Je vis dans la privation presque continuelle de Jésus. Au mieux, Il se laisse voir brièvement, puis Il disparaît comme l’éclair. Ah ! Lui seul connaît le martyre de mon pauvre coeur !
Je pensais à l’Amour avec lequel mon toujours aimable Jésus a tant souffert pour nous.
Il me dit : « Ma fille, mon premier martyre fut l’Amour, lequel donna naissance à mon second : la souffrance.
Chacune de mes Souffrances était précédée d’une mer d’Amour. Quand mon Amour s’est vu seul et abandonné par la majorité des créatures, Il devint délirant. Ne trouvant pas à qui se donner, Il se concentrait en Lui-même.
Cela Me donnait une telle souffrance que, en comparaison, mes autres souffrances étaient des soulagements. Ah ! quand mon Amour trouve de la compagnie, Je Me sens heureux.
L’Amour en compagnie d’un autre amour est heureux. Même s’il ne s’agit que d’un petit amour Parce qu’Il trouve à qui se donner, à qui donner la Vie.
Quand l’Amour se trouve auprès de quelqu’un qui ne l’aime pas ou le méprise, Il est très malheureux. La beauté à côté de la laideur se sent déshonorée. Les deux se fuient. Parce que la beauté déteste la laideur. Et parceque la laideur se sent plus laide encore à côté de la beauté.
Ce qui est beau est heureux d’être auprès de ce qui est beau. Les deux se communiquent réciproquement leur beauté.
À quoi sert à l’enseignant de s’être tant instruit
- s’il ne trouve aucun élève à qui enseigner ? À quoi sert au médecin d’avoir étudié l’art de la médecine
- si personne ne se présente à lui pour recevoir ses soins ?
Quel avantage un homme riche retire- t-il de sa richesse
- s’il est toujours seul et ne trouve personne avec qui partager sa richesse ?
La compagnie rend heureux,
- permettant au bien de se communiquer et de croître. L’isolement rend malheureux et stérile.
Ah ! ma fille, combien mon Amour souffre de son isolement ! Les quelques personnes qui Me tiennent compagnie sont ma consolation et mon bonheur. »