Je me sentais très malheureuse à cause des privations habituelles de mon Jésus bien-aimé. Mais comme toujours, cette peine devient plus intense et plus dure au point de me pétrifier. Et alors que j’étais comme immergée dans cette mer de douleur, j’ai reçu un rafraîchissement.

Dans cette eau glacée, j’ai regardé la Volonté de Celui qui me torturait, et qui pourtant m’aimait. Puisqu’Il avait préparé ce rafraîchissement. Comme je l’approchais de mes lèvres, Jésus se manifesta en moi en faisant le geste de soutenir le verre de sa main pour m’aider Lui-même à le boire .

Il disait :

« Je sers ma reine. Elle me sert, Moi qui suis son Roi. Et Je la sers, elle qui est ma Reine. »

De fait, celle qui fait ma Volonté et vit en Elle est toujours prête à faire ce que Je veux. Par conséquent, elle sert son roi fidèlement et de façon admirable. Comme ma Volonté est en elle, Je sers ma propre Volonté qui la fait reine. »

En entendant cela, j’ai éclaté en sanglots d’une indicible tendresse. Je me disais : « Reine ! Reine ! Et Il me laisse si seule et abandonnée au point de me laisser atteindre les limites ? Et puis Il arrive avec quelque chose de nouveau pour ensuite me laisser seule encore plus longtemps. Ah ! Jésus ! Jésus ! Est-ce que Tu veux te moquer de moi ? » Et alors que j’épanchais ma peine, Il se manifesta de nouveau en moi.

Il ajouta : Ma fille, Je ne me moque pas de toi. Au contraire, Je te dis qu’il n’y a pas de plus grand bonheur que lorsque le roi sert la reine, et la reine le roi.

Si la reine devait être infirme, si elle se voyait servie par le roi, soutenue par ses bras, nourrie par ses mains,

  • car il n’y a rien que le roi ne fasse pour elle,
  • ne permettant à aucun serviteur de s’approcher et de servir la reine – l’infirmité se changerait en joie pour la reine infirme. En se voyant touchée, servie, nourrie, soignée par le roi, elle sent comme si son amour lui rendait la vie.

Cela se passe dans l’ordre naturel :

  • qu’un roi est plus heureux d’être servi par la reine, un père par sa fille, alors que la fille était servie par son père ou par sa mère.

Parce que le roi, le père et la fille ont l’amour comme premier acte dans le service qu’ils offrent, et qu’ils voudraient offrir leur vie avec leurs services.

C’est pourquoi ils sont heureux dans leurs souffrances,

  • ce qui ne se produit pas avec les serviteurs. C’est pourquoi le service des serviteurs est toujours dur.

C’est encore plus vrai dans l’ordre surnaturel : Celle qui vit dans ma Volonté est ma Reine et son premier Acte est l’Amour. Dans tous les actes qu’elle accomplit, elle Me donne sa vie.

Oh ! combien ses Actes Me rendent heureux. Car ce sont les Actes de ma Volonté même qui Me servent !

Et en te voyant infirme à cause de Moi, Je suis heureux de te servir

  • dans les choses mêmes que J’ai créées, désirant te donner ma Vie en chacune d’elles.

En te La donnant, Je sens redoubler ma Joie. Parce que Je vois ma Vie en celle qui possède ma Volonté, ce qui la fait Reine à mes Yeux.

Ce n’est pas le cas lorsque les choses que J’ai créées servent celles qui ne vivent pas dans ma Volonté : ces âmes sont des servantes Car elles ne possèdent pas une Volonté royale. Oh ! combien Il m’est difficile de servir des servantes.

Si un roi sert sa reine, il ne se dégrade pas, au contraire,

  • il acquiert gloire et héroïsme. Mais après avoir servi des servantes
  • quelle peine et quelle humiliation !

Après quoi je suivais les actes dans la Volonté Divine .

Je me disais : « Quelle impression les privations de mon doux Jésus ont eue sur ma pauvre âme. Je ne ressens plus ces ferveurs si ardentes de naguère, mais tout n’est que froidure.

Oh ! Dieu ! quelle arme à deux tranchants que ta privation ! D’un côté elle coupe, et de l’autre elle tue. Ses coupures enlèvent et détruisent tout pour laisser une telle nudité,

  • même dans les choses les plus saintes, que l’on peut à peine vivre, et seulement pour accomplir la suprême Volonté. »

Alors que je pensais cela, mon Jésus bien-aimé se manifesta en moi. Il me dit : « Ma fille, tout ce que tu ressentais auparavant en ton intérieur entrait pourtant dans l’ordre de la grâce ordinaire.

Les ferveurs, les sensibilités sont des grâces ordinaires que J’accorde à tous selon leurs dispositions, et

  • qui sont sujettes à des interruptions, grandissant et mourant tour à tour, et
  • qui par conséquent ne constituent ni la vie ni la solidité de la sainteté.

Par contre, Je t’ai revêtue dans ma Volonté d’une Grâce extraordinaire qui est

  • Fermeté dans le Bien et
  • Acte incessant, des Vertus exclusivement divines.

Crois-tu que tes rondes continuelles dans les œuvres de ton Créateur soient une chose de peu d’importance ou ordinaire ?

De même que la Fermeté de ta volonté dans la Mienne de ne suivre que les actes de ma Volonté éternelle ?

Face à ma Volonté, les ferveurs et les sensibilités n’ont rien à voir avec Elle. Elles sont comme de petites lumières devant le grand soleil. Et ils n’ont aucune raison d’exister. Et si elles existent pourtant, c’est pour ne rien faire.

Ma Volonté absorbe tout et fait que l’âme devienne toute de Dieu, qui veut faire d’elle un autre soleil. Celui qui est soleil veut que tous deviennent soleil.

Il ne serait pas digne de lui de former de petites lumières

  • cela ne sortirait pas de sa nature.

Et tu pleures sur ces petites lumières

  • sans penser que tu es revêtue par un Soleil qui te donne Fermeté et Immutabilité.

Plus encore, étant donné que ma Volonté règne en l’âme, Elle est comme le battement du cœur,

  • qui a l’Acte premier de vie dans tous les membres .
  • qui est comme la vie, le mouvement, la force, la chaleur

Tout provient du cœur qui bat. Si le cœur cesse de battre,

  • la vie, le mouvement et toutes choses s’arrêtent.

Or, lorsque ma Volonté bat dans l’âme,

  • Elle bat et donne la Vie divine,
  • Elle bat et donne son Mouvement incessant, sa Force qui ne s’épuise jamais .
  • Elle bat et donne sa Lumière inextinguible.

Comme il est beau de voir le battement continuel de ma Volonté dans la créature. C’est le plus grand Miracle qui soit entre le Ciel et la terre.

C’est l’Ordre parfait entre le Créateur et la créature. Dans l’âme où règne le battement de ma Volonté, J’agis comme un père qui garde son fils toujours avec lui . Il lui communique ses voies. Il le nourrit de ses paroles. Il voudrait palpiter en son fils pour lui donner son intelligence et sa vie .

Et lorsqu’il est certain que son fils est un autre lui-même et peut faire ce qu’il sait faire, il lui dit :

« Mon fils, va dans le champ de la vie et fais ce que ton père a fait jusqu’à maintenant. Travaille, occupe-toi de nos affaires, prends sur toi la charge entière de la famille. Tu seras la répétition de ma Vie et Je prendrai mon repos .

Je t’accompagnerai du battement de mon cœur pour

  • que tu sentes en toi la vie de ton père et
  • que tu puisses l’accomplir fidèlement tandis que Je t’attendrai dans mon repos pour jouir ensemble des fruits de nos travaux. »

Je suis plus qu’un père pour l’âme en qui règne ma Volonté. Un père ne peut pas donner ses battements de cœur à son fils.

Moi Je les donne à cette âme

  • Je la garde toujours avec Moi,
  • Je lui enseigne mes Voies divines,
  • Je lui communique mes Secrets, ma Force .

Lorsque Je suis sûr d’elle,

  • Je l’envoie dans le champ de la Vie de ma Volonté

afin qu’elle puisse prendre l’entière responsabilité de la famille humaine.

Je lui dis : « Ma fille, laisse-Moi me reposer, Je te confie tout. Mais dans mon repos, Je t’attendrai souvent, afin que nous puissions ensemble jouir du fruit de ton travail dans le Royaume de ma Volonté. »

Ne le veux-tu pas,

  • alors, que ton Père, ton Jésus, puisse se reposer pendant que tu travailles à ma place, mais toujours avec mon Cœur qui bat ?

Et Moi, je lui dis : « Mon Jésus, mais Tu ne me dis presque plus rien. Et J’ai non seulement l’impression de devoir travailler seule sans Toi. Mais il me manque ta Parole qui trace la voie que je dois suivre dans le Royaume de ta Volonté. »

Et Jésus ajouta : Ma Parole est Vie.

Lorsque Je parle, Je dois voir si cette Vie peut vivre dans les créatures. Sinon, Je ne révèle pas ma Vie divine lorsqu’il n’y a personne pour la recevoir.

Il me suffit de voir une seule créature qui soit disposée pour Je révèle ma Vie divine dans ma Parole.

C’est pourquoi il m’arrive souvent de ne pas parler. Car Je ne vois personne qui soit disposé à vivre la Vie de ma Parole. D’autant plus qu’avec toi Je n’ai pas besoin de Paroles pour me faire comprendre : Nous n’avons qu’à nous regarder l’un l’autre pour nous comprendre, n’est-ce pas ? Tu me comprends, et Je te comprends.