Mes jours sont pleins d’amères souffrances parce que je ne vois que rarement Jésus. Même lorsqu’il se manifeste, c’est comme un éclair qui s’évanouit à l’instant.

Quelle souffrance ! Quelle peine effroyable ! Mon esprit devient désolé par la pensée que ma Vie, mon Tout, ne reviendra jamais : « Ah ! tout est fini pour moi ! Comment le retrouverai-je ? À qui dois-je le demander ? Ah ! Personne n’a pitié de moi !»

Pendant que j’étais plongée dans ces pensées, mon toujours aimable Jésus vint et Il me dit :

« Ma pauvre fille, ma pauvre fille, comme tu souffres ! Ton état de souffrance surpasse même celui des âmes du purgatoire. Elles sont privées de ma Présence parce qu’elles se voient salies par leurs péchés.

Leurs péchés

  • non seulement les empêchent de Me voir mais
  • leur interdisent même de s’approcher de Moi parce que même le plus insignifiant péché ne peut exister en Présence de ma Sainteté infinie.

Même si Je leur permettais de venir en ma Présence, -souillées comme elles sont,

  • cela leur causerait des tourments plus grands que ceux de l’enfer même.

Il n’y a pas de plus grand tourment auquel Je pourrais soumettre une âme que de l’obliger à être en ma Présence quand elle est encore salie par le péché.

Pour cette raison, afin d’alléger ses tortures, Je permets à l’âme

  • de se purger d’abord de ses fautes et,
  • ensuite, de venir en ma Présence.

Mais en ce qui concerne la Petite Fille de ma Volonté, ce ne sont pas ses fautes qui m’empêchent de me manifester à elle. C’est ma Justice qui s’interpose entre nous deux.

Voilà pourquoi, quand tu ne peux Me voir. Tes souffrances surpassent toutes tes autres souffrances.

Pauvre fille, prends courage, tu es associée à mon propre destin. Comme elles sont terribles les peines de la Justice ! Je ne peux les faire partager qu’à ceux qui vivent dans ma Volonté parce qu’il faut une force divine pour les supporter.

Ne crains pas, Je reviendrai bientôt à notre relation habituelle. Laisse les répercussions de la Justice rejoindre les créatures. Permets à tes souffrances de s’étendre sur les autres créatures. Car tu ne pourrais les porter seule..

Après, Je serai avec toi comme auparavant. Mais, même présentement, Je ne t’abandonne pas. Moi aussi Je sais que tu ne peux être sans Moi. Aussi, Je serai au plus profond de ton cœur et là, Nous nous parlerons. »

Après cela, J’ai suivi les Heures de la Passion, en particulier la partie où Jésus a été vêtu et traité comme un dément.

Mon esprit était totalement plongé dans ce mystère quand Jésus me dit : « Ma fille, ce fut la scène la plus humiliante de ma Passion : être habillé et traité comme un fou.

Cela fit de Moi un jouet, une diversion pour les Juifs. Mon infinie Sagesse ne pouvait être soumise à une plus grande humiliation. Mais il était nécessaire que Moi, le Fils de Dieu, Je subisse cette souffrance.

Le péché rend l’homme fou. Il n’y a pas de plus grande insanité. De roi qu’il est, il le transforme en

  • un esclave et
  • un jouet des plus vilaines passions qui le tyrannisent encore plus que s’il était un dément.

Ces passions, selon leurs propres caprices et fantaisies, le lancent dans la fange et le couvrent de ce qu’il y a de plus abject.

Oh ! Que le péché est affreux ! L’homme ne pourrait jamais être autorisé

  • à se présenter devant la Majesté Suprême en état de péché.

J’ai voulu subir un tel châtiment pour implorer que l’homme quitte cet état d’insanité. J’ai offert à mon Père céleste mes souffrances

  • en échange des punitions que l’homme méritait pour ses insanités.

Chaque souffrance que J’ai subie était l’écho des souffrances que les créatures méritent. Cet écho a résonné en Moi et m’a rendu victime

  • du ridicule,
  • des moqueries et
  • de tous les tourments. »