Étant dans mon état habituel, je me suis retrouvée hors de mon corps. Et j’ai vu Jésus Enfant monter sur mon lit. Il frappa mon corps avec ses mains et me donna aussi quelques coups de pied. Après m’avoir bien battue et piétinée, Il disparut.

Je réintégrai mon corps, mais sans comprendre la raison de ces coups. J’étais cependant contente, puisque j’avais été toute proche de Jésus pendant qu’Il me battait.

Encore toute rossée, je fus surprise de nouveau par Jésus béni qui,

  • enlevant de sa tête sa couronne d’épines, la fixa sur ma tête avec une telle force que les épines pénétrèrent en moi. Puis, se plaçant en mon intérieur, comme en position pour avancer, Il me dit :

« Ma fille, comment vas-tu ? Allons-y, allons plus avant dans les châtiments pour le monde !»

Je devins tout effrayée en voyant qu’Il unissait ma volonté à la Sienne pour que nous poursuivions à nous deux les châtiments du monde.

Il ajouta : « Ce que Je te dis, tu ne dois pas l’oublier. Rappelle-toi que, il y a quelque temps, Je t’ai fait voir

  • les punitions présentes et
  • celles que Je M’apprêtais à envoyer.

Toi, te présentant devant ma Justice, tu plaidas si fort pour l’humanité en t’offrant pour souffrir n’importe quoi,

  • qu’il te fut concédé qu’au lieu de châtier pour dix, Je châtierais pour cinq.

C’est pour cela que, ce matin, Je t’ai frappée,

  • afin de pouvoir t’accorder ce que tu désires : au lieu de faire dix, Je ferai cinq. »

Il ajouta : « Ma fille, l’amour est ce qui ennoblie l’âme et la met en possession de toutes mes richesses.

Le véritable amour n’admet aucune restriction,

  • même si l’un est inférieur à l’autre.

Ce qui est à Moi est à toi : le langage de deux êtres qui s’aiment vraiment. Car l’amour véritable transforme.

Ainsi, la beauté de l’un fait disparaître la laideur de l’autre et le rend beau.

  • si l’un est pauvre, Je le rends riche,
  • s’il est ignorant, Je le rends savant,
  • s’il est vil, Je le rends noble.

Deux êtres qui s’aiment ne font qu’un

  • dans leurs battements de cœur,
  • dans leurs respirations,
  • dans leurs volontés.

Si d’autres battements de cœur ou respirations veulent entrer en eux, ils se sentent étouffés, blessés, et deviennent malades.

L’Amour vrai est Santé et sainteté. Avec lui on respire un air embaumé, celui de l’amour lui-même. Mais c’est dans le sacrifice que l’amour est plus particulièrement

  • ennobli, renforcé, confirmé et intensifié.

L’amour est la flamme et le sacrifice le bois qui l’alimente. S’il y a plus de bois, les flammes sont plus hautes et le feu va en augmentant.

Qu’est le sacrifice ? C’est se vider soi-même

  • dans l’amour et
  • dans l’être de la personne aimée.

Plus on se sanctifie, plus on est consumé dans l’être de la personne aimée,

  • perdant son propre être et
  • acquérant tous les traits et la noblesse de l’Être divin.

Remarque qu’il en va ainsi dans le monde naturel, quoique très imparfaitement.

Quel est celui qui acquiert un nom, la noblesse, l’héroïsme ? Est-ce le soldat qui

  • se sacrifie,
  • s’implique dans la bataille et
  • met sa vie en danger pour l’amour du roi, ou bien celui qui reste les mains sur les hanches ?

Certainement le premier. Il en va de même pour le serviteur. Qui peut espérer s’asseoir à la table de son maître ?

Est-ce le serviteur fidèle

  • qui sait se sacrifier, investir sa vie, et
  • qui est rempli d’amour pour son maître, ou est-ce le serviteur qui,
  • tout en s’acquittant de sa tâche, évite de se sacrifier quand il le peut ?

Certainement le premier. Il en va ainsi pour

  • le fils avec son père,
  • l’ami avec son ami, etc.

L’amour ennoblie et unit. Il est un. Le sacrifice est le bois qui permet au feu de l’amour d’augmenter. L’obéissance, quant à elle, ordonne tout cela. »