Je me sentais anéantie par la souffrance de la privation de Jésus. Et j’avais la triste pensée qu’Il ne reviendrait plus. Oh ! comme il m’était pénible de penser que je ne reverrais jamais plus celui qui est toute ma vie, ma joie et mon bien.
Pendant que j’entretenais ces pénibles pensées, mon doux Jésus bougea en moi et Il me dit : « Ma fille, comment pourrais-Je te laisser puisque ma Volonté est emprisonnée dans ton âme,
- où Elle donne vie à tous tes actes et
- où Elle place sa Vie comme dans son centre ?
C’est ainsi que sa Vie se trouve à un endroit sur la terre. Ah ! si ma vie n’était pas là sur la terre, ma Justice se déverserait avec tant de furie qu’Elle l’annihilerait. »
En entendant ces mots, je lui dis : « Mon Jésus, ta Volonté est partout et tu dis qu’elle est emprisonnée en moi ?»
Il reprit : « Elle est en effet partout
- par son Immensité,
- par son Omniprésence,
- par sa Puissance.
Comme une Reine, Elle se soumet tout,
- ne laissant personne échapper à son empire.
Mais, en tant que Vie dans laquelle les créatures immergent leur vie
- pour ainsi former la Vie de la Volonté Divine sur la terre, cela n’existe pas. Pour ceux qui n’accomplissent pas ma Volonté,
- c’est comme si ma Volonté n’existait pas.
C’est comme si
- une personne avait de l’eau dans sa chambre mais ne voulait pas en boire,
- ou qu’elle avait une source de chaleur mais ne voulait pas s’en approcher pour se réchauffer,
- ou qu’elle avait du pain à sa disposition mais ne voulait pas en manger.
Ne se servant pas de ces éléments à sa disposition pour entretenir sa vie, elle pourrait mourir de soif, de froid et de faim.
Si elle ne s’en servait que rarement, elle serait faible et malade. Si elle s’en servait tous les jours, elle serait en santé et robuste.
Quand on possède un bien, il faut savoir s’en servir et s’en servir de la bonne manière ; c’est ainsi qu’on peut en tirer profit.
Il en va ainsi en ce qui concerne ma Volonté : pour qu’Elle devienne la Vie d’une âme, celle-ci doit faire disparaître sa propre volonté en l’immergeant dans la Mienne. Sa volonté ne doit plus exister.
Ma Volonté. comme acte premier, doit prendre possession de tous ses actes et se donner à elle, soit en tant qu’eau pour étancher sa soif avec son eau céleste et divine, soit en tant que feu,
- pas seulement pour la réchauffer,
- mais pour détruire ce qui est humain en elle et le remplacer par la Vie de ma Volonté, soit en tant que nourriture, pour la nourrir et la rendre robuste et en parfaite santé.
Oh ! comme il est difficile de trouver une créature qui soit prête à renoncer à tous ses droits pour n’accorder qu’à ma Volonté le droit de régner en elle !
Presque toutes veulent garder quelque chose de leur propre volonté. Parce que ma Volonté ne règne pas complètement en elles, Elle ne peut former sa Vie en elles. »