(1) Après des journées fort pénibles étant privée de mon doux Jésus, je n’en pouvais plus. Je gémissais sous un pressoir qui broyait aussi bien mon âme que mon corps. Je regrettais ma patrie céleste, où, même pas un seul instant, je serais restée séparée de Celui qui est toute ma vie et mon suprême et unique Bien.
Étant arrivée au bout de mes forces, sans la présence de Jésus, je sentis mon âme se remplir de Lui, me voyant comme un voile le recouvrant.
Alors que je pensais à Lui et je l’accompagnais dans les souffrances de sa Passion, en particulier à l’acte où Ponce Pilate le montra au peuple en disant : “Voici l’homme”, mon doux Jésus me dit :
(2) ” Ma fille, au moment où Ponce Pilate dit : “Voici l’homme”, Ils crièrent tous : “crucifie-Le, crucifie-Le, nous Le voulons mort.”
De même que mon propre Père Céleste et mon inséparable Mère meurtrie,
- et non seulement les présents
- mais aussi tous les absents
- et toutes les générations passées et futures. Si certains ne l’exprimèrent pas par des mots, Ils le firent par des faits.
Car personne ne demanda à ce que Je vive. Et le fait de se taire confirme les dires des autres.
Ce cris de mort de la part de tous fut très douloureux pour Moi . Et Je ressentis autant de morts que le nombre de cris “crucifie-Le” ;
Je Me sentis comme noyé dans les souffrances et les morts. D’autant plus, en remarquant
- qu’aucune de mes morts n’apportait de nouvelle vie et
- que ceux qui recevaient la vie grâce à ma Mort, ne bénéficiaient pas du Fruit complet de ma Passion et de ma Mort.
Ma Souffrance fut telle que mon Humanité gémissante
- allait succomber et rendre son dernier souffle Mais, au moment de mourir, ma Volonté Suprême,
- par son omni-voyance, montra à mon Humanité mourante, tous ceux
- en qui la Volonté Éternelle allait régner avec son Pouvoir absolu, ce qui leur aura permis d’avoir le Fruit complet de la Passion et de ma Mort.
Ma Mère, à leur tête, fut dépositaire
- de tous mes Biens et des Fruits de ma Vie, Passion et Mort.
Elle ne laissa s’échapper le moindre petit Soupir dont Elle gardait le précieux fruit. Et, c’est par Elle, qu’Ils devaient être transmis
- à la nouvelle-née de ma Volonté
- ainsi qu’à ceux en qui la Volonté Suprême aurait eu sa Vie et son Règne.
Lorsque mon Humanité mourante vit le Fruit complet de ma Vie, Passion, et Mort, sauvé et en sûreté, Elle put reprendre et continuer le cours de la douloureuse Passion.
Ce n’est donc que ma Volonté qui porte
- toute la Plénitude de mes Biens et
- le Fruit complet au sein de la Création, Rédemption et Sanctification.
Partout où Elle règne, toutes nos Œuvres sont pleine de Vie. Il n’y a pas de choses faites à moitié ou incomplètes.
Tandis que où Elle ne règne pas,
- bien qu’Il puisse y avoir quelque vertu, tout est misère et incomplet.
S’Il y a des fruits, Ils sont verts et ne mûrissent pas Et s’Ils prennent les fruits de ma Rédemption,
- Ils en prennent modérément et en petite quantité. Et Ils grandissent ainsi faibles, malades et fiévreux.
C’est pourquoi, le peu de bien qu’Ils font, est laborieux,
- se sentant écrasés par le peu de bien accompli.
A l’inverse, ma Volonté
- vide la volonté humaine et
- la remplisse de Force divine et de Vie dans le Bien .
Par conséquent, qui La fait régner en elle, fait le Bien sans difficulté La Vie qu’Elle contient lui permet d’opérer le Bien avec une Force irrésistible.
Mon Humanité trouva la Vie
- dans ma Passion et ma Mort et
- en ceux en qui devait régner ma Volonté.
Tant qu’Elle n’aura pas son Règne dans les âmes,
- la Création et la Rédemption seront toujours incomplètes.”
(3) Après quoi je me mis à faire mes actes habituels dans la Volonté Suprême . Mon doux Jésus, sortait de moi et suivait du regard tout ce que je faisais. Tous mes actes s’identifiaient aux Siens. Et en vertu de la Volonté Suprême, ils suivaient le même chemin que les Siens. Ainsi ils donnaient deux fois
- le même bien,
- la même gloire à notre Père Céleste. Pris d’un excès d’Amour Il me serra sur son cœur et Il me disait :
(4) ” Ma fille, bien
- que tu sois petite et nouvelle-née dans ma Volonté et
- que tu vives dans son Règne, ta petitesse est mon triomphe.
Quand Je te vois opérer en Elle, Je suis, dans le Règne de ma Volonté,
- comme un roi qui a soutenu une longue guerre. Son idéal était la victoire.
Et, victorieux, il reprend confiance après la bataille sanglante, les privations endurées et les blessures infligées encore visibles sur sa personne.
Son triomphe prend forme grâce aux conquêtes accomplies. Le roi veut tout admirer, son regard se délecte du Règne conquis . Et, triomphant, Il fait la fête.
Je suis comme ce roi. Mon idéal dans la Création est le Règne de ma Volonté dans l’âme de la créature. Mon objectif premier est de reproduire en l’homme la Divine Trinité en vertu de l’aboutissement de ma Volonté en lui. Mais l’homme s’est soustrait à Elle. Ainsi Je perdis mon Règne en lui.
Pendant près de six mille ans Je dus soutenir une longue bataille Mais, bien que longue, Je n’ai jamais cessé de croire en mon idéal ni en mon objectif premier, et Je ne cesserai jamais.
Je vins dans la Rédemption pour réaliser mon idéal et mon objectif premier, c’est à dire, le Règne de ma Volonté dans les âmes.
Tant et si bien que pour venir, mon premier Règne de la Volonté Suprême fut créé dans le Cœur de ma Mère Immaculée A l’extérieur de celui-ci Je n’aurais jamais pu venir sur la terre.
Malgré les souffrances et les privations et le fait d’avoir été blessé et tué, le Règne de ma Volonté ne se réalisa pas. Je bâtis les fondations, faisais des préparatifs, mais la bataille sanglante entre la volonté humaine et la Divine continua.
Maintenant, ma petite fille, lorsque Je te regarde
- opérer dans le Règne de ma Volonté,
- la façon dont tu t’y prends,
- le fait qu’Il s’établisse de plus en plus en toi, Je me sens victorieux de ma longue bataille.
Et tout se présente à Moi tel un triomphe et une fête. Mes souffrances, mes privations et mes blessures me sourient . Et ma propre Mort me redonne la Vie dans ma Volonté en toi.
Ainsi Je me sens vainqueur de la Création, de la Rédemption. Ils permettent à ma nouvelle-née de ma Volonté :
- les longs tours, les envols rapides,
- les interminables promenades dans le Règne de ma Volonté dont Je suis fier. Je me délecte en suivant du regard tous les pas et actes de ma petite fille.
Tu vois, nous avons tous un idéal. Et, une fois qu’Il est réalisé, nous sommes contents.
Celui d’un petit enfant est de s’attacher au sein de sa maman . Et, lorsqu’Il pleure et sanglote, Il suffit que sa maman lui donne le sein pour qu’Il cesse de pleurer recouvrant le sourire. Victorieux, Il tète jusqu’à en être rassasié et en tétant, triomphant Il s’endort.
C’est pareil pour Moi. Après avoir longtemps pleuré, voyant le sein de l’âme M’ouvrir les portes pour installer le Règne de la Volonté Suprême, mes larmes s’arrêtent . Je m’élance sur son sein et Je suce son amour et les fruits du Règne de ma Volonté. Alors Je m’endors et Je me repose en vainqueur.
De même pour le petit oiseau, dont l’idéal est la graine. En la voyant, Il bat des ailes, court, se précipite sur la graine. Et, un fois prise dans son bec, triomphant, Il reprend son envol.
Je suis tel que l’oiseau, volant et virevoltant, tournant et Me retournant pour former dans l’âme le Règne de ma Volonté
- pour qu’elle Me fasse trouver la graine de ma nourriture, Moi-même. Elle ne prend d’autre nourriture que celle créée dans mon Règne. Quand Je vois cette graine céleste, encore plus que le petit oiseau, Je vole pour M’en nourrir.
Pour chacun, tout réside dans le fait de pouvoir réaliser l’idéal qu’on s’est fixé.
C’est pourquoi, en te voyant œuvrer dans le Royaume de ma Volonté, Je vois mon idéal réalisé.
J’ai
- le retour de l’Œuvre de la Création et Rédemption et
- le triomphe de ma Volonté établie en toi.
Sois donc attentive. Fais en sorte que la victoire de ton Jésus soit en toi en permanence.”
(5) Suite à cela, mon doux Jésus bougea en moi et très tendrement Il me dit :
(6) ” Ma fille, dis-moi, quel est-Il ton idéal, ton objectif ? ”
(7) Moi : ” Jésus, mon Amour, mon idéal est d’accomplir ta Volonté. Mon but est de faire en sorte
- qu’aucune pensée, parole, battement et œuvre ne sorte du Règne de ta Volonté Suprême,
- mais qu’Ils soient conçus, nourris, grandis, forment leur vie et, s’Il le faut, leur mort en Elle.
Je sais que dans ta Volonté les actes ne meurent pas. Une fois nés, Ils vivent éternellement. C’est donc au Règne de ta Volonté dans mon âme auquel j’aspire. Ceci est mon idéal, mon premier et dernier objectif.”
Jésus amoureux et festoyant ajouta :
(8) ” Ma fille, puisque ton idéal et le Mien ne font qu’un, Je réunis notre but.
Bravo, bravo, à la fille de ma Volonté. Les deux volontés sont les mêmes. Toi aussi tu as supporté une bataille de longue haleine pour conquérir le Règne de ma Volonté. Tu as enduré des souffrances, des privations. Tu es restée même prisonnière de ta petite chambre, reléguée dans ton petit lit pour obtenir ce Règne que nous avons, tous deux, tant désiré.
Il nous a coûté très cher à tous les deux Mais, maintenant, nous sommes, toi et Moi, triomphants et conquérants. Et, toi aussi, tu es la petite reine dans le Règne de ma Volonté.
Et, bien que petite, tu es toujours une reine étant la fille du grand Roi, de notre Père Céleste.
En tant que conquérante d’un si grand Règne, tu détiens la Création, la Rédemption et le Ciel entier. Tout t’appartient. Tes droits de possession s’étendent partout
- où Règne ma Volonté intègre et permanente Et tous t’attendent pour te donner les honneurs qui s’imposent à ta victoire.
(9) Tu es aussi la petite fille qui a tant pleuré et soupiré son Jésus. Mais en Me voyant, tes larmes s’arrêtèrent Tu t’élançais en mon Sein et victorieuse, tu commenças à sucer ma Volonté et mon Amour. Triomphante, tu te reposas dans mes bras pendant que Je te berçais pour que ton sommeil dure plus longtemps. Ainsi Je pouvais profiter de ma nouvelle-née et étendre en toi, triomphant, le Règne de ma Volonté.
Tu es, en même temps aussi, la petite colombe qui tournoyait et virevoltait autour de Moi. Je te parlais de ma Volonté et Je te faisais part
- des Connaissances qui Lui sont propres,
- de ses Biens, ses Prodiges et même sa Douleur. Tu battais des ailes. Et tu te précipitais sur les graines préparées devant toi. Tu picorais, te nourrissais.
Et tu reprenais, triomphante, ton vol autour de Moi
- en attendant que Je te donne d’autres graines de ma Volonté. A nouveau, picorant et te nourrissant, tu reprenais ton envol, victorieuse, manifestant le Règne de ma Volonté.
Ce qui signifie que, ayant les mêmes prérogatives,
- mon Règne et le tien ne font qu’un. Et, ayant souffert ensemble, Il est juste que nous profitions ensemble de nos conquêtes.”
(10) Ce qui venait d’être dit me surprit énormément, je pensais : ” Mais est-ce absolument vrai que le Règne de la Volonté Suprême se trouve dans ma pauvre âme ?
Je me sentis embarrassée. Si j’écris tout ceci ce fut par obéissance. Jésus me surpris en train d’écrire. Il sortis de moi, mit ses bras autour de mon cou et me serra très fort ce qui faisait que je ne pus continuer à écrire, mon pauvre esprit étant ailleurs.
Mais Jésus, étant aussi vite reparti, je repris mes écrits. Pour apaiser mes craintes Il me dit :
(11) ” Ma fille, ma Mère Céleste put Me donner aux autres parce qu’elle Me conçut en Elle-même, Me fit grandir et Me nourrit. Personne ne peut donner ce qu’Il ne détient pas. Et, Me possédant, Elle put Me donner aux autres créatures.
Or, Je ne t’aurais autant parlé de ma Volonté
- si Je n’avais pas voulu former son Règne en toi ni tu ne l’aurais autant aimé s’Il ne t’appartenait pas.
On garde les choses qui ne nous appartiennent pas à contrecœur,
- étant gênantes et représentant un poids.
N’ayant pas en toi la source jaillissant du Règne de ma Volonté,
- jamais tu n’aurais pu relater ni coucher sur le papier ce que Je te dis. N’ayant pas la possession, tu n’aurais ni la Lumière, ni l’Amour pour la manifester.
Le Soleil resplendit en toi et Il met avec ses rayons,
- les mots dans ta bouche,
- les connaissances et
- de quelle façon Il veut régner. Cela signifie que tu Le possèdes.
Et ton devoir est de Le faire connaître. Comme ce fut celui de la Reine Souveraine qui Me fit connaître et M’offrit pour le salut de tous.”