Je me sentais oppressée et tout anéantie en moi-même – bonne à rien. Il arrive si souvent que les privations de mon Jésus bien-aimé me rendent incapable de quoi que ce soit.
D’une part je les ressens distinctement qui lacèrent mon âme. D’autre part elles me laissent hébétée, pétrifiée, comme
- si j’étais sans vie, ou
- je ne ressentais la vie que pour me sentir mourir.
Oh ! mon Dieu ! quelles souffrances – elles sont sans miséricorde ni pitié ! Pour vivre dans le cauchemar d’une souffrance,
- qui m’impose un poids infini, éternel et immense. Je n’ai nul endroit où aller ni rien que je puisse faire
- pour ne pas ressentir le poids énorme de cette terrible douleur.
Aussi, je me suis dit : « Je ne suis plus bonne à rien sinon à ressentir le poids du grand malheur d’être sans celui que tous les autres semblent posséder. C’est à moi seule qu’était réservée cette souffrance, si douloureuse, de ne pas posséder ma Vie, mon Tout, mon Jésus.
Ah ! Jésus ! Reviens vers celle que tu as blessée et livrée à la souffrance de la plaie que Tu lui as Toi-même infligée. Et pourquoi aussi me garder en vie alors que je ne suis plus bonne à rien ? »
Mais alors que je répandais ma tristesse, mon Dieu Très-Haut, Jésus, se manifesta en moi et, me serrant tout contre Lui, Il me dit :
Ma fille, la terre, créée par Dieu belle et fertile,
- avec un soleil éclatant qui l’illuminait et la ravissait, est devenue pierreuse et remplie d’épines à cause du péché.
La volonté humaine a chassé mon soleil. D’épaisses ténèbres l’ont recouverte.
Je te garde en vie parce que tu dois
- enlever toutes les pierres de la terre et la rendre à nouveau fertile.
Chaque acte de la volonté humaine
- a été une pierre recouvrant la belle terre que J’avais créée. Chaque péché véniel a été une épine. Chaque péché grave a été un poison.
Chaque bonne action accomplie en dehors de ma Volonté
- a été comme du sable répandu sur le sol, qui, en l’envahissant complètement, a empêché la végétation,
- même de la plus petite plante ou
- des quelques brins d’herbe qui pourraient pousser sous les pierres.
Mais à présent, ma fille, chacun de tes actes accomplis dans ma Volonté doit enlever une pierre. Combien il faut d’actes pour les enlever toutes !
Et en ne donnant jamais vie à ta volonté, tu rappelleras les rayons resplendissants du Soleil du Fiat suprême pour qu’Il brille sur ces terres ténébreuses. Ces rayons rappelleront le puissant vent de Grâce
- qui, avec autorité, remuera tout ce sable.
Ce sable, c’est-à-dire, tout ce bien accompli
- non pour faire ma Volonté,
- ni en Elle,
- ni par Amour pour Moi, ce bien accompli pour gagner l’estime humaine, la gloire et l’intérêt personnel.
Oh ! combien est pesant ce bien apparent – plus lourd que le sable qui
- empêche la végétation des âmes et
- les rend stériles au point d’inspirer la pitié.
Alors,
- le Soleil de ma Volonté, avec sa fécondité, changera les épines en fleurs et en fruits.
- Le vent de ma Grâce sera le contrepoison qui déversera la vie dans les âmes.
Tu dois donc être convaincue que Je te garde encore en vie afin de réordonner l’œuvre de la Création.
Tout comme une volonté humaine, en se plaçant en dehors de la Mienne, apporte partout le désordre au point de changer la face de la terre.
De la même manière, une autre volonté humaine qui entre dans la Mienne doit, par ses actes incessants et répétés,
- réordonner toutes choses et
- me rendre le doux enchantement, l’harmonie et la beauté des premiers temps de la Création. Ne sens-tu pas en toi la grandeur du champ d’action ?
Et comme si tu retournais dans l’Éden terrestre où ma Volonté Divine
- célébrait les premiers actes de l’homme et
- jouissait avec lui de la belle et fertile terre qu’Elle lui avait donnée,
Je t’appelle
- pour lier ces premiers actes et
- te faire parcourir toutes les terres envahies par la volonté humaine, afin qu’en embrassant tous les temps,
- tu puisses aider à ôter les pierres, les épines et le sable avec lesquels la volonté humaine a réduit ces terres
- à un état propre à inspirer la pitié.
Mon pauvre esprit est donc reparti dans la Volonté Divine vers l’Éden
- pour entrer dans l’Unité de cet Acte unique qui ne peut se trouver que là, et
- pour descendre dans les tout derniers temps, afin que mon amour, mon adoration, etc., puissent s’étendre
- à tous les temps et
- à tous les lieux, au nom de tous et de chacun.
Tandis que je pensais et faisais cela, je me disais :
« Quelle sottise je suis en train de dire. J’espère, dans les derniers temps et avec la grâce de Dieu, me retrouver là-haut dans la Patrie céleste. Comment serai-je capable d’aimer dans le temps,
- tout en étant dans l’Éternité ?»
Mon doux Jésus, se manifestant en moi, me dit :
Tout ce qui est fait dans ma Volonté a une Vie continuelle.
Parce que tout ce qui est fait en Elle a pour origine l’Amour du Créateur,
- lequel n’est pas sujet à prendre fin. Il a aimé et aimera toujours. Personne ne peut interrompre cet Amour.
Aussi, celui qui aime, qui adore dans ma Volonté, ne fait que suivre
- cet Amour éternel,
- cette Adoration parfaite des Personnes divines qui n’a ni commencement ni fin.
En entrant dans ma Volonté, l’âme
- pénètre au milieu de nos Actes et
- continue d’aimer avec notre Amour, d’adorer avec notre Adoration.
Cette âme demeure liée
- à notre Amour réciproque,
- à notre Volonté, qui a la vertu d’être incessante dans ses actions. Tout ce que les autres peuvent faire n’est rien d’autre que la continuation de l’Acte accompli dans notre Volonté Divine .
Les actes accomplis en Elle ont une Vie continuelle et perpétuelle.
Par conséquent, ton Amour dans les derniers temps ne sera en rien différent de ton Amour d’aujourd’hui. Si d’autres aiment, ils aimeront dans et avec ton Amour. Car ce sera le premier Acte ayant son origine en Dieu. C’est pourquoi, de la Patrie céleste, tu aimeras
- dans le temps et
- dans l’Éternité.
Ma Volonté gardera jalousement ton Amour tout comme Elle garde le Sien.
Partout où Elle se répand et où Elle a sa vie,
- ma Volonté te fera aimer et adorer.
Car pour l’âme qui vit dans ma Volonté,
- tous ses actes ont pour commencement et fin tous les Actes divins, notre Façon même d’agir.
Ainsi, l’âme ne fait rien d’autre que suivre ce que Dieu fait.
La Reine Souveraine, qui vivait la Vie parfaite dans le palais de notre Volonté, n’avait
- pas d’autre Amour que le Nôtre,
- pas d’autre Adoration que la Nôtre.
Tous ses actes peuvent être vus fusionnés dans les Nôtres.
Car ce qui dans nos Actes est nature, en elle est Grâce. Puisque ses actes n’avaient pas leur origine dans sa volonté
- mais dans la Nôtre, elle a de droit primatie sur tous les actes des créatures.
Par conséquent, si tu aimes, la Reine du Ciel a la primatie sur ton amour. Tu suis son Amour tout comme tu suis le Nôtre.
Et Nous et la grande Dame continuons à aimer dans ton amour.
Il en est ainsi pour tout ce que tu peux faire dans notre Volonté. Ainsi, lorsque tu viendras dans la Patrie céleste,
- ton Amour ne quittera pas la terre, mais continuera à aimer en chaque créature.
Par conséquent, même à partir de maintenant, mon divin Fiat te fait étendre son Amour jusque dans le passé, le présent et l’avenir . Il te donne le droit d’étendre ton amour partout et dans tous les temps. Il ne peut jamais cesser d’aimer.
Telle est la grande différence entre l’âme qui vit dans ma Volonté et celle qui vit en dehors.