Je vivais de grands tourments,
- dépossédée presque totalement de mon doux Jésus. Son absence est un martyre terrible
- non assorti de la possibilité de prendre le Ciel par la force, comme c’est le cas pour les martyrs
- ce qui rend douce leur souffrance.
Être séparé de Jésus est un martyre déchirant
- qui ouvre un abîme entre l’âme et Dieu. On se sent mourir, bien que la mort ne vienne pas.
Oh ! mon Dieu ! quelle misère ! Pendant que j’étais plongée dans cet abîme de souffrance, je sentis Jésus bouger en moi et je Lui dis :
« Ah ! mon Jésus, Tu ne m’aimes donc plus ! » Il ne fit pas attention à moi. Il me paraissait tourmenté, tenant dans sa main un objet noir qu’Il était sur le point de lancer aux créatures.
Puis, Il prit mon cœur dans ses mains et le serra fortement, le perçant. J’accueillis cette souffrance comme un soulagement et comme un parfum
- en comparaison de la souffrance d’être séparée de Lui. Oh ! comme je craignais qu’Il m’enlève cette souffrance et me plonge de nouveau dans l’abîme de souffrance d’être séparée de Lui !
Ensuite, Il me dit : « Ma fille, Je n’accorde aucune attention aux paroles. Je n’en accorde qu’aux réalisations.
Crois-tu qu’il est facile de trouver une âme qui veuille vraiment souffrir ? Oh ! comme c’est difficile ! Elles disent qu’elles veulent souffrir mais,
- dès qu’elles sont affligées d’une peine, elles se sauvent.
Comme elles veulent se libérer ! Je reste toujours seul dans mes souffrances !
Aussi, lorsque Je trouve une âme
- qui ne fuit pas la souffrance et
- qui veut Me tenir compagnie dans mes souffrances, attendant sans cesse que Je lui apporte le pain de la souffrance, cela Me donne le ravissement de l’amour et Me rend d’une générosité extravagante envers elle, au point d’étonner le Ciel et la terre.
Crois-tu que Je reste insensible au fait que,
- pendant que tu étais séparée de Moi,
- tu désirais que Je t’apporte mes souffrances ? »
Pendant qu’Il disait cela, Il me fit observer que le Saint Sacrement passait dans la rue. Il m’embrassa fortement et je Lui demandai : « Mon Jésus, qu’arrive-t-il ? Où t’en vas Tu et qui Te porte ? »
Il répondit tristement : « Je vais chez une personne malade, porté par un bourreau des âmes. » Apeurée, je Lui dis : « Jésus, que dis-Tu ? Comment un de tes ministres peut-il être un bourreau des âmes ? »
Il répondit : « Il y a de nombreux bourreaux des âmes dans mon Église ! Il y a ceux
- qui sont attachés à l’argent et
- qui immolent les âmes par leurs mauvais exemples. Au lieu d’aider les âmes à se détacher de tout ce qui est de la terre, ils les rendent encore plus attachées.
Il y a les indécents qui, au lieu de purifier les âmes, les défigurent. Il y a les bourreaux qui se vouent
- aux passe-temps, aux plaisirs, aux promenades ou autres. Ils distraient les âmes plutôt que
- de les réunir et de leur inspirer l’amour de la prière et de la solitude.
Ce sont là autant de façons d’immoler les âmes. Comme cela me brise le Cœur de voir que ceux-là mêmes
- qui sont supposés les aider à se sanctifier
- les poussent à la ruine ! »