J’étais tout agitée parce que mon doux Jésus ne venait pas. Mais dans mon délire, je disais des bêtises, et dans l’intensité de ma souffrance, je répétais : « Jésus, Tu as changé – je n’aurais jamais cru que Tu en viendrais au point de me priver de Toi aussi longtemps. » Mais alors que je déversais mon chagrin, mon doux Jésus vint comme un petit enfant et, se jetant dans mes bras, Il me dit :
Ma fille, dis-Moi – et toi, as-tu changé ? Aimes-tu peut-être quelqu’un d’autre ? Ne veux-tu plus faire ma Volonté ?
Ces questions de Jésus m’ont piquée au vif et, désolée, je Lui dis : « Jésus, que veux-Tu dire par là ? Non, non, je n’ai pas changé et je n’ai pas d’autre amour. Et je préférerais mourir plutôt que de ne pas faire ta très sainte Volonté. »
Mon doux Jésus ajouta : Tu n’as donc pas changé ? Eh bien alors, ma fille, si toi qui as une nature sujette au changement, tu n’as pas changé, pourrais-Je Moi-même changer, Moi qui suis immuable ?
J’étais confuse et ne savais que répondre.
Mon Jésus, toute bonté, ajouta : Veux-tu voir comment J’étais dans le Sein de ma souveraine Maman et ce que J’ai souffert en elle ?
Et en disant cela, Il se plaça en moi, au milieu de ma poitrine, allongé, dans un état de parfaite immobilité. Ses petites mains et ses petits pieds étirés faisaient pitié à voir. Il n’avait aucun espace pour bouger, ouvrir les yeux, respirer librement. Et le plus dur était de Le voir mourir continuellement.
Quelle souffrance de voir mourir mon petit Jésus. Je me suis senti placée avec Lui dans le même état d’immobilité. Puis, après quelque temps, le petit bébé Jésus me pressa contre Lui .
Et Il me dit : Ma fille, mon état dans le Sein maternel était très douloureux. Ma petite Humanité avait un parfait usage de sa raison et de son infinie Sagesse.
Par conséquent, dès le premier instant de ma Conception, Je comprenais mon douloureux état, n’ayant pas même un filet de lumière dans l’obscurité de la prison maternelle !
Quelle longue nuit de neuf mois !
L’étroitesse de l’endroit M’obligeait à être d’une immobilité parfaite, toujours en silence. Je ne pouvais ni gémir ni sangloter pour exprimer ma peine… Que de larmes n’ai-Je pas versées dans le sanctuaire du Sein de ma Maman, sans faire le moindre mouvement.
Et cela n’était rien. Ma petite Humanité avait pris l’engagement de mourir pour satisfaire la Justice Divine,
autant de fois que les créatures avaient fait mourir la Volonté Divine en elles
- en faisant le grand affront de donner vie à la volonté humaine,
- faisant mourir en elle la Volonté Divine.
Oh ! combien ces morts M’ont coûté. Mourir et vivre, vivre et mourir. Ce fut pour Moi la souffrance la plus déchirante et continuelle
D’autant plus que ma Divinité
- ne faisant qu’Un et
- étant inséparable de Moi, en recevant de Moi ces satisfactions, Elle se conduisit en justicière.
Bien que mon Humanité fût sainte et pure, Elle était telle une lanterne face à l’immense Soleil de ma Divinité.
Je sentais
- tout le poids des satisfactions que Je devais donner à ce Soleil divin ainsi que
- la peine d’une humanité déchue qui devait ressusciter grâce à mes nombreuses Morts.
Ce fut le rejet de la Volonté Divine ,
- en donnant vie à sa propre volonté qui a entraîné la ruine de l’humanité déchue.
Et Je devais maintenir mon Humanité et ma volonté humaine
- dans un état de mort permanente.
- pour que la Volonté Divine puisse avoir sa Vie continue en Moi afin d’y étendre son Royaume.
Dès l’instant de ma Conception,
- Je ne pensais, Je ne M’occupais que d’ étendre le Royaume du Fiat Suprême dans mon Humanité,
- au prix de ne pas donner vie à ma volonté humaine afin de faire ressusciter l’humanité déchue.
De façon à ce que, une fois le Royaume établit en Moi,
- Je commence à préparer les grâces, les choses nécessaires, les souffrances, les satisfactions voulues pour Le faire connaître et Le fonder au sein des créatures.
Par conséquent, tout ce que tu fais, tout ce que Je fais en toi pour ce Royaume, n’est rien d’autre que la continuation de ce que J’ai fait dès le moment de ma Conception dans le Sein de ma Maman.
Alors, si tu veux que J’étende le Royaume du Fiat éternel en toi,
- laisse-Moi libre et
- ne donne jamais vie à ta volonté.
Après quoi je poursuivis mes actes dans le Vouloir éternel .
Mon doux Jésus ajouta :
Ma fille, ma Volonté représente l’âme. la Création représente son corps. Le corps ne possède qu’une âme et celle-ci n’a qu’une volonté.
Le corps a beaucoup de nombreux sens, telles des touches différentes
- chacune d’elles fait sa petite musique et
- chaque membre exerce sa fonction distincte.
Cependant, il y a un tel ordre, une telle harmonie entre eux, que lorsqu’un membre exerce sa fonction, tous les autres se concentrent sur le membre actif,
- éprouvant de la peine s’il souffre,
- jouissant s’il est en joie. Car la volonté qui les anime, et la force qui les habite est la même, la seule.
Telle est la Création tout entière : elle est comme un corps animé par ma Volonté.
Bien que chaque chose créé ait sa fonction distincte,
- elles sont toutes si unies entre elles
- elles sont plus que les membres pour leur corps.
Comme ma Volonté est la seule à les animer et à les dominer, leur Force est une seule.
Celle qui fait ma Volonté et vit en Elle
- est un membre qui appartient au corps de la Création et
- possède par conséquent la Force universelle de toutes les choses créées,
- incluant même Celle de son Créateur, parce que ma Volonté circule dans les veines de toute la Création
- plus que le sang dans le corps,
- un sang qui est pur, saint, vivifié de Lumière et
- qui va jusqu’à spiritualiser le corps lui-même.
L’âme est tout absorbée dans l’œuvre de la Création,
- pour faire ce qu’Elle fait,
- pour être en communication avec ses actes.
Et la Création entière est axée sur elle pour recevoir ses actes, parce que la fonction, la petite sonate de ce membre au sein de la Création
- est si belle que tous veulent l’entendre.
Par conséquent, la Vie dans ma Volonté est
- la plus heureuse et
- la plus indescriptible destinée.
Le point de départ de ses actes est toujours le Ciel et sa vie au milieu des sphères.