Ayant traversé des jours très amers à cause de la privation de mon doux Jésus, je me sentais comme un misérable chiffon que Jésus mettait de côté tant Il en était dégoûté.
Alors, j’entendis en mon intérieur : « Dans ma Volonté, il n’y a pas de chiffon. Tout y est vie, et Vie divine. Un chiffon devient déchiré et sale parce qu’il ne possède pas la vie. Dans ma Volonté, qui possède la Vie et la donne à toute chose, il n’y a pas de danger que l’âme soit déchirée et, encore moins, qu’elle devienne sale. »
Quant à moi, sans prêter attention à ce que j’entendais, je me disais : « Quelles belles vacances de Noël Jésus me fait passer ! Cela montre bien combien Il rn’ aime !»
Bougeant en moi, Il me dit : « Ma fille, pour celui qui fait ma Volonté, c’est toujours Noël.
Lorsque son âme entre dans ma Volonté, Je suis conçu en elle. Quand elle poursuit dans ma Volonté, Je lui apporte ma vie. Quand elle complète son acte, une plus grande chose se produit : cette âme est elle-même conçue en Moi, apportant sa vie dans la mienne et participant à mes propres actes.
Celui qui participe à la fête de Noël une fois par année vit quelque chose de nouveau en lui.
Mais, pour celui qui vit dans ma Volonté, c’est toujours Noël : Je renais à travers chacun de ses actes.
Veux-tu donc que Je naisse en toi une fois par année seulement ? Non, non !
Pour celui qui fait ma Volonté,
- ma Naissance, ma Vie, ma Mort et ma Résurrection forment un Acte continu, jamais interrompu
Sinon, quelle serait la différence, l’incommensurable différence, par rapport aux autres saintetés ?»
En entendant ces mots, je me sentis encore plus aigrie et je me dis : « Que de fantaisies ! Ce que j’entends n’est rien d’autre qu’un très subtil orgueil de ma part. Seulement mon orgueil peut me suggérer de telles choses et atteindre le point de me faire écrire tant de choses concernant la Volonté de Dieu. Les autres sont bons et humbles. Et c’est pourquoi personne d’autre n’a jamais osé écrire quelque chose. »
Pendant que je pensais ainsi, je ressentais une telle douleur que je sentais mon cœur se briser. J’essayai de me distraire pour ne rien ressentir. Quelle terrible lutte, au point de me sentir mourir !
Mon bien-aimé Jésus se fit voir comme s’Il voulait m’en dire plus concernant sa Très Sainte Volonté.
Je lui dis : « Mon Jésus, aide-moi ; ne vois-Tu pas combien d’orgueil il y a en moi ? Aie pitié de moi, libère-moi de ce subtil orgueil. Je ne veux rien savoir si ce n’est de t’aimer !»
Il me dit : « Ma fille, les croix et les douleurs sont comme un pressoir pour l’âme.
Tout comme le pressoir sert à écraser et à peler les raisins de telle façon que le jus pour le vin aille d’un côté et les pelures de l’autre. ainsi les croix et les douleurs, comme un pressoir, pèlent l’âme
- de l’orgueil,
- de l’amour de soi,
- des passions et
- de tout ce qui est humain. ne laissant que le pur vin des vertus.
Ainsi, mes vertus
- se répandent dans l’âme comme sur un canevas blanc
- et s’y inscrivent avec des caractères indélébiles.
Comment peux-tu donc craindre si,
- à chaque fois que Je te manifeste mes Vérités au sujet de ma Volonté, cela est précédé de croix et de douleurs ?
Plus les Vérités sont élevées. plus intenses sont les douleurs.
Ce n’est rien d’autre que la pression du pressoir que J’exerce sur toi pour que tout ce qui est humain en toi soit enlevé.
Il est de mon intérêt plus que du tien que ces Vérités ne soient pas mêlées avec les pelures des passions humaines. »
Je repris : « Mon Jésus, pardonne-moi si je Te dis ceci, mais Tu es Toi-même la cause de mes peurs. Si Tu ne te cachais pas et ne me privais pas de Toi, il n’y aurait en moi aucune place pour que ces peurs s’élèvent.
Ah ! Jésus, Tu me fais mourir, et cela d’une mort cruelle et double, puisque je ne meurs pas. Ah ! si seulement je pouvais mourir vraiment, comme ce serait doux pour moi ! Ah ! Jésus, je T’assure, je ne peux en supporter plus :
- soit que Tu me prennes avec toi
- ou que Tu restes avec moi. »
Pendant que je disais cela, mon aimable Jésus me serra dans ses bras. C’était comme s’Il pressait quelque chose avec ses mains et je me sentais comme sous un pressoir. Je suis incapable de dire la souffrance que je ressentis Lui seul sait ce qu’Il m’a fait souffrir.
Après, Il m’a dit : « Bien-aimée fille de ma Volonté, regarde à l’intérieur de Moi comment la Volonté Suprême ne concéda même pas un souffle de vie à ma volonté humaine, aussi sainte qu’elle fut.
Je devais rester sous la pression de la Volonté Divine plus que sous un pressoir. Elle constituait la Vie
- de tous mes battements de cœur,
- de toutes mes paroles,
- de tous mes actes.
Et ma petite volonté humaine mourait dans chacun
- de mes battements de cœur,
- de mes respirations,
- de mes actes,
- de mes paroles, etc.
En réalité, cette volonté n’a jamais eu la vie. Je ne l’avais que pour la faire mourir continuellement. Et, bien que cela fut
- un grand honneur pour mon Humanité et
- le plus grand des prodiges, chaque mort de ma volonté humaine se transformait
- en une Vie de la Volonté Divine .
Ces morts continuelles furent le plus grand et le plus amer martyre de mon Humanité.
Oh ! comme les douleurs mêmes de ma Passion furent petites devant ces morts continuelles en Moi.
Par cela, Je donnais une gloire parfaite à mon Père Céleste que J’aimais d’un Amour surpassant tout l’amour de toutes les créatures.
Mourir, souffrir, faire quelque chose de grand quelques fois, par intervalles, cela n’est pas aussi grand. Les saints et les autres bonnes créatures ont fait ainsi. Mais, comme ce n’était pas continuel, ça ne constituait
- pas une gloire parfaite pour le Père,
- ni une rédemption pouvant s’étendre à tous.
Donc, ma fille nouvelle-née dans ma Volonté Éternelle, vois où ton Jésus te veut : sous le pressoir de ma Volonté Divine ,
- de sorte que ta volonté puisse recevoir des morts continuelles, tout comme ce fut le cas pour ma volonté humaine.
Sinon, Je ne pourrai pas faire se lever l’ère nouvelle dans laquelle ma Volonté pourra régner sur la terre.
Cela prend
- des actes,
- des souffrances et
- des morts continuelles pour que le Fiat Voluntas Tua descende du Ciel sur la terre.
Prends garde, ma fille, ne regarde pas les autres, pas même les saints,
- concernant la façon dont Je me suis conduit avec eux : Ca pourrait t’amener à être surprise de ma façon d’agir avec toi.
Avec eux, Je voulais faire une chose ; avec toi c’est quelque chose de complètement différent. »
Pendant qu’Il disait cela, Il prit la forme du crucifié
- en appuyant son front contre le mien et
- en couvrant toute ma personne. Je me sentis sous sa pression, en proie à sa Volonté.