l’incessant travail que Je fais pour toutes les créatures. Je fais tout pour elles, Je ne les quitte pas un seul instant sinon elles perdraient leur vie. Et pourtant, il n’y en a pas une qui Me reconnaisse. Au contraire, elles M’offensent alors que Je fais tout pour elles.
Oh ! que la solitude est pénible ! C’est pourquoi Je soupire après toi, ma fille. Oh ! combien ta compagnie M’est chère dans mes Actes ! La compagnie rend doux le travail Elle en enlève le poids et elle est porteuse de joies nouvelles. »
Mon esprit était perdu dans la Volonté Divine. Alors mon aimable Jésus me faisait sa petite visite et Il me dit :
« Ma fille, ma Volonté est infatigable. Voulant maintenir la vie, l’ordre et l’équilibre de toutes les générations et de l’univers entier, Elle ne peut et ne veut cesser son travail. Chacun de ses mouvements est une naissance liée par des liens inséparables. L’air donne une image de ma Volonté : personne ne le voit, mais il donne naissance au souffle des créatures et il est inséparable de la respiration humaine.
Oh ! si l’air cessait de se laisser respirer, la vie de toutes les créatures s’arrêterait d’un seul coup.
Ma Volonté est plus que l’air qui n’est que le symbole
- de ce qui produit la vie de la respiration,
- de la vertu vitale de mon Vouloir divin. Ma Volonté est en Elle-même la Vie et la Vie incréée.
Dieu maintient établis tous les actes des créatures, et leur nombre. La promesse de ces actes, parce qu’ils sont établis par Dieu, est prise par ma Volonté Divine : elle les ordonne et introduit en eux sa Vie Mais qui permet l’accomplissement de ces Actes établis par l’Être suprême ?
La créature
- qui coopère et se laisse dominer par la Volonté Divine et
- qui avec sa coopération et son règne sent le lien et l’inséparabilité avec Elle, et sent couler sa Vie divine dans ses actes.
Mais si la créature ne coopère pas, elle perd le Règne de ma Volonté Divine Au lieu de faire ma Volonté elle fait la sienne Chaque acte de la volonté humaine forme un vide pour le Divin dans l’âme. Ces vides défigurent la pauvre créature. Elle a été faite pour Dieu, et Lui seul peut combler ces vides. Car tous les actes établis devraient être remplis de l’Être divin.
Oh ! que ces vides sont horribles. Ils sont comme des voies tordues, des actes sans commencement divin et sans vie. C’est pourquoi rien ne détruit plus la créature que sa volonté.
Ma Volonté est un Acte opérant et incessant
- à l’intérieur et à l’extérieur de la créature. Mais qui reçoit cet Acte opérant ? La créature qui La reconnaît dans tous ses actes,
- celle qui L’aime, qui L’estime et qui L’apprécie.
Étant reconnue, ma Volonté laisse toucher son Acte opérant et incessant La créature sent en elle
- ses Bras, la Puissance de ses mouvements,
- la vertu vivifiante de son Souffle,
- la formation de la Vie dans les battements de son Cœur.
Partout, à l’extérieur comme à l’intérieur, la créature se sent revivifiée, touchée, étreinte, embrassée par ma Volonté.
Lorsque ma Volonté voit que la créature ressent ses étreintes amoureuses, Elle la serre encore plus fort contre son Sein divin et forme ses douces chaînes d’inséparabilité entre Elle et sa créature bien-aimée.
Il lui semble être payée de retour en étant reconnue pour son travail incessant. Avec sa Puissance ma Volonté
- ôte le voile qui La cache à la créature et
- lui fait connaître qui est Celle qui forme la Vie de tous ses actes.
Ainsi, plus tu La reconnaîtras, plus tu sentiras combien Elle t’aime Tu l’aimeras plus encore toi aussi.
Tu dois aussi savoir que l’âme sans ma Volonté Divine
- est comme une fleur cueillie à la plante. Pauvre fleur ! Ils lui ont enlevé la vie. Car elle n’est plus rattachée à la racine. Et elle cesse de recevoir les humeurs vitales qui circulaient comme son sang et la maintenaient vivante, fraîche, belle et parfumée.
Elle a perdu la racine qui comme une mère
- l’aimait, la nourrissait et
- la tenait serrée contre son sein. Et tandis que la racine reste enterrée et vivante sous la terre pour
- donner la vie à ses enfants les fleurs et
- les rendre belles au point d’attirer l’attention humaine par ses doux enchantements, la fleur qui a été cueillie et détachée de la plante, comme si elle avait perdu sa mère,
- semble devenir mélancolique,
- elle perd sa fraîcheur et finit par se faner.
Telle est l’âme qui vit sans ma Volonté Divine. Elle a été détachée de la Racine divine
- qui l’aimait plus qu’une mère et la nourrissait.
La Volonté Divine vit enterré. Elle vit dans tous ses actes et dans les profondeurs de l’âme de la créature
- pour lui administrer les Humeurs divines Ces humeurs circulent comme le sang dans tous ses actes
- pour la maintenir fraîche, belle et embaumée par ses divines vertus afin de former le plus doux enchantement de la terre et du Ciel.
Mais comme l’âme s’est détachée de ma Volonté Divine, elle perd sa vraie Maman qui
- la gardait sous ses soins maternels,
- la serrait sur son sein, la défendait contre tout et contre tous,
Ces âmes finissent par
- se défigurer et
- perdre tout ce qui est bon,
- à se sentir tristes et mélancoliques parce qu’elles vivent
- sans celle qui les générait,
- sans la vie et sans les caresses de leur Maman.
De sorte que l’on peut dire qu’elles sont :
- de pauvres orphelines abandonnées et sans protection,
- tombées peut-être aux mains des ennemis et
- tyrannisées par leurs passions intérieures.
Oh ! si la racine avait la raison, combien de cris de détresse elle pousserait
- en voyant la vie de sa fleur arrachée, et
- en étant obligée de rester là comme une mère stérile sans la couronne de ses enfants !
Mais si la plante ne pleure pas,
- ma Volonté pleure en voyant tant de ses enfants orphelins.
Ce sont des orphelins volontaires qui éprouvent toutes les souffrances d’être orphelins alors que leur Mère est vivante. Celle-ci ne cesse de se lamenter et de rappeler autour d’elle
- la couronne de ses enfants !