Mes jours sont de plus en plus amers à cause de la privation de mon doux Jésus. Il ne me reste que sa Volonté, ce précieux héritage que ses nombreuses visites ont laissé à ma pauvre âme.
Me voilà maintenant toute seule,
- complètement oubliée par Celui qui est toute ma vie.
Pourtant, il me semble qu’Il ne pouvait être sans moi et que je ne pouvais être sans Lui. Qu’est-il donc advenu de Celui qui m’aimait tant ? Qu’est-ce que J’ai fait pour qu’Il m’ait quittée ? Ah ! Jésus, reviens, reviens, je n’en peux plus !
Pendant que je me désolais ainsi d’avoir perdu Celui qui était toute mon espérance et toute ma joie, Jésus s’imposa à moi pour que je poursuive mes actes dans son adorable Volonté.
Il m’ empêcha presque de me plaindre de sa privation. Ceci me laissa pétrifiée, sans le moindre réconfort, ni céleste ni terrestre.
Pendant que je poursuivais dans ce terrible état, je pensais aux souffrances que Jésus endura durant sa Passion. Se montrant brièvement, Il me dit :
« Ma fille, à travers mes Souffrances, J’étais toujours le même,
- mon Regard était toujours doux,
- mon Visage toujours sereine,
- mes Paroles toujours calmes et dignes.
J’avais une telle égalité dans mes manières que les hommes auraient pu reconnaître que J’étais leur Rédempteur rien qu’à voir mon comportement. Bien que, par leur intensité et leur nombre, mes Souffrances auraient eu de quoi m’anéantir complètement, il n’en était rien.
Au milieu de mes ennemis,
- Je demeurais comme un Soleil majestueux
- avec ma Sérénité habituelle et mon Comportement paisible.
Être constamment égal à soi-même est le propre de Dieu et des vrais fils de Dieu.
Cette manière d’être
- imprime un caractère divin dans l’âme et
- révèle sa pureté et sa sainteté.
Par contre, une humeur instable
- révèle un cœur tyrannisé par les passions et
- rend la personne déplaisante pour tout le monde.
Je te recommande donc d’être toujours la même :
- la même avec Moi, la même avec toi et la même avec les autres,
- la même aussi dans la souffrance, y compris dans la souffrance de la privation de Moi.
Même si cette privation forme en toi et autour de toi des nuages de douleurs. Tes manières égales
- seront la Lumière qui dispersera ces nuages et
- révéleront que, bien que caché, Je vis en toi. »
Après ces propos de mon adorable Jésus, J’ai continué à réfléchir sur ses Souffrances pendant sa Passion, avec, dans mon cœur, le clou de sa privation.
Il se montra tout silencieux et si affligé qu’Il suscita ma pitié.
Je Lui dis : Mon Amour, pourquoi restes-Tu silencieux ? Il me semble que Tu ne veux plus me parler, ni même me confier tes Secrets et tes Peines. »
Toute bonté, bien qu’affligé, Il me dit : « Ma fille, le silence dit parfois plus que les paroles. Garder le silence est la décision
- de celui qui ne veut pas être dissuadé,
- d’un père qui se trouve avec un fils qu’il aime beaucoup au milieu d’autres fils qui se montrent indisciplinés et qu’il veut corriger.
Crois-tu que
- lorsque Je ne viens pas te voir et
- lorsque Je ne te fais pas participer à mes Souffrances, cela ne signifie rien ?
Ah ! Ma fille, bien au contraire, cela est quelque chose de grand ! Quand je ne viens pas, c’est que ma Justice est chargée de châtiments pour frapper l’homme :
- tous les maux passés, les tremblements de terre, les guerres, sont peu de choses en comparaison
- des tribulations qui s’en viennent,
- de la grande guerre et des révolutions qui se préparent.
Les hommes commettent tant de péchés qu’ils ne méritent pas
- que Je te fasse participer à mes Souffrances pour les libérer des châtiments qu’ils méritent.
Par conséquent, sois patiente : ma Volonté compensera le manque de ma Présence visible, même si, caché, Je suis en toi.
Si Je ne procédais pas ainsi, tu n’aurais pas la paix nécessaire pour poursuivre tes tournées habituelles dans ma Volonté. En fait, c’est Moi qui, caché en toi, effectue ces tournées et toi, tu les fais avec Celui que tu ne vois pas.
Quand ma Justice en aura terminé avec les châtiments, Je viendrai comme auparavant. Par conséquent, sois courageuse, attends-Moi et n’aie pas peur.
Pendant qu’Il me parlait, je me suis trouvée hors de mon corps au milieu des nations. Chez presque toutes, on pouvait voir des préparatifs de guerre, l’invention de nouvelles techniques de combat, suscitant la frayeur rien qu’à les voir.
Le grand aveuglement des hommes
- les amenait à agir comme des bêtes et
- les empêchait de voir qu’en blessant les autres, ils se blessaient eux-mêmes.
Ensuite, tout effrayée, j’ai réintégré mon corps, sans mon Jésus et avec un clou dans mon cœur, parce qu’Il m’avait laissée toute seule. Je me tordais de douleur. Mon doux Jésus bougea en moi.
Soupirant devant mon pitoyable état, Il me dit : « Ma fille, sois calme, sois calme, Je suis en toi, Je ne t’ai pas laissée ! D’ailleurs, comment pourrais-Je te laisser ? Regarde, ma Volonté est partout. Si tu es dans ma Volonté, Je n’ai aucun endroit où aller pour me distancer de toi. Il me faudrait rendre ma Volonté limitée, ce qui est impossible.
Donc, sois certaine que Je ne t’ai pas laissée. Et plonge-toi toujours davantage dans l’Immensité de ma Volonté. »