Je me sentais tout abandonnée dans la Volonté Suprême,
- mais déchirée par la privation de mon doux Jésus. Oh ! comme je sentais ma pauvre âme mise en pièces ! Quelle déchirure sans miséricorde et sans pitié.
Car Celui qui peut seul guérir de si cruelles déchirures
- est loin et
- semble ne pas se soucier de celle que son Amour déchire si cruellement. Mais alors que je baignais dans ma souffrance, je pensais à mon doux Jésus qui allait sortir du sein de sa Maman bien-aimée pour se jeter dans ses bras. Oh ! que j’aurais voulu le serrer dans mes bras afin de former avec Lui de douces chaînes pour qu’Il ne puisse plus jamais me quitter !
Mais en pensant cela, je sentis mon pauvre esprit sortir de moi-même. Je vis ma céleste Mère toute voilée de Lumière et le petit Enfant Jésus dans ses bras, fusionné dans cette Lumière.
Mais cela ne dura qu’un instant, et tout disparut. Et je restai là, plus affligée que jamais. Mais Jésus revint, et entourant mon cou de ses petits bras, Il me dit :
Ma fille, dès que je sortis du sein de ma Maman, Je fixai les yeux sur elle. Je ne pouvais faire moins que la regarder.
Car la Force ravissante de ma Volonté Divine ,
- le doux enchantement de la Beauté et de la Lumière éclatante de mon Fiat étaient en elle qui éclipsait tout à mes Yeux Je restai le regard fixé sur celle qui possédait ma Vie
- en vertu de mon divin Fiat.
Voyant ma Vie se dédoubler en elle, J’étais dans un ravissement Et Je ne pouvais détacher mon regard de la céleste Reine. Car c’est cette même Force divine qui me contraignait à la fixer.
Mon deuxième regard, Je le fixai sur qui devait faire et posséder ma Volonté.
C’était comme deux anneaux réunis ensemble : la Rédemption et le Royaume de ma Volonté Divine, tous deux inséparables.
La Rédemption devait préparer, souffrir, agir. Le Royaume du divin Fiat devait accomplir et posséder. Tous deux étaient de la plus haute importance.
C’est pourquoi mes regards se sont fixés sur les créatures élues
- auxquelles la Rédemption et le Royaume devaient être confiés. Car c’est ma Volonté qui était en eux et qui ravissait ma pupille. Aussi, pourquoi craindre si tu as le regard de ton Jésus toujours fixé sur toi pour te défendre et te protéger ?
Si tu savais ce que signifie être regardée par Moi, tu n’aurais plus aucune crainte.
Je continuais après cela à penser à la Volonté Divine .
Mon toujours aimable Jésus ajouta : Ma fille, lorsque notre Divinité a formé la Création, Elle fit de la Volonté Divine le matériau principal de toutes choses. C’est ainsi que toute chose a eu sa Forme, sa Solidité, son Ordre et sa Beauté.
Et tout ce que l’âme fait avec ce matériau principal, ma Volonté y place un acte vital
- qui donne à toute chose la forme d’œuvres solides, belles et ordonnées,
- portant chacune le sceau de la Vie du divin Fiat.
Par contre, la créature
- qui ne fait pas ma Volonté, et
- qui n’en fait pas le matériau principal de ses œuvres, cette créature fera peut-être bien des choses, mais toutes seront
- désordonnées, sans forme, sans beauté,
- si éparpillées qu’elle ne saura pas elle-même comment les rassembler.
Ce sera comme si quelqu’un voulait faire du pain sans avoir de l’eau. Il aurait peut-être beaucoup de farine, mais comme il n’a pas d’eau, il lui manquerait la vie pour pouvoir former du pain.
Un autre aurait beaucoup de pierres pour construire, mais il lui manquerait le mortier pour les assembler. Il aura donc un monceau de pierres, mais jamais une maison.
Telles sont les œuvres formées sans le matériau principal de ma Volonté. Elles ne font que gêner, encombrer, troubler. Si l’âme fait quelque bien, ce n’est qu’en apparence. En y touchant, on les trouve fragiles et vides de tout bien.