Me trouvant dans mon état habituel, je restai éveillée presque toute la nuit.
Mes pensées volaient souvent vers mon Jésus prisonnier. Il m’apparut dans une épaisse noirceur.
Je sentais sa présence et sa pénible respiration, mais je ne Le voyais pas. J’essayai de m’unir à sa très sainte Volonté,
- répétant mes actes habituels de sympathie et de réparation. Un rayon de la plus brillante lumière sortit de moi et se reflétait sur son Visage.
Sa très sainte Face en fut illuminée. Ainsi, la noirceur se dissipa et je pus embrasser ses genoux.
Il me dit :
« Ma fille, les actes accomplis dans ma Volonté sont pour Moi comme le jour. Avec ses péchés, l’homme m’entoure de noirceur. Encore plus que les rayons solaires, les actes accomplis dans ma Volonté
- me protègent contre la noirceur et
- m’entourent de lumière, m’aidant à me reconnaître à travers les créatures.
Voilà pourquoi J’aime tant les personnes qui vivent dans ma Volonté. Elles peuvent
- tout me donner et
- me défendre contre tous.
Je me sens disposé
- à tout leur accorder et
- à les combler de toutes les bonnes choses que Je prévoyais offrir aux autres.
Supposons
- que le soleil soit doué de raison,
- qu’il en soit ainsi pour les plantes et
- que, sciemment, celles-ci rejettent sa lumière et sa chaleur, ne désirant ni croître ni produire des fruits.
Supposons d’autre part qu’une seule plante
- reçoive aimablement la lumière du soleil et
- désire lui présenter tous les fruits que les autres plantes ne veulent pas produire.
Ne serait-il pas juste que,
- retirant sa lumière des autres plantes,
- le soleil déverse toute sa lumière et sa chaleur sur cette seule plante ?
Eh bien !
- Ce qui ne peut pas arriver au soleil parce qu’il n’a pas la raison,
- peut survenir entre une âme et Moi-même. »
Après avoir dit cela, Il disparut. Plus tard, Il revint et Il ajouta :
« Ma fille, la douleur qui m’affligea le plus au cours de ma Passion fut l’hypocrisie des pharisiens.
Ils feignaient la justice alors qu’ils étaient les plus injustes. Ils simulaient la sainteté, la rectitude et l’ordre, alors qu’ils étaient les plus pervertis,
- en dehors de toute règle et dans un total désordre.
Pendant qu’ils feignaient d’honorer Dieu,
- ils s’honoraient eux-mêmes,
- ils soignaient leurs propres intérêts, leur propre confort.
La lumière ne pouvait entrer en eux. Car leur hypocrisie en avait fermé toutes les portes.
Leur vanité
- était la clé qui, à double tour, les enfermait dans leur mort et
- arrêtait même toute faible lumière.
Même l’idolâtre Pilate a trouvé plus de lumière que les pharisiens. Car tout ce qu’il a fait et dit découlait
- non d’une prétention, mais de la peur.
Je me sens
- plus attiré par le pécheur, même le plus pervers, s’il n’est pas fourbe,
- que par ceux qui sont meilleurs mais hypocrites.
Oh ! Comme me dégoûte celui
- qui fait le bien en surface, prétend être bon,
- prie, mais en qui le mal et l’intérêt égoïste sont camouflés. Pendant que ses lèvres prient, son cœur est loin de Moi.
Au moment où il fait le bien, il pense à satisfaire ses passions brutales.
En dépit
- du bien qu’il accomplit en apparence et des paroles qu’il prononce, l’homme hypocrite
- ne peut pas apporter la lumière aux autres parce qu’il en a verrouillé les portes.
Il agit comme un démon incarné qui, sous le déguisement du bien,
- tente les créatures. Voyant quelque chose de bon, l’homme est attiré. Mais lorsqu’il est au plus beau du chemin, il se voit entraîné dans les péchés les plus graves.
Oh ! Les tentations qui se présentent sous l’apparence du péché sont moins dangereuses que celles qui se présentent sous l’apparence du bien !
Il est moins dangereux
- de traiter avec des personnes perverses
- qu’avec celles qui semblent bonnes mais sont hypocrites. Que de poisons ces dernières cachent ! Combien d’âmes n’ont-ils pas empoisonnées ?
Si ce n’était pas de ces simulations et si tous me connaissaient pour ce que Je suis,
- les racines du mal seraient enlevées de la surface de la terre
- et tous seraient détrompés. »