Je vis des jours très amers. Mon aimable Jésus ne se laisse voir que très peu ou pas du tout, ou comme l’éclair. Je me souviens qu’une nuit, Il m’apparut exténué. Il portait dans ses bras comme un paquet d’âmes.
Me regardant, Il me dit : « Ah ! ma fille, la tuerie qu’ils feront sera telle que seulement ce paquet d’âmes que Je tiens sera épargné ! À quelle folie les hommes en sont-ils arrivés ? Toi, ne te trouble pas ! Sois fidèle pendant mon absence.
Et, après la tempête, Je te paierai abondamment pour toutes tes privations,
- redoublant mes visites et mes grâces. »
Puis, presqu’en pleurant, Il disparut. Inutile de dire la torture de mon pauvre coeur !
Un autre jour, une illumination rapide de mon esprit me fit comprendre que lorsque Jésus béni plaça le ciel au-dessus de nos têtes, Il plaça aussi un ciel dans notre âme, en fait, plusieurs cieux.
Notre intelligence est un ciel, notre vision est un ciel, notre parler, notre agir, nos désirs, nos affections, notre coeur sont des cieux.
Avec la différence que le ciel extérieur ne change pas
- les étoiles n’augmentent pas et ne diminuent pas alors que les cieux de notre intérieur sont sujets à des changements.
Si le ciel de notre esprit pense saintement, alors, pendant qu’elles se forment, nos pensées créent des étoiles, des soleils et de très belles comètes.
Et quand notre ange les voit, il les prend et les place dans le ciel de notre intelligence.
Si le ciel de notre esprit est saint, - il en va ainsi de notre regard, de nos paroles, de nos désirs et de nos battements de coeur.
Ainsi,
- nos regards deviennent des étoiles,
- nos paroles se changent en lumière,
- nos désirs sont des comètes,
- nos battements de coeur forment un soleil. Chacun de nos sens orne son propre ciel.
Par contre, si notre esprit est mauvais, rien de beau n’est formé. Plutôt une grande noirceur s’étend et vient obscurcir nos autres cieux.
Ainsi,
- notre regard envoie des éclairs d’impatience,
- notre parler profère des blasphèmes,
- nos désirs jettent des éclairs de passions brutales,
- notre coeur émet une grêle dévastatrice sur les travaux des créatures. Pauvres cieux, ils sont obscurs à faire pitié !