Je me plaignais à mon toujours aimable Jésus en Lui disant : « Comme Tu as changé ! Est-ce possible qu’il n’y ait plus de souffrance pour moi ?
Tous souffrent. Je suis la seule à être indigne de cela ! C’est vrai que je surpasse tout le monde en méchanceté mais, je T’en prie, aie pitié de moi. Ne me refuse pas au moins les miettes des souffrances
- que Tu distribues en abondance aux autres.
Mon Amour, dans quel état terrifiant je me trouve ! Aie pitié de moi, aie pitié !»
Pendant que je disais cela, mon doux Jésus bougea en moi et Il me dit :
« Ma fille, calme-toi ! Sinon, tu ouvriras plus profondément les déchirures de mon Coeur ! Veux-tu Me surpasser dans la souffrance ? Moi aussi J’aurais voulu porter en Moi toutes les souffrances de toutes les créatures.
Mon Amour envers elles était si grand que J’aurais voulu qu’aucune ne souffre. Cependant, Je n’ai pas pu obtenir cela. J’ai dû me soumettre à la Sagesse et à la Justice du Père.
Quoiqu’Il m’ait permis de prendre sur Moi la plus grande part des souffrances des créatures, Il n’a pas voulu que Je les prenne toutes afin que soient préservés les droits et l’équilibre de sa Justice.
Mon Humanité aurait voulu souffrir assez pour que soit mis un terme
- à l’enfer, au purgatoire et à tous les châtiments.
Mais la Divinité ne l’a pas voulu ainsi.
La Justice a dit à l’Amour : “Tu as voulu tes droits ? Ils t’ont été concédés. La Justice a aussi ses droits.”
Je me suis ainsi résigné à la Sagesse du Père. Mais mon Humanité en ressentit beaucoup de peine, vu les grandes souffrances qui allaient tomber sur les créatures.
Tes plaintes de ne pas souffrir font écho à mes propres plaintes sur le même sujet. Je viens fortifier ton coeur, sachant combien cette souffrance est pénible. Sache, cependant, que cela est aussi une souffrance pour ton Jésus. »
Par amour pour mon Jésus, je me suis résignée à ne pas souffrir. Mais le tourment de mon coeur en fut très grand.
Plusieurs idées parcouraient mon esprit, spécialement en ce qui concerne ce qu’Il m’a dit concernant sa Divine Volonté. Il me semblait que je ne pourrais jamais voir en moi les effets de ses Paroles sur cette question.
Jésus ajouta aimablement :
« Ma fille, quand Je t’ai demandé si tu consentirais à vivre dans ma Volonté, tu as accepté en disant : “Je dis’ oui’, non pas dans ma volonté mais dans la Tienne, afin que mon ‘oui’ ait toute la puissance et toute la valeur d’un oui divin.”
Eh bien ! sache que ce “oui “prononcé par toi existe et existera toujours, tout comme ma Volonté.
Avec ce “oui”, ta vie personnelle a pris fin. Ta volonté ne doit plus vivre par elle-même.
Comme toutes les créatures sont dans ma Volonté, tu es venue au nom de toute la famille humaine déposer au pied de mon trône, d’une manière divine,
- les pensées de toutes les créatures que tu portais dans ta propre pensée, pour Me donner la gloire pour toutes ces pensées.
Dans ton regard, dans ton parler, dans tes actions, dans la nourriture que tu manges, et même dans ton sommeil,
- fais de même en me donnant la gloire pour les actions correspondantes des créatures.
Ta vie doit tout embrasser. Si, opprimée par la privation de Moi,
- tu n’unissais pas toute la famille humaine à tes actions, Je te réprimanderais.
Et si tu ne M’écoutais pas, Je te dirais tout affligé : “Si tu ne veux pas me suivre, Je ferai les choses seul.”
Vivre dans ma Volonté, c’est vivre
- départi de sa vie personnelle,
- départi de ses réflexes personnels. c’est embrasser toutes les autres vies.
Sois attentive à cela et ne crains pas. »