J’étais hors de mon corps et très perturbée par l’absence de mon adorable Jésus.
En fait, je me sentais torturée. Mon pauvre cœur se débattait entre la vie et la mort. Quoiqu’il me semblait que j’allais mourir, une force cachée me renforçait pour me permettre de continuer mon amère agonie.
Oh ! être sans Jésus, quelle situation pitoyable et cruelle ! La mort elle-même n’est rien en comparaison ! Alors que la mort nous conduit à la vie éternelle, la privation de Jésus fait fuir la vie elle-même.
Tout cela n’était pourtant rien. Ma pauvre âme, désirant que je vive, laissait mon corps espérer retrouver la vie au moins extérieurement.
À la place, je me trouvais dans une immensité sans limite. Dans cet abîme, je regardais dans toutes les directions en me disant : « Qui sait, je pourrai peut-être le voir, au moins à distance, et me lancer dans ses bras ? »
Mais tout était inutile. J’avais peur de tomber dans le gouffre. Sans Jésus, où allais-je aboutir ? Qu’adviendrait-t-il de moi ? Je tremblais, je criais, je pleurais, mais personne n’avait pitié de moi. Je voulais retourner dans mon corps, mais une force inconnue m’en empêchait.
C’était un état horrible parce que, en dehors de mon corps, mon âme se lance normalement vers son Dieu comme vers son centre,
- plus rapidement qu’une pierre qui, lâchée d’une grande hauteur, tombe en direction du centre de la terre.
C’est dans la nature d’une pierre
- de ne pas rester suspendue en l’air
- mais de chercher la terre comme appui et endroit de repos.
De même, il est dans la nature de l’âme, lorsqu’elle a laissé son corps, de se lancer vers le centre d’où elle est sortie.
Cette situation me causait une crainte et un brisement de cœur que je pourrais qualifier de souffrances issues directement de l’enfer. Pauvres âmes qui sont sans Dieu, comment font-elles ? Quelle souffrance est pour elles la perte de Dieu ! Ah ! mon Jésus, ne permets à personne de te perdre !
Après un certain temps dans cet état horrible, je retournai dans mon corps.
M’y rejoignant, mon doux Jésus plaça ses bras autour de mon cou et me laissa voir qu’il tenait un très petit bébé fille.
Le bébé semblait au seuil de la mort. Jésus souffla un peu sur lui puis le tint contre son cœur. Le pauvre enfant retourna à son agonie, mais il ne mourut pas ni ne revint à lui.
Jésus était très attentif, le surveillant, l’aidant, le soutenant Le plus petit mouvement de l’enfant en train de mourir ne lui échappait pas.
Toutes les souffrances de ce pauvre petit me brisait le cœur.
Me regardant, Jésus me dit :
« Ma fille, ce petit bébé est ton âme. Vois-tu comme je t’aime ? avec quel souci je veille sur toi ? Je te garde en vie avec le souffle de ma Volonté.
Ma Volonté te rend petite, te fait mourir et te ramène à la vie. Mais, ne crains pas, je ne t’abandonnerai jamais ! Mes bras te presseront toujours sur ma poitrine. »