Je suis toujours dans la Mer du Vouloir Suprême. Oh ! combien de belles choses on y trouve. Il y a tous les Actes de Jésus en action, il y a ceux de la Reine souveraine, ceux de notre Père céleste,

  • ceux qu’Il a faits et
  • ceux qu’Il va faire. C’est une mer qui n’est pas divisée, mais « une », interminable. C’est le Tout.

Dans cette mer, il n’y a ni périls ni crainte de naufrage.

Parce que l’heureuse créature qui s’y immerge

  • abandonne ses vieux vêtements et revêt les divins.

Pendant que je me trouvais dans cette mer, mon doux Jésus m’a rendue présente au moment de sa Passion où les apôtres

  • se dispersèrent , fuirent,
  • en Le laissant seul et abandonné entre les mains des ennemis.

Et Jésus, mon très grand bien, me dit : Ma fille,

  • la plus grande tristesse de ma Passion,
  • le clou qui a le plus transpercé mon cœur, fut l’abandon et la dispersion de mes apôtres. Je n’avais pas un seul ami vers qui tourner mon Regard.

En effet, l’abandon, les offenses, l’indifférence des amis dépassent, oh combien !

  • toutes les souffrances et même la mort que peuvent nous infliger des ennemis.

Je savais que mes apôtres devaient Me donner ce clou et que lâchement ils allaient fuir. Je l’acceptais parce que, ma fille,

  • celui qui veut accomplir une œuvre ne doit pas s’arrêter aux souffrances.

Il doit plutôt se faire des amis

  • quand tout va bien,
  • que tout lui sourit,
  • qu’il va semant les triomphes et les prodiges, et communique même une force miraculeuse
  • à celui dont il fait son ami et son disciple.

Tout le monde alors se vante d’être l’ami

  • de celui qui est entouré de gloire et d’honneur. Et chacun espère. Combien d’amis et de disciples veulent alors y prendre part !

Car la gloire, les triomphes et les temps heureux sont de puissants aimants qui attirent les créatures vers le triomphateur. Qui veut être l’ami et le disciple d’un malheureux calomnié, humilié et méprisé ? Personne. Tous vivent alors dans la crainte et ont en horreur de s’approcher de lui. Ils en arrivent même à refuser de reconnaître celui qui était auparavant leur ami,

  • comme saint Pierre l’a fait avec Moi.

C’est pourquoi il est inutile d’espérer avoir des amis lorsque la créature vit le cauchemar

  • des humiliations,
  • des mépris et
  • des calomnies. Il est donc nécessaire de se faire des amis pendant
  • que les cieux vous sourient et
  • que la fortune veut vous placer sur un trône si l’on veut que ce bien, ces œuvres qu’ils souhaitent, puissent
  • prendre vie et
  • se poursuivre dans les autres créatures.

Je Me suis fait des amis alors que Je semais les miracles et les triomphes, jusqu’à ce qu’ils en arrivent à croire

  • que Je devais être leur Roi sur la terre et
  • qu’ayant été mes disciples, ils occuperaient les premières places auprès de Moi.

Et malgré qu’ils M’aient abandonné durant ma Passion, lorsque ma Résurrection a fait éclater mon triomphe,

  • les apôtres se sont rétractés,
  • ils se sont regroupés entre eux et tels des triomphateurs,
  • ils ont suivi ma Doctrine, ma Vie, et ont formé l’Église naissante.

Si Je leur avais reproché de M’avoir abandonné

  • sans faire d’eux mes disciples à l’heure de mes triomphes, Je n’aurais eu personne pour parler de Moi après ma mort et Me faire connaître.

Par conséquent le temps heureux, la gloire sont nécessaires. Il est aussi nécessaire

  • de recevoir les clous qui transpercent et
  • d’avoir la patience de les supporter afin d’avoir le matériau de mes plus grandes Œuvres et qu’elles puissent prendre Vie parmi les créatures.

Les souffrances, les humiliations, les calomnies et le mépris

  • par lesquels tu passes ne sont-ils pas en tout la répétition de ma Vie ?

Je sentais répéter en toi le clou de l’abandon et de la dispersion de mes apôtres

  • en voyant que si peu restaient pour M’aider. Je te voyais abandonnée et seule dans mes bras avec le clou de l’abandon de ceux qui t’avaient soutenue.

Dans ma douleur Je disais : « Monde mauvais, comme tu sais bien répéter les scènes de ma Passion dans mes enfants ! »

Et tu offrais ton amertume

  • pour le triomphe de ma Volonté et
  • pour aider ceux qui devaient La faire connaître.

Par conséquent, courage dans les circonstances douloureuses de la vie. Mais sache que ton Jésus ne t’abandonnera jamais. C’est là une chose que Je suis incapable de faire. Mon Amour n’est pas de nature inconstante. il est ferme et constant et ce que dit ma Bouche sort de la Vie du Cœur.

Les créatures, par contre,

  • ils disent une chose et sentent autre chose dans leur cœur .
  • ils y mêlent aussi bien des objectifs humains, même en se faisant des amis. Et tu les vois ainsi changer selon les circonstances.

D’où la dispersion de ceux

  • qui semblaient vouloir mettre leur vie en jeu durant les temps heureux et
  • qui fuient lâchement quand vient le temps des humiliations et du mépris.

Ce sont là tous les effets de la volonté humaine. Et c’est la vraie prison de la créature,

  • capable de former beaucoup de petites chambres
  • qui n’ont cependant pas de fenêtres parce qu’elle n’a pas l’intention de créer des ouvertures
  • pour recevoir le Bien de la Lumière.

Et les passions,

  • les faiblesses,
  • la peur,
  • les craintes excessives,
  • l’inconstance sont autant de chambres obscures de sa prison dans lesquelles la créature reste enfermée, les unes après les autres.

La peur engendre la crainte. Et la créature s’éloigne alors de Celui qui offre sa Vie par Amour pour elle.

Par contre, l’âme où règne ma Volonté vit dans mon Palais où il y a tant de Lumière que

  • les souffrances,

  • les humiliations et

  • les calomnies ne sont que

  • des escaliers de triomphes et de gloire, et

  • l’accomplissement de grandes Œuvres divines.

Au lieu de s’enfuir et abandonner le pauvre martyr

  • précipité dans la poussière par la perversité humaine, Elle se rapproche de lui en attendant patiemment l’heure du nouveau triomphe.

Oh, si ma Volonté avait régné pleinement dans les apôtres, ils ne se seraient certainement pas enfui au moment où J’avais le plus besoin

  • de leur présence, de leur fidélité, dans mes si nombreuses peines, au milieu d’ennemis qui voulaient Me dévorer.

J’aurais voulu avoir mes amis fidèles autour de Moi. Car il n’y a rien de plus réconfortant que d’avoir un ami auprès de soi quand il y a l’amertume.

Et ayant mes chers apôtres près de Moi,

  • J’aurais vu en eux les fruits de mes Souffrances.

Et, oh, combien de doux souvenirs ils auraient rappelés dans mon Cœur,

  • qui auraient été un baume dans mon amertume immense ! Ma Volonté Divine avec sa Lumière les aurait empêchés de fuir. Et ils se seraient serrés autour de Moi.

Mais comme ils vivaient dans la prison de leur volonté humaine,

  • leur esprit s’obscurcit
  • leur cœur se refroidit,
  • la peur les envahit, et d’un moment à l’autre, ils oublièrent tout le Bien qu’ils avaient reçu de Moi.

Non seulement ils M’abandonnèrent, mais ils se séparèrent les uns-les autres.

Voilà encore une fois les effets du vouloir humain qui

  • ne sait pas maintenir l’union et
  • ne sait que disperser en un seul jour le Bien qui a été fait durant tant d’années et avec tant de sacrifices.

Par conséquent, que ta seule crainte soit de ne pas faire ma Volonté.