Je vivais mon habituelle et pénible souffrance de son absence. Je me sentais comme suppliciée par une Justice rigoureuse,

  • sans même une ombre de pitié.

ô Justice punitive de Dieu, comme Tu es terrible ! Mais Tu es encore plus terrible lorsque Tu te tiens loin de celle qui T’aime. Tes flèches me seraient plus douces si, pendant que Tu me punis et me déchires en pièces, mon Jésus était avec moi. Oh ! comme je pleure sur mon sort !

Je voudrais que tout le Ciel et la terre pleurent avec moi sur le sort de la pauvre exilée qui, non seulement vit loin de sa Patrie, mais est aussi abandonnée par son Jésus qui est son seul réconfort, son seul support dans son interminable exil.

Pendant que mon pauvre cœur était accablé par cette terrible amertume, mon adorable Jésus se fit voir en mon intérieur comme dominant toutes choses. Il tenait comme beaucoup de rênes dans ses mains. Et chaque rêne était rattachée à un cœur humain. Il y avait autant de rênes qu’il existe de créatures.

Il me dit : « Ma fille, le chemin est long et chaque vie de créatures est un chemin distinct. Par conséquent, il faut marcher beaucoup et dans beaucoup de chemins. Tu seras celle qui parcourra tous ces chemins. Car, étant donné que Je dois enfermer ma Volonté en toi, tu dois enclore tout ce qu’Elle contient.

Avec ma Volonté, il t’est possible de couvrir tous les chemins ensemble : ceux de toutes les créatures. Par conséquent, dans ma Volonté, tu as beaucoup à faire et à souffrir. »

Sur ces mots, oppressée et fatiguée comme je l’étais, je Lui dis :

« Mon Jésus, c’est trop : qui peut faire cela ? Je suis déjà assez fatiguée et, de plus, Tu me laisses seule Et, sans Toi, je ne peux rien faire. Ah ! si je T’avais toujours avec moi, je pourrais accomplir cela Mais, hélas, Tu me laisses seule et je ne peux rien faire !»

Jésus reprit : « Cependant, Je suis dans ton cœur, guidant tout. Et tous ces chemins ont été couverts par Moi. J’englobe tout. Je ne laisse pas un seul battement de cœur ou une seule souffrance d’une créature M’échapper.

Et tu dois savoir que, puisque Je dois placer ma Volonté en toi comme en son centre de vie, ll est nécessaire qu’Elle trouve en toi

  • tous les chemins des créatures et
  • tout ce que ton Jésus a fait. Car ces choses sont inséparables de Moi.

Il suffit que tu rejettes une seule chose de ma Volonté pour L’empêcher

  • de former son centre en toi,
  • d’y avoir sa pleine suprématie,
  • d’y avoir son point de départ afin d’être connue et de dominer sur tous.

Vois donc combien il est nécessaire

  • que tu englobes toutes les créatures et

  • que tu couvres tous leurs chemins, prenant sur toi les épreuves, les douleurs et les actions de tous, si tu veux que la majesté de ma Volonté descende en toi pour y poursuivre son chemin. »

Surprise, je Lui dis : « Mon Amour, qu’est-ce que Tu dis ? Tu sais combien je suis pauvre et dans quel état je me trouve. Comment puis-je englober en moi la totalité de ta Volonté ?

Au plus, avec ta grâce,

  • je peux faire ta Volonté,
  • je peux vivre en Elle. Mais L’englober, c’est impossible, je suis trop petite. Il est impossible que je contienne une Volonté infinie. »

Il reprit : « Ma fille, cela montre que tu ne veux pas comprendre. Celui qui veut enfermer sa Volonté en toi te donnera la grâce et la capacité pour La contenir.

N’ai-Je pas enfermé tout mon être dans le Sein de ma céleste Maman ?

Serait-ce que Je n’aurais enfermé qu’une partie de Moi-même en elle, laissant une partie au Ciel ? Certainement pas. Ne fut-elle pas la première à prendre part

  • à toutes les Actions de son Créateur,
  • à toutes ses Souffrances,
  • à s’identifier à Lui afin de ne rien omettre de ce qu’Il faisait ? Ne fut-elle pas le point de départ du Don de Moi-même à toutes les créatures ?

Si J’ai fait cela avec mon inséparable Maman afin

  • de descendre vers l’homme et
  • d’accomplir ma Rédemption, ne puis-Je pas le faire avec une autre créature
  • en lui donnant la grâce et la capacité de contenir ma Volonté,
  • en lui faisant prendre part à tous mes Actes,
  • en formant ma Vie en elle comme en une seconde Maman
  • pour venir au milieu des créatures,
  • pour Me faire connaître d’elles et
  • pour accomplir le “Fiat Voluntas Tua sur la terre comme au Ciel” ?

Ne veux-tu pas être le point de départ du Règne de ma Volonté sur la terre ?

« Mais, oh ! comme il en a coûté à ma Reine Maman d’être le point de départ de ma Venue au milieu des créatures !

Ainsi, il t’en coûtera d’être le point de départ du Règne de ma Volonté au milieu des créatures. Celui qui doit tout donner doit tout enfermer en lui.

On ne peut donner que ce que l’on a.

Par conséquent, ma fille, ne prends pas à la légère

  • ce qui concerne ma Volonté et
  • ce qu’il convient que tu fasses pour qu’Elle forme sa Vie en toi.

C’est la chose qui M’intéresse le plus. Et tu dois être attentive à mes Enseignements. »

Deo gratias.

Et que Celui qui est si bon pour la moindre de ses créatures soit toujours béni !

FIAT