J’avais le sentiment d’être dans un cauchemar d’un poids infini. Mon pauvre esprit suffoquait en gémissant sans pouvoir trouver de soulagement à cause de la privation de mon doux Jésus.

Et alors que je me sentais consumée par la terrible souffrance d’être privée de ma Vie et de mon Tout. Cette souffrance même, me rendait intrépide et détruisait en moi la vie de la douleur.

Je me trouvais immergée dans la souffrance et incapable de m’exprimer. C’était cependant une souffrance sans douleur, un chagrin sans peine.

Dans mon amertume, je me disais : « Pourquoi suis-je incapable d’avoir de la peine ? Je sens en moi une souffrance infinie, aussi infinie que Celui qui m’a quittée. Pourtant, lorsque j’essaie de pénétrer dans une souffrance si juste et si sainte,

  • la privation de mon Jésus, je reste sans la vie de la souffrance.

Mon Jésus, aie pitié de moi. Ne me laisse pas dans un si triste état. »

Je pensais à cela lorsque mon aimable Jésus, se manifestait en moi.

Il me dit : Ma fille, l’âme qui vit dans ma Volonté entre dans l’ordre divin. Notre Divinité est incapable de souffrir. Rien, pas même la plus petite chose, ne peut le moins du monde assombrir notre Bonheur perpétuel et infini.

Les créatures peuvent bien Nous offenser tant qu’elles veulent. La souffrance, les offenses restent à l’extérieur de Nous, jamais en Nous.

Si une souffrance pouvait entrer en Nous, elle perdrait immédiatement sa nature de souffrance et elle se transformerait en Joie. Ainsi, la souffrance ne peut pas entrer dans l’âme qui vit dans ma Volonté, D’autant plus que, ressentant en elle

  • la Lumière,
  • la Force,
  • le Bonheur de ma Volonté Divine, elle se sent déjà en possession de ce Jésus dont elle semble être privée. Comment peut-elle souffrir si elle Le possède déjà ?

La souffrance, par conséquent, reste à l’extérieur de l’âme,

  • c’est-à-dire dans la nature humaine.

Si l’âme ressent

  • tout le spasme de ma privation et
  • le poids d’une souffrance infinie, qui est la privation de Moi, elle semble incapable de souffrir. Car elle est investie par le divin Fiat.

Elle éprouve ainsi

  • une souffrance sans souffrance,
  • un chagrin sans chagrin.

Parce que la souffrance et les chagrins ne peuvent pénétrer le sacrarium de ma Volonté. Ils sont forcés de rester à l’extérieur.

L’âme peut les sentir, les voir et les toucher, mais ils n’entrent pas en son centre. Et s’ils le faisaient, ma Volonté perdrait sa nature heureuse en toi, ce qui ne se peut.

Il en va comme du soleil qui est incapable d’obscurité. Toutes les forces humaines réunies ne pourraient faire entrer un atome d’obscurité dans sa lumière.

L’obscurité, cependant, peut s’étendre à l’extérieur de la lumière. Mais le soleil ne perd rien, ni sa chaleur ni ses admirables effets. Il est toujours triomphant dans son état de lumière L’obscurité ne peut pas l’affaiblir ni rien enlever à sa lumière.

Cependant, si le soleil pouvait souffrir, il serait malheureux d’être entouré d’obscurité. Bien qu’elle ne puisse faire du tort à son centre ni à son bonheur. Mais ceci est une Douleur qui surpasse toute autre douleur. Car c’est une Douleur d’Ordre divin.

Combien de fois mon Humanité l’a éprouvée ! Je me sentais écrasé. Toutes les douleurs pesaient sur Moi.

Mais à l’intérieur de Moi, ma Volonté Divine était intouchable par toutes mes Souffrances. Elle possédait des Bonheurs immenses et des Béatitudes sans fin.

On peut dire qu’il y avait en Moi deux natures : l’une était opposée à l’autre :

  • l’une de Bonheurs,
  • l’autre de Douleurs.

Oh ! Ma Nature humaine a ressenti plus vivement les Douleurs que les immenses Joies de ma Nature divine !

C’est la raison pour laquelle tu es incapable de t’exprimer.

Car ce sont des douleurs d’ordre divin. Si auparavant, lorsque Je me cachais de toi, tu avais l’impression que tout devenait souffrance en toi, c’est parce que la Vie de ma Volonté n’était pas en toi dans sa totalité.

Par conséquent, ces vides étaient remplis de souffrances. Tu étais sensible à une douleur qui te rendait non pas imperturbable et en paix comme aujourd’hui, mais agitée et sans cette fermeté que donne le Divin.

Et Je venais immédiatement te soutenir. Car Je ne voyais pas les caractères indélébiles de ma Volonté.

En fait, ce que place ma Volonté n’est jamais effacé. Et Moi, Lui faisant confiance, Je laisse ce travail à mon divin Fiat.