Les absences de mon doux Jésus se poursuivent. Et mes jours se passent dans un vif purgatoire. Je me sens mourir, mais sans mourir. Je l’appelle, je délire, mais en vain.
Ce que je ressens en moi est si tragique que si cela paraissait à l’extérieur, même les pierres seraient émues de pitié et fondraient en larmes.
Mais, hélas, personne n’est ému de pitié pour moi, même pas Jésus, Lui qui a coutume de me dire qu’Il m’aime tant.
Comme j’étais au comble de mes souffrances, mon bienaimé Jésus, ma Vie, mon Tout, bougea en moi et, formant un berceau avec ses bras, Il m’y berçait en me disant : « Fais dodo, ma fille, dors dans les bras de ton Jésus. Fais dodo, ma petite. »
Et voyant qu’une fois endormie je me réveillais de nouveau, Il répétait : « Fais dodo, ma fille. »
Alors, incapable de résister, à contrecœur et en pleurant,
- je tombai dans un profond sommeil. Puis, après des heures et des heures de sommeil sans que je puisse me réveiller, mon doux Jésus s’appuya sur mon cœur en exerçant une énorme pression.
Malgré cela, je ne pouvais me réveiller. Oh ! combien de choses j’aurais voulu Lui dire, mais le sommeil m’en empêchait !
Puis, après avoir beaucoup lutté contre le sommeil, je vis que mon bon Jésus souffrait beaucoup, à tel point qu’Il semblait suffoquer.
Je Lui dis : « Mon Amour, Tu souffres beaucoup, au point de suffoquer et, pendant ce temps, Tu me fais dormir ? Pourquoi ne me laisses-Tu pas souffrir avec Toi ? Et si Tu veux que je dorme, pourquoi ne dors-Tu pas avec moi ?»
Tout affligé, Il me répondit :
« Ma fille, les offenses dont ils M’affligent sont si nombreuses
- que J’ai le sentiment de Me noyer en elles. Si Je voulais partager mes souffrances avec toi,
- tu ne pourrais pas les subir en restant en vie. Ne ressens-tu pas le poids dont ils M’affligent au point de M’écraser ? Puisque Je suis en toi, il M’est inévitable de partager cela avec toi.
Et si Je voulais dormir avec toi, ma Justice se déverserait sans contrainte sur l’homme et le monde dégringolerait. »
Pendant qu’Il disait cela, Jésus ferma ses yeux. Il sembla que le monde dégringolait et que toutes les choses créées quittaient l’ordre de la création : l’eau, le feu, la terre, les montagnes, etc.,
- s’emmêlaient et devenaient dévastateurs pour l’homme. Qui pourrait dire les grands malheurs qui arrivaient ?
Effrayée, je m’écriai : « Jésus, ouvre les yeux, ne dors pas ! Ne vois-tu pas comment toutes les choses tombent dans le désordre ?»
Jésus me dit : « As-tu vu, ma fille ? Je ne peux Me permettre de dormir. J’ai simplement fermé les yeux et… Si tu savais combien de malheurs sont survenus !
Pour toi, il est nécessaire que tu dormes afin que tu ne succombes pas complètement.
Cependant, sache que Je te place au centre de ma Volonté de telle manière
- que ton sommeil aussi soit un rempart contre ma Justice qui, avec raison, veut se déverser contre les hommes. »