Je me sentais très angoissée. Tout en priant, je pleurais sur ma triste condition d’être privée de Celui qui est toute ma vie. Mon état est irrémédiable. Personne n’a pitié de moi. Tout n’est que justice.
Qui aura pitié de moi si Celui qui est la source de la pitié me tourne le dos ? Pendant que je pleurais et priais ainsi, j’ai senti mes mains entre celles de Jésus
M’élevant très haut, Il me dit :
« Venez tous voir un grand spectacle jamais vu auparavant sur la terre et au Ciel : une âme mourant continuellement d’amour pour Moi. »
À ces Paroles de Jésus, les cieux s’ouvrirent, et toute la Hiérarchie céleste me regarda. Je me suis aussi regardée moi-même et j’ai vu ma pauvre âme flétrie et mourante comme une fleur sur le point de se dégager de sa tige. Pendant que je mourais, une force secrète me redonna vie.
Oh ! C’est peut-être la Justice de Dieu qui me punit avec raison. Mon Dieu, mon Jésus, aie pitié de moi ! Aie pitié d’une pauvre créature qui se meurt !
Mon lot est le plus dur que puisse subir une créature mortelle : mourir sans mourir ! Par après, mon doux Jésus me prit dans ses bras presque toute la nuit pour me donner de la force et m’assister dans mon agonie.
Je croyais qu’Il aurait finalement pitié de moi et m’amènerait avec Lui, mais en vain. Après m’avoir ainsi un peu revigorée, Il me laissa en me disant :
« Ma fille, ma Volonté reçoit des morts continuelles de la part des créatures. Elle est Vie et, en tant que Vie, Elle veut donner Vie et Lumière. Mais les créatures rejettent cette Lumière . Et, parce qu’elles ne La reçoivent pas, cette Lumière meurt pour les créatures. Et ma Volonté ressent cette mort.
Ma Volonté veut faire connaître les Qualités et les Vertus qu’Elle contient. Mais les créatures rejettent cette Connaissance. Ainsi, ma Volonté ressent la mort que les créatures donnent aux Vertus et aux Qualités de ma Volonté.
Pareillement,
- si ma Volonté veut donner de l’Amour et que cet Amour n’est pas reçu, Elle ressent la mort donnée à l’Amour.
- si Elle veut donner de la Sainteté ou des Grâces, Elle sent la mort que les créatures donnent à la Sainteté et aux Grâces qu’Elle veut accorder.
Ainsi, une mort continuelle est infligée à ma Volonté pour les bienfaits qu’Elle veut offrir. Ne ressens-tu pas la mort continuelle que subit ma Volonté ?
Parce que tu vis en Elle, il est comme naturel
- que tu ressentes ces Morts et
- que tu vives dans un état continuel d’Agonie.
En entendant cela, je lui dis : « Jésus, mon Amour, les choses ne me semblent pas ainsi. C’est la privation de Toi qui me tue, qui m’enlève la vie sans me faire mourir !»
Il me répondit : « C’est
- en partie la privation de Moi et
- en partie ma Volonté qui, te tenant absorbée en Elle, te fait participer à ses Peines.
Ma fille, la vraie vie dans ma Volonté implique que : la créature qui vit en Elle partage les peines qui Me sont infligées par les créatures. »