Mon pauvre cœur gémissait à cause de la douleur de la privation de mon cher et bien-aimé Jésus. Les heures me paraissent des siècles. Et les nuits sont interminables sans Lui.

Le sommeil fuit mes yeux. Si au moins je pouvais dormir – ma douleur s’endormirait et je trouverais peut-être un peu de soulagement. Mais non, au lieu de dormir, je garde les yeux bien ouverts.

Mes pensées sont des yeux qui veulent pénétrer pour voir où est Celui que je cherche et que je ne trouve pas. Mes yeux sont des oreilles, pour entendre-qui sait – le doux bruit de ses Pas, le doux et gentil écho de sa Voix.

Mes yeux regardent ; Qui sait, ils verront peut-être l’éclair de sa fugitive venue. Oh ! combien sa privation me coûte. Oh ! combien je languis après Lui.

J’étais dans ces lamentations lorsque mon doux Jésus bougea en moi et se fit voir,

  • assis à une petite table de lumière,
  • tout occupé à examiner l’ordre de ce qu’Il avait manifesté sur sa très sainte Volonté.

Tout ce qui concernait son Vouloir, les Mots, les Connaissances, tout était comme un rayon de Lumière dans la main de Jésus et qu’Il disposait sur ce bureau de Lumière.

Il était si absorbé que j’avais beau Lui parler et L’appeler, Il ne s’occupait pas de moi. J’ai donc gardé le silence

  • en me contentant d’être près de Lui et de Le regarder.

Puis, après un long silence, Il me dit :

Ma fille, lorsqu’il est question de choses qui concernent ma Volonté, les cieux et la terre observent un silence déférent

  • pour être spectateurs d’un nouvel Acte de cette Volonté Suprême.

Chacun de ces Actes apporte

  • une Vie divine,
  • une Force,
  • un Bonheur,
  • une ravissante Beauté de plus.

Par conséquent, lorsqu’il est question de ma Volonté,

  • nous devons toi et Moi mettre tout de côté et
  • nous concentrer uniquement sur le Fiat éternel.

Il ne s’agit pas de réordonner en toi

  • une volonté humaine ou une vertu quelconque, mais une Volonté divine et opérante.

Par conséquent, il faut apporter toute notre attention à ce qui concerne

  • le grand bien d’un Acte nouveau de cette Volonté Suprême

C’est pourquoi Je ne réponds pas à tes appels. Car lorsque l’on fait de grandes choses, les petites sont mises de côté.

Après quoi j’ai suivi mon Jésus passionné dans la Passion.

Arrivée au point où Hérode L’accablait de questions alors qu’Il restait silencieux, je me suis dit : « Si Jésus avait parlé, peut-être se serait-il converti. »

Et Jésus, bougeant en moi, me dit :

Ma fille, Hérode ne me posait pas de questions pour savoir la vérité, mais par curiosité et pour se moquer de Moi.

Si J’avais répondu, Je l’aurais ridiculisé.

Parce que lorsqu’il n’y a pas la volonté

  • de connaître la Vérité et
  • de la mettre en pratique, la disposition pour recevoir la Chaleur
  • que la Lumière de mes Vérités apporte avec elles, est absente de l’âme.

Ne trouvant pas l’humidité pour faire germer et féconder les Vérités, cette chaleur brûle encore davantage et fait périr le bien qu’elle produit. C’est comme avec le soleil : lorsqu’il ne trouve pas l’humidité sur les plantes, sa chaleur les flétrit et brûle la vie des plantes. Mais s’il trouve l’humidité, le soleil fait des prodiges.

La Vérité est belle, elle est aimable, elle fait revivre les âmes et les féconde. Avec sa Lumière et sa Chaleur, Elle forme des prodiges de développement, de Grâce et de Sainteté mais cela pour les âmes qui l’aiment afin de l’exécuter.

Par contre, avec celles qui ne l’aiment pas pour l’exécuter, c’est plutôt la Vérité qui se moque d’elles.

Pendant que je notais cela, j’étais si épuisée que j’écrivais avec difficulté.

Je ne sentais pas non plus

  • que Jésus m’inspirait pour me faciliter la tâche,
  • ni la plénitude de la Lumière mentale qui, comme une mer, se forme dans mon esprit, de sorte que je n’ai qu’à prendre de petites gouttes de Lumière pour mettre sur le papier.

Car autrement, si je voulais tout mettre, je serais comme une personne qui

  • entrerait dans la mer et
  • voudrait la contenir tout entière dans sa main Mais si elle veut ne prendre que quelques gouttes, elle peut y parvenir. Ainsi, tout était difficulté dans mon âme comme dans mon corps. Me sentant malade, je me disais :

« Peut-être que ce n’est plus la Volonté de Dieu que j’écrive. Autrement, Il m’aurait aidée comme avant. Au contraire, la difficulté, l’effort que je dois faire sont si grands

  • que je ne peux plus continuer. Par conséquent, si Jésus ne le veut plus, moi non plus. »

Je pensais cela lorsque mon doux Jésus sortit de mon intérieur

Il me dit : Ma fille, celle qui doit posséder le Royaume de ma Volonté

  • doit non seulement La faire et vivre en Elle, mais doit sentir et souffrir
  • ce que ma Volonté ressent et souffre dans les âmes.

Ce que tu sens n’est rien d’autre que la condition dans laquelle Je me trouve moi-même dans les créatures. Avec quelle difficulté coule ma Volonté ! Quels efforts ne doit - Elle pas faire pour subjuguer les créatures ! Combien les créatures La tiennent réprimée dans leur propre volonté.

Elles Lui enlèvent le meilleur de sa Vie, son Energie, sa Joie, sa Force. Et Elle est obligée d’agir sous la pression d’une volonté humaine mélancolique, faible et inconstante. Oh ! en quel douloureux, amer et écrasant cauchemar les créatures gardent ma Volonté.

Ne veux-tu donc pas participer à ses Souffrances ?

Ma fille, tu dois être une clef. Et quel que soit le son que ma Volonté veut que tu produises, tu dois te prêter à former le son que ma Volonté veut sortir.

Et lorsqu’elle aura formé en toi tous les sons qu’Elle possède :

  • sons de Joie, de Force, de Bonté, de Douleur, etc. sa Victoire sera complète, ayant ainsi constitué en toi son Royaume.

Par conséquent, pense plutôt

  • que c’est une sonate distincte et différente qu’Elle veut jouer en toi –
  • que c’est une clef de plus qu’Elle veut ajouter à ton âme.

Parce que, dans le Royaume du Fiat Suprême,

  • Elle veut trouver toutes les notes du concert de la Patrie Céleste afin que même la musique ne soit pas absente de son Royaume.