Je continuais à me battre. Je me voyais nue et dépouillée de tout. Il n’existe peut-être pas d’âme plus misérable que la mienne tant ma misère est extrême. Quel changement ! Si le Seigneur ne fait pas un miracle de sa toute-Puissance pour me faire sortir de cet état, je vais certainement mourir de misère.
Jésus béni vint brièvement et Il me dit :
« Ma fille, courage ! Perdre totalement ses goûts personnels est le commencement de la béatitude éternelle. À mesure que l’âme perd ses goûts personnels, les Goûts divins viennent en elle.
Quand l’âme
- s’est complètement perdue elle-même,
- ne se reconnaît plus,
- ne trouve en elle plus rien d’elle-même, même pas dans les choses spirituelles, alors Dieu la remplit de Lui-même et la comble de toutes les Joies divines.
Alors, et seulement alors, l’âme peut être dite bienheureuse.
En effet,
- aussi longtemps qu’elle avait quelque chose d’elle-même en sa possession,
- elle ne pouvait être exempte d’amertume et de peurs, et Dieu ne pouvait lui communiquer son Bonheur.
Toute âme arrivée au port de la béatitude éternelle doit nécessairement avoir vécu ce détachement
- douloureux, oui, mais nécessaire. Généralement, il se réalise au moment de la mort. Le purgatoire y met la touche finale.
C’est pourquoi, si on demande aux créatures sur la terre
- ce qu’est le Goût de Dieu,
- ce qu’est la Béatitude divine, elles sont incapables d’en dire un seul mot.
Cependant,
- pour mes âmes bien-aimées
- qui se sont données totalement à Moi, Je ne veux pas que leur Béatitude
- commence seulement là-haut dans le Ciel,
- mais qu’elle commence dès ici-bas sur la terre.
Non seulement Je veux les remplir
- du Bonheur et de la Gloire du Ciel,
- mais aussi des Souffrances et des Vertus que mon Humanité a vécues sur la terre.
C’est pourquoi Je les dépouille
- non seulement des goûts matériels que l’âme considère comme du fumier,
- mais aussi des goûts spirituels, afin de
- les remplir totalement de mes Biens et
- de leur donner le commencement de la véritable Béatitude. »