Mon état était de plus en plus douloureux. Pendant que j’étais noyée dans l’océan de la privation de mon doux Jésus, ma vie et mon tout, je ne pouvais pas m’empêcher de me plaindre et même de dire des idioties. Bougeant en moi, mon doux Jésus me dit en soupirant :
« Ma fille, tu es le plus dur martyre de mon Coeur. Chaque fois que Je te vois gémir, paralysée par la douleur de la privation de Moi, mon martyre devient plus pénible.
Ma douleur est si grande que Je gémis en disant :
“Ô homme, combien tu me coûtes ! Tu as formé le martyre de mon Humanité qui, folle d’amour pour toi, prit sur elle-même toutes tes souffrances. Et tu continues en faisant le martyre de celle qui, saisie d’amour pour Moi et pour toi, s’est offerte comme victime à cause de toi. »
Ainsi, mon martyre est continuel. Je le sens plus vivement
- parce que c’est le martyre de quelqu’un qui M’aime et
- et que le martyre d’Amour surpasse tous les autres martyres ensemble.” »
Puis, approchant sa bouche près de l’oreille de mon coeur, Il dit en gémissant :
« Ma fille, ma fille, ma pauvre fille ! Seul ton Jésus te comprend et est rempli de compassion pour toi, parce que Je sens dans mon Coeur ton martyre. »
Il ajouta : « Écoute, ma fille : si, avec le châtiment de la guerre, l’homme
- s’était humilié et était entré en lui-même, aucun autre châtiment ne serait nécessaire. Mais il s’est déchaîné encore plus.
Ainsi, pour le faire entrer en lui-même, des châtiments pires que la guerre sont nécessaires et viendront.
Ma Justice aménage mon absence. C’est ainsi que Je M’abstiens de venir vers toi.
Car, si Je viens vers toi, tu t’empares de ma Justice. Et, par tes souffrances, tu combles les vides que l’homme se fait par ses péchés. N’as-tu pas fait cela pendant de nombreuses années ?
L’entêtement de l’homme le rend indigne de ce grand bien C’est pourquoi Je te prive souvent de Moi.
En te voyant martyrisée à cause de Moi,
- mon chagrin est si grand que J’en délire.
Je suis contraint
- de te cacher mes gémissements et
- de ne pas les verser en toi, de manière à ne pas te donner encore plus de souffrances. »