Je vis des jours très amers. Mon pauvre coeur est paralysé par la souffrance à cause de la privation de Celui qui est ma vie et mon tout. Quoique résignée, je ne peux pas m’empêcher de me plaindre à mon doux Jésus quand Il passe hâtivement devant moi ou qu’Il bouge en moi.
Je me souviens qu’un jour, pendant que je me plaignais, Il me dit :
« L’abandon entre mes Mains est comme deux torrents qui se rejoignent avec une grande force.
Leurs eaux réunies forment des vagues si hautes qu’elles parviennent jusqu’au Ciel, ce qui a pour conséquence que leurs lits se vident.
Le murmure de ces eaux atteignant le Ciel est si beau et harmonieux que le Ciel se sent honoré et investi d’une nouvelle beauté.
Et les saints disent en choeur : “Cette harmonie ravissante provient d’une âme qui s’est abandonnée à Dieu. Que c’est beau, que c’est beau !” »
Un autre jour, Il me dit :
« De quoi as-tu donc peur ? Abandonne-toi à moi et tu seras entourée par Moi comme d’un cercle.
De telle façon que
- si les ennemis, les occasions ou les dangers se présentent, ils auront affaire à Moi, pas à toi : Je répondrai à ta place.
Le vrai abandon à Moi résulte en
- un repos pour l’âme et
- un travail pour Moi.
Si l’âme est nerveuse, cela signifie qu’elle n’est pas abandonnée à Moi. Pour celle qui veut vivre par elle-même, son agitation est sa juste peine Elle Me fait grand mal et se fait grand préjudice. »
Un autre jour où je me lamentais avec plus de force, mon aimable Jésus me dit avec une grande bonté :
« Ma fille, calme-toi ! Ce que tu vis est en vue des nouveaux châtiments qui viennent. Lis bien ce que Je t’ai fait écrire et tu trouveras que les châtiments ne sont pas tous arrivés. Beaucoup d’autres villes seront détruites ! Les nations continueront à s’opposer l’une à l’autre. Qu’en sera-t-il de l’Italie ? Ses nations amies deviendront ses plus féroces ennemis.
Patience donc, ma fille ! Quand tout sera prêt pour rappeler l’homme à l’ordre, Je viendrai à toi comme auparavant et nous pleurerons et prierons ensemble pour l’homme ingrat.
Quant à toi, ne quitte jamais ma Volonté.
Puisque ma Volonté est éternelle, tout ce qui est fait en Elle acquiert une Valeur éternelle et infinie. C’est comme une monnaie
- qui prend sans cesse de la valeur et ne s’écroule jamais.
Les plus petits Actes faits dans ma Volonté s’inscrivent dans le Ciel
- en caractères indélébiles
- en se disant : « Nous sommes des Actes éternelles parce qu’une Volonté éternelle nous a formées.”
« C’est comme si de l’or liquide avait été versé dans un vase d’argile et qu’à partir de cet or, un orfèvre fabriquait des objets en or.
Pourrait-on dire que cet or n’est pas de l’or parce qu’il a été versé dans un vase d’argile ? Certainement pas ! De l’or est toujours de l’or, quel que soit le contenant dans lequel il se trouve.
Dans cet exemple, le vase d’argile représente l’âme et l’or, ma Volonté. Les actes de la créature agissant dans ma Volonté lient ma Volonté à la sienne et les deux se liquéfient ensemble.
À l’aide de ce liquide, Moi, l’orfèvre divin, Je transforme les actes de l’âme en or éternel de telle façon
- que Je puisse dire que ces actes sont Miens et
- que, également, l’âme puisse dire qu’ils sont siens. »