Mon pauvre esprit est toujours la proie du Fiat Suprême. Il me semble que je ne peux penser à rien d’autre, et que rien d’autre ne m’intéresse.
Je sens en moi un courant qui m’arrête
- tantôt à un point,
- tantôt à un autre de la Volonté Divine .
Mais je finis toujours-sans jamais pouvoir tout prendre de sa Lumière Infinie. Parce que j’en suis incapable.
Mon aimable Jésus, se manifesta en moi pour me faire une surprise.
Il me dit : Ma fille, lorsque l’âme pratique une vertu,
- le premier acte qu’elle pratique forme la semence,
- en pratiquant le second, le troisième et ainsi de suite, elle cultive la semence, l’arrose. Et la semence devient une plante qui produit ses fruits.
Si l’âme ne pratique cette vertu qu’une seule fois, ou un petit nombre de fois, la semence n’est ni arrosée ni cultivée et elle meurt. Et l’âme reste sans plante et sans fruits. Car une vertu n’est jamais formée par un acte seul, mais par des actes répétés.
Cela se passe comme sur la terre : Il ne suffit pas de semer la graine en terre. il faut la cultiver souvent et l’arroser si l’on veut avoir la plante et les fruits de cette semence. Sinon la terre durcit et la recouvre sans lui donner la vie.
Celui qui veut acquérir une vertu
- comme celle de patience, d’obéissance, ou autre, doit semer la première semence,
- pour ensuite l’arroser et la cultiver avec d’autres actes. De cette façon, l’âme formera un grand nombre de plantes belles et diverses.
Par contre, ma Volonté n’est pas une semence comme les vertus. Elle est la Vie. A mesure que l’âme commence
- à être résignée,
- à voir ma Volonté en toute chose et
- à vivre en Elle, la petite Vie Divine se forme en elle.
En progressant dans la pratique de la Vie dans ma Volonté, cette Vie divine continue à croître et à s’étendre,
- au point de remplir toute l’âme de cette Vie. De telle sorte qu’il ne reste plus d’elle qu’un voile
- qui La recouvre et La cache en elle-même.
Et il en est de ma Volonté comme de ces vertus : si la créature ne donne pas l’aliment naturel de ses actes à la Vie divine qui est en elle, cette Vie ne grandit pas et ne la remplit pas entièrement.
C’est ce qui arrive à un nouveau-né qui n’est pas nourri après sa naissance et qui meurt. En fait, puisqu’Elle est la Vie, ma Volonté a besoin,
- plus que les vertus qui sont les images des plantes, d’être continuellement nourrie
- pour grandir et
- pour devenir une vie entière, autant que la créature en est capable.
C’est pourquoi il est nécessaire
- que tu vives toujours en elle,
- que tu prennes ses délicieux aliments de ma Volonté Elle-même afin de nourrir en toi sa Vie divine.
Tu vois donc la grande différence entre les vertus et ma Volonté :
- les vertus sont des plantes, des fleurs et des fruits qui embellissent la terre et ravissent les créatures.
- Mon Fiat est le ciel, le soleil, l’air, la chaleur et les battements du cœur, toutes choses qui forment la Vie, et une Vie divine, dans les créatures.
Par conséquent, aime cette Vie et nourris-la continuellement afin qu’elle puisse te remplir entièrement et qu’il ne reste plus rien de toi.
Après quoi je continuais ma ronde dans la Volonté Divine et, en répétant le refrain des « je T’aime ».
Je disais : « Jésus, mon Amour, je veux laisser tout mon être dans ton Fiat afin de pouvoir me trouver dans toutes les choses créées pour les orner de ton « Je t’aime. » » Plus encore, je veux placer mon cœur au centre de la terre. Par ses battements, je veux embrasser tous ses habitants. En suivant tous leurs battements de cœur de mes « je T’aime », je veux Te donner l’amour de chacun d’eux.
Et avec mes battements de cœur répétés au centre de la terre, je veux placer mon « je T’aime » dans toutes les semences que la terre contient en son sein. A mesure que les semences germent et que les plantes, les herbes et les fleurs se forment, je veux placer en elles mes « je T’aime » afin que je puisse les voir enfermés dans mes « je T’aime » pour Jésus. »
Alors que je disais cela, ma pensée interrompit le refrain de mon « je T’aime »
Je me disais : « Quelles bêtises tu es en train de dire. Jésus Lui-même doit être fatigué de t’entendre psalmodier tes « je T’aime », « je T’aime »… »
Jésus, se manifesta très rapidement en moi et regarda partout dans la Création pour voir si en toutes choses, grandes et petites, il y avait la vie de mes « je T’aime ».
Il me dit : Ma fille, quelle merveille, quel enchantement de voir toutes les choses ornées de tes « je T’aime ».
Si les créatures pouvaient voir
- tous les atomes de la terre,
- toutes les plantes, les pierres, les gouttes d’eau ornées de tes « je T’aime », et
- la lumière du soleil,
- l’air qu’elles respirent,
- le ciel qu’elles voient, remplis de tes « je T’aime »,
- et les étoiles qui brillent de tes « je T’aime », quel émerveillement ne naîtrait pas en elles !
Quel doux enchantement dilaterait la pupille de leurs yeux pour te voir psalmodier tes « je T’aime », !
Et elles diraient : « Comment est-il possible que rien ne lui échappe ? Nous nous sentons nous-mêmes ornées de ses « je T’aime » ! »
Et elles iraient partout vérifier
- pour voir si, de fait, rien ne t’a échappé, et
- pour profiter de l’enchantement de tes « je T’aime ».
Or si ce merveilleux enchantement demeure caché aux créatures, il ne l’est pas au Ciel Là les habitants peuvent profiter de l’enchantement et des merveilles de voir la Création tout entière remplie et ornée de tes « je T’aime »,
Ils sentent que leurs « je T’aime » s’harmonisent avec les tiens Ils ne se sentent pas séparés de la terre parce que l’Amour les réunit, formant les mêmes notes et les mêmes harmonies. De plus, tu dois savoir que lorsque furent créées toutes les choses, grandes et petites,
Je ne me suis pas fatigué de les orner pour toi de mes incessants et répétés « Je t’aime ».
Je ne me suis pas lassé de placer mes « Je t’aime ».
Je ne me fatigue pas non plus de les entendre répéter par toi.
Au contraire, Je suis heureux que mon « Je t’aime » ne reste pas isolé et profite de la compagnie du tien. Le tien fait écho au Mien. Ils se fusionnent et vivent une vie commune. L’Amour ne se fatigue jamais. Il est porteur de Joie et de Bonheur pour Moi.
Alors, je ne sais pas comment, mais une pensée m’est venue : « Si je mourais et que j’allais au Purgatoire, que vais-je y faire ? Déjà ici,
- emprisonnée dans un corps,
- enfermée plus que dans une étroite prison, ma pauvre âme souffre tant
- lorsque Jésus la prive de son adorable présence
- lorsque je ne sais pas ce que je pourrais faire et souffrir pour le retrouver .
Que se passera-t’il si, mon âme
- libérée de la prison de mon corps,
- prendra rapidement son envol et ne trouvera pas Jésus, le centre en qui je cherche refuge pour ne plus en sortir jamais ? Que se passera-t’-il, si au lieu de trouver ma Vie, le centre de mon repos, je me trouverais jetée dans le Purgatoire ? Quels seraient alors mon tourment et ma souffrance ? » Je me sentais oppressée par ces pensées
Mon bien-aimé Jésus me serra contre Lui et Il ajouta :
Ma fille, pourquoi vouloir t’oppresser toi-même ? Ne sais-tu pas que la créature qui vit dans ma Volonté possède un lien d’union
- avec le ciel,
- avec le soleil,
- avec la mer,
- avec le vent et
- avec toute la Création ? Ses actes sont fusionnés avec toutes les choses créées. Ma Volonté a placé tout en commun avec elle comme si tout lui appartenait.
Ainsi toute la Création ressent la vie de cette créature.
Et si elle pouvait aller au Purgatoire, ils en seraient tous offensés. L’univers tout entier se rebellerait et ils ne la laisseraient pas aller seule au Purgatoire. Les cieux, le soleil, le vent, la mer… tous voudraient la suivre. Ils quitteraient leur place et, offensés, diraient à leur Créateur : « Elle est Tienne et elle est nôtre La Vie qui nous anime tous, l’anime elle aussi ! »
Comment cela, au Purgatoire ? Les cieux la revendiqueraient avec leur amour. Le soleil parlerait avec sa lumière, le vent avec des voix de lamentations. La mer parlerait avec le murmure de ses vagues.
Tous auraient un mot pour celle qui a vécu une vie commune avec eux.
La créature qui vit dans ma Volonté
- ne peut absolument pas aller au Purgatoire. L’univers restera à sa place Ma Volonté connaîtra le triomphe d’amener au Ciel celle
- qui a vécu dans le Ciel sur cette terre d’exil.
Par conséquent, continue de vivre dans ma Volonté, et ne cherche pas
- à assombrir ton esprit et
- à t’accabler avec des choses qui ne t’appartiennent pas.